/ 341
220. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre X. La commedia dell’arte en France pendant la jeunesse de Molière » pp. 160-190

Richer en a donné une description dans le quatrième tome du Mercure français (1615) : « Elle est, dit-il, de dix-huit toises de longueur sur huit de largeur ; au haut de laquelle il y a encore un demi-rond de sept toises de profondeur sur huit toises et demie de large, le tout en voûte semée de fleurs de lys. […] Ce sujet de La Finta Pazza est un de ceux qui ont été le plus exploités sur la scène italienne : il y a sous ce titre un canevas très mouvementé de Flaminio Scala, le huitième de son recueil ; et c’est à l’occasion de cette première Finta Pazza, que le satirique Boccalini faisait cette critique peu galante : « Ognuno sà che tutte le donne sono pazze e che non possono fingere d’essere quelle che sono. […] À l’époque où les Italiens offraient au public ces attrayants spectacles, une jeune troupe d’enfants de famille, la plupart Parisiens de naissance, s’étant associés pour jouer la comédie sous le titre de l’Illustre Théâtre, donnèrent, d’abord au Jeu de paume des Métayers, proche la tour de Nesle, puis au Jeu de paume de la Croix-Noire, sur le quai des Ormes, au port Saint-Paul, des représentations beaucoup moins fastueuses. […] Madame était épouvantée, et je vous avoue que, quoique je connusse assez Monsieur pour ne me pas donner avec précipitation des idées si cruelles de ses discours, je ne laissai pas de croire, en effet, qu’il était plus ému qu’à son ordinaire ; car il me dit d’abord : “Eh bien, qu’en dites-vous ? […] Scaramouche se donnait lui-même ces noms burlesques comme on le voit à la scène vii du Ier acte de Colombine avocat pour et contre, pièce représentée en 1685 ; la plupart de ces noms appartiennent à la tradition de la commedia dell’arte.

221. (1873) Le théâtre-femme : causerie à propos de L’École des femmes (Théâtre de la Gaîté, 26 janvier 1873) pp. 1-38

Le haut talent de mes amis et confrères et la gravité de la question méritaient mieux, je le crois sincèrement mais chacun donne ce qu’il a. […] En 1661, au château de Vaux, Molière venait de donner les Fâcheux, lorsque, entre un impromptu et une pièce de circonstance, l’idée lui vint d’écrire l’Ecole des Femmes. […] On comprend bien qu’une heure solennelle approche, l’heure du devoir : l’heure de donner le coup de canif au contrat et le coup d’épaule au divorce : c’est son état, elle le fait en conscience. […] Est-ce parce qu’elle donne des leçons de métaphysique, de physiologie, de théologie même un peu, et de morale regardée à l’envers? […] Je ne la regretterai pas, parce que, pour la remplacer, je compte absolument sur ces nobles esprits, sur ces talents d’un ordre si élevé qui nous ont donné, en définitive, toutes ou presque toutes les maîtresses œuvres de notre répertoire de genre.

222. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE XI. De la Religion. Principe et Sanction de la Morale de Molière. » pp. 217-240

Ils ont l’art de donner de belles couleurs à toutes leurs intentions. […] — Il faut remarquer que l’arrêt du parlement du 17 novembre 1548, donné quand la troupe des Confrères de la Passion s’établit à l’Hôtel de Bourgogne, ne leur confirma leur privilège qu’à condition qu’ils ne joueraient que des sujets honnêtes, licites et profanes. […] Au 2e vers de la scène vu de l’acte III,   dans toutes les éditions de Molière, on lit : « Ô ciel, pardonne-lui la douleur qu’il me donne !  […] Gassendi semble n’avoir entrepris la restauration du système d’Épicure que pour en donner une réfutation complète. […] On ne peut rien arguer de la définition de la morale donnée par le Maître de philosophie de M.

223. (1862) Molière et ses contemporains dans Le Misanthrope (Revue trimestrielle) pp. 292-316

Le duc de Montausier donnait à la vertu l’apparence de la rudesse. […] » Mais les types que crée le poëte dramatique, ne sont ni des abstractions, ni des symboles inanimés d’une vertu ou d’un vice ; ce sont des êtres doués de vie, portant le cachet d’une originalité propre et distincte, et auxquels il donne une âme prise dans la profonde connaissance du cœur de l’homme. […] Que le poëte ait en outre emprunté quelques traits à ses contemporains, pour achever ses autres caractères et leur donner un cachet plus frappant d’actualité, on aurait mauvaise grâce de le contester. […] Mais, encore une fois, tous ces traits particuliers sont venus se fondre dans le tableau général de la société contemporaine, et la peinture de cette société elle-même a été subordonnée, dans le travail du poëte, à une conception plus grande, plus vaste, pour rendre son œuvre durable, et lui donner un caractère d’universalité. […] On donnait la pièce en 1661.

224. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre IV. Que la critique doit être écrite avec zèle, et par des hommes de talent » pp. 136-215

Il a donné des règles excellentes de l’art d’écrire. […]Donnez-moi la main !  […] et il le donne à mademoiselle de La Vallière. […] Je vous le donne en cent à deviner. […] En voilà un qui se donne toutes les peines imaginables !

225. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre VIII. Les Fedeli » pp. 129-144

Cette dédicace donna à la reine le désir de connaître la troupe dirigée par le fils de ses anciens protégés. […] Il n’était pas le seul dans la troupe qui en donnât l’exemple. […] La fantaisie extravagante, dont le recueil de Flaminio Scala nous a déjà offert quelques exemples, s’y donna pleine carrière. […] Nous reproduisons ce dessin qui donne une idée du costume des premiers rôles féminins dans la troupe des Fedeli.

226. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre IV. Le théâtre des Gelosi » pp. 59-79

Nous allons donner un aperçu de quelques-unes de ces comédies. […] » Pantalon, attendri, l’embrasse, lui donne pour mari Oratio qu’elle aime, et lui-même répare ses torts envers Olympia. […] Il se donne à Pantalon pour envoyé par ses ennemis de Venise afin de le tuer ; mais touché de la beauté d’Isabelle, il renonce à son projet et demande la main de sa fille. […] Elle lui donne un rendez-vous et s’arme d’un poignard pour satisfaire sa vengeance ; mais le prétendu valet du capitan, qui a assisté à ces différentes scènes et qui s’est convaincu de l’injustice de ses soupçons, se démasque. […] Pantalon, à sa fenêtre, sonne du cor pour donner le signal aux autres chasseurs.

227. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [74, p. 108-114] »

D’ailleurs c’est enfoncer le poignard dans le cœur de vos parents, que de monter sur le théâtre ; vous en avez les raisons : je me suis toujours reproché d’avoir donné ce déplaisir à ma famille ; et, je vous avoue que si c’était à recommencer, je ne choisirais jamais cette profession. […] Le jeune homme donnait quelques raisons pour persister dans sa résolution, quand Chapelle* entra, un peu pris de vin. […] On ne vous consulte pas sur cela, répondit Molière à Chapelle*. « Représentez-vous, ajouta-t-il, en s’adressant au jeune homme, la peine que nous avons ; incommodés ou non, il faut être prêts à marcher au premier ordre, et à donner du plaisir quand nous sommes souvent accablés de chagrin ; à souffrir les grossièretés de la plupart des gens avec qui nous avons à vivre, et à captiver les bonnes grâces d’un public qui est en droit de nous gourmander261 pour son argent.

228. (1870) La philosophie dans le théâtre de Molière (Revue chrétienne) pp. 326-347

C’est elle qui vivifie, anime son théâtre tout entier, et lui donne aux yeux d’un observateur réfléchi une forte, j’allais dire une majestueuse unité. […] C’est elle qui Traitant de mépris les sens et la matière, donne à sa sœur ce modeste conseil : À l’esprit, comme nous, donnez-vous tout entière (32). […] Descartes, pour l’aimant, donne fort dans mon sens. […] Au moment où notre poète venait de terminer ses humanités, le père de son ami Chapelle, voulant léguer à ce fils naturel, à défaut de son nom, au moins une éducation solide, engagea Gassendi à lui donner des leçons. […] Non content de s’être donné la tâche éternelle de l’amuser tant qu’elle existera, elle qui l’a tant fait souffrir, il l’a aimée jusqu’à sa fin : bien plus, il s’est sacrifié pour elle.

229. (1801) Moliérana « Vie de Molière »

Son père Jean-Baptiste Pocquelin, valet de chambre tapissier chez le roi, marchand fripier, et Anne Boulet sa mère, lui donnèrent une éducation trop conforme à leur état ; il resta jusqu’à quatorze ans dans leur boutique, n’ayant rien appris, outre son métier, qu’un peu à lire et écrire. […] Le prince de Conti* qui tenait les états Languedoc, à Béziers, se souvint de Molière qu’il avait vu au collège ; il lui donna une protection distinguée. […] Depuis l’an 1658, jusqu’en 1673, c’est-à-dire en quinze années de temps, Molière donna toutes ses pièces, qui sont au nombre de trente. […] Dès l’âge de 19 ans, il lui fit composer la tragédie de Théagène et Cariché, et quoique cette pièce fût trop faible pour être jouée, il fit présent au jeune acteur de cent louis, et lui donna le plan des frères ennemis. […] On refusa de l’enterrer ; mais le roi qui le regrettait, pria l’archevêque de Paris de lui faire donner la sépulture dans une église.

230. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XX. » pp. 411-419

Les amants mettent dans leur parti un adroit Napolitain, qui va étudier le nouveau débarqué sur la route, lie connoissance avec lui, le trouve très propre à donner dans tous les pieges qu’on lui tendra. […] Eraste prétend le reconnoître, l’engage à venir chez lui ; & feignant de parler à son maître-d’hôtel, afin qu’on traite bien son hôte, il le recommande aux Médecins, auxquels il persuade qu’il leur donne un fou à guérir. […] Guillot prend ce filou pour un devin, lui donne la bague : le Chevalier d’industrie la met ensuite entre les mains d’un autre frippon, qui paroît en habit de Médecin. […] Il appelle un Apothicaire, qui paroît une seringue à la main, & veut absolument donner des clysteres à Guillot.

231. (1909) Deux ennemis de la Compagnie du Saint-Sacrement : Molière et Port-Royal (Revue des deux mondes) pp. 892-923

Et là encore il n’y eut pas d’éclat Mais il fallait « plus que jamais marcher à pas comptés. »On avait peur de « donner la moindre peine au gouvernement, » inquiet de ce qu’il savait déjà sur la Compagnie et irrité de ce qu’il en soupçonnait seulement. […] Sans doute, pour aucun des personnages dont ils nous apprennent qu’il fut question, rien de ce que nous savons de ces personnages ne nous donne le droit d’insinuer qu’ils méritassent le moins du monde l’injure d’une comparaison avec l’imposteur bafoué par Molière. […] Du côté ecclésiastique, de multiples inimitiés se manifestèrent contre elle à cette date, selon les renseignemens que donne, tristement, sur cette « Passion » de la Compagnie, la relation de Voyer d’Argenson. […] Rapin affirme que « cette conduite donna tant de chagrin aux plus entêtés de ce parti qu’ils se retirèrent peu à peu et ne parurent plus aux assemblées : » pour qui connaît la combativité janséniste, il est malaisé de croire qu’ils s’éliminèrent aussi gracieusement. […] Dès 1619, rapporte d’Argenson, un des membres de la Compagnie qui étaient le plus pénétrés de son esprit, M. de Renty, donnait sur son lit de mort à ses intimes amis le conseil de se détacher des opinions du Jansénisme, bien qu’elles ne fussent pas encore condamnées.

/ 341