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68. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre II. Mademoiselle Mars a été toute la comédie de son temps » pp. 93-102

Il y avait mis tous ses soins, toute sa patience et tout son bon sens.

69. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXI » pp. 338-354

Il parla de fort bon sens sur son incommodité, il est tel qu’on vous l’a dit : fort doux, simple, point charlatan.

70. (1843) Le monument de Molière précédé de l’Histoire du monument élevé à Molière par M. Aimé Martin pp. 5-33

noble enfant du peuple de Paris, De ce siècle si grand un des plus grands esprits, Né de parents obscurs, dans les bruits de la Halle13, Il a dû son bon sens, sa verve originale, A ce contact du peuple, à ces libres instincts, Qui, dans un plus haut rang, trop souvent sont éteints ; D’un esprit sain et fort, d’un cœur plein de droiture, Nul préjugé d’abord n’a faussé sa nature, À l’étude en naissant n’étant point asservi, C’est son propre génie, enfant, qu’il a suivi. […] Déjà le marbre est prêt ; vis-à-vis la demeure Témoin de ses travaux et de sa dernière heure, Du haut du monument il pourra voir encor Ce théâtre où sa gloire en naissant prit l’essor ; Là, chaque âge est venu, de ce rare génie, Applaudir le bon sens, l’audace et l’ironie ; Ce style inimitable et ce vrai goût du beau, Cette ferme raison qui, radieux flambeau, Dans les replis du cœur projette sa lumière, Enfin cet art divin qu’atteignit seul Molière.

71. (1885) La femme de Molière : Armande Béjart (Revue des deux mondes) pp. 873-908

De petites tirades, pas trop longues, sont ménagées pour elle, et Molière, en distribuant ses conseils, lui a fait le même compliment qu’à La Grange et à Mlle du Parc, les deux parfaits comédiens : « Pour vous, je n’ai rien à vous dire. » L’actrice que sera Mlle Molière se laisse déjà voir avec ses traits essentiels dans ces deux rôles de début ; la femme y est aussi, ce me semble, avec son caractère : bon sens net, mais un peu étroit ; humeur railleuse, par suite un peu méchante ; assez d’esprit ; peu de bonté. […] Ce type de la parfaite honnête femme telle que la comprenait Molière, d’une raison si calme et d’un si ferme bon sens, pourrait sembler un peu froid. […] On la vit ensuite dans l’Henriette des Femmes savantes, ce type délicieux de la jeune fille française, dont la grâce facile, le bon sens, aiguisé d’ironie mais tempéré de bonté, montrent, en quelque sorte, l’Elmire du Tartuffe avant le mariage.

72. (1886) Molière : nouvelles controverses sur sa vie et sa famille pp. -131

Celui-là accordera la palme à Molière, qui, dans un poète, cherche surtout le côté éternel, la peinture de l’homme et du cœur humain de tous les temps, celui qui prise le naturel, la franchise, la vérité, la raison, le bon sens assaisonné de gaieté saine, et même la gauloiserie. […] Il connaissait, et son procès-verbal en fait foi, certaine page de d’Olivet dans le second volume de la suite donnée par cet abbé à l’Histoire de l’Académie française, de Pellisson, page où il est dit que La Fontaine, mort le 13 avril 1695, fut enterré le lendemain « dans le cimetière Saint-Joseph, à l’endroit même où Molière avait été mis vingt-deux ans auparavant. » Le plus simple bon sens voulait donc que Fleury cherchât les deux amis au même endroit, l’un à côté de l’autre. […] De là aussi Alceste, selon M. du Boulan, et tel est le mot de l’énigme : « Alceste est un symbolisme : c’est l’explosion de l’honnêteté publique indignée, se personnifiant dans un janséniste. » Quant à Philinte, Qui prend tout doucement les hommes comme ils sont, ce n’est ni un sceptique, comme beaucoup l’ont pensé, ni le type de l’égoïsme, comme le voulait Fabre d’Églantine, ni même le représentant du bon sens et de la raison vulgaire. […] Mais, en même temps, l’auteur montre, par la supériorité constante d’Alceste sur tous les autres personnages, que la vertu, malgré les ridicules où son austérité l’expose, éclipse tout ce qui l’environne ; et l’or qui a reçu l’alliage n’en reste pas moins le plus précieux des métaux. » Molière a placé Philinte auprès d’Alceste pour représenter, à côté de la vertu intolérante, hérissée et trop rigoriste, le bon sens, la juste mesure et la science de la vie, comme il a posé Cléante en face de Tartuffe, pour revendiquer, devant la fausse dévotion, les droits de la vraie piété. Mais ni le bon sens ni la piété ne prêtent au comique, et cette raison explique suffisamment pourquoi Philinte et Cléante ne pouvaient être les héros des deux chefs-d’œuvre où ils figurent.

73. (1697) Poquelin (Dictionnaire historique, 1re éd.) [graphies originales] pp. 870-873

Moliere qui avoit écouté son ami avec assez de tranquillité, l’interrompit pour lui demander s’il n’avoit jamais été amoureux : ouï, lui répondit Chapelle, je l’ai été comme un homme de bon sens doit l’être, mais je ne me serois pas fait une si grande peine pour une chose que mon honneur m’auroit conseillé de faire, & je rougis pour vous de vous trouver si incertain.

74. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XLI. Des Episodes. Maniere de les lier aux Caracteres principaux, & de placer les Caracteres accessoires. Embonpoint d’une Piece. » pp. 475-492

Rappellons nous seulement celles que nous avons déja citées, afin de prouver par-là même, qu’en manquant dans un drame à l’une des regles établies par le bon sens, & par conséquent essentielles, on peche en même temps contre plusieurs.

75. (1886) Molière, l’homme et le comédien (Revue des deux mondes) pp. 796-834

Ce que j’y vois, au contraire, avec la droiture dont j’ai essayé de donner des preuves, c’est assez de bonté et de bon sens pour que ces deux qualités fussent le fond essentiel de sa nature. […] Pour le bon sens, de même qu’il inspire sa façon de saisir et de montrer le ridicule, il se manifeste partout dans sa vie. En dépit de la résolution qui lui fit quitter la maison paternelle pour embrasser la plus aventureuse des carrières, en dépit du mariage qu’il contracta par amour, — ce sont là crises de vocation ou de passion très conciliâmes avec le jugement le plus net, — l’ensemble de sa carrière révèle beaucoup de bon sens uni à beaucoup d’habileté.

76. (1877) Molière et Bourdaloue pp. 2-269

La pièce jouée, Alceste aura-t-il du bon sens, et Philinte et Célimène du cœur ? […] Voltaire le proclame avec ce ricanement de singe sous lequel le bon sens du monde a chancelé. […] Mais le bon sens, la justice, le goût n’en auront pas moins le droit de prendre à fart le poète, enflé de son triomphe, et de lui reprocher de n’avoir fait qu’un mauvais et coupable ouvrage. […] Le bon sens catholique ne s’y est jamais trompé. […] MmePernelle, qui ne soupçonne point le fourbe, parle avec un parfait bon sens.

77. (1732) Jean-Baptiste Pocquelin de Molière (Le Parnasse françois) [graphies originales] « CII. JEAN-BAPTISTE POCQUELIN. DE MOLIERE, Le Prince des Poëtes Comiques en France, & celebre Acteur, né à Paris l’an 1620. mort le 17. Fevrier de l’année 1673. » pp. 308-320

Au sortir de la Comédie prenant Chapelain par la main : Monsieur, lui dis-je, nous approuvions vous & moi toutes les sottises qui viennent d’être critiquées si finement & avec tant de bon sens ; mais croyez-moi, pour me servir de ce que saint Remy dit à Clovis, il nous faudra brûler ce que nous avons adoré, & adorer ce que nous avons brûlé.

78. (1802) Études sur Molière pp. -355

Cependant ma mémoire me sert assez bien pour conseiller à nos Gros-René, à nos Mascarille, si cet ouvrage est jamais repris, d’imiter dans ces deux rôles Armand et Préville ; le premier y était plus vigoureux, le second plus agréable, mais tous les deux n’y avaient qu’un gros bon sens, et jamais de l’esprit. […] Devisé assure que l’abbé Dubuisson était le véritable auteur de cette critique, qu’il l’avait portée à Molière, et que celui-ci, après avoir feint de la dédaigner, la donna sous son nom ; le bon sens et la réputation de Molière démentent cette anecdote. […] Tout le monde connaît assez le roman de Dom Quichotte, pour s’apercevoir que madame Jourdain doit à Thérèse Pança son droit bon sens, ses brusqueries, son obstination à refuser un gendre au-dessus d’elle, son caractère enfin. […] Il n’est pas jusqu’au bon sens qui, dans les têtes de Chrysale, de Martine et d’Ariste, ne se manifeste d’une manière différente ; l’un en a les boutades, l’autre la rustique simplicité, le dernier la justesse et le sang-froid ; aussi, lorsque tous les autres personnages de la pièce n’ont servi qu’à donner du mouvement à l’action, Ariste la dénoue, et de quelle manière ? […] Si les commentateurs disaient toujours vrai, aucune pièce ne pourrait nous prouver, mieux que celle-ci, combien le goût et le bon sens doivent être en garde contre les traditions les plus accréditées, même contre celles qu’on dit sanctionnées par les auteurs.

79. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « PRÉFACE. Du Genre & du Plan de cet Ouvrage. » pp. 1-24

Avec un peu de bon sens on n’est point leur dupe.

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