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170. (1819) Introduction aux œuvres de Molière pp. -

Nous pouvons avouer que, dans ses vers surtout, il a manqué souvent et sans le vouloir à la régularité des constructions et à la propriété des termes, mais moins souvent toutefois qu’on ne le croit communément, faute de bien connaître l’état de la langue à l’époque où il écrivait. Nous pouvons avouer aussi qu’il lui arrive quelquefois de présenter sa pensée, toujours si juste et si vraie, sous des formes embarrassées, confuses ou péniblement figurées ; et cela, sans doute, parce que la précipitation forcée de son travail ne lui permettait pas alors de la dégager de ces voiles, de ces nuages dont souvent sont enveloppées d’abord les conceptions des esprits les plus prompts et les plus faciles. […] Je ne puis, je l’avoue, m’empêcher d’être frappé de cette tradition constante, universelle, qui fait de la femme de Molière la fille du comte de Modène et de Madeleine Béjart. […] Il m’en coûterait, je l’avoue, d’avoir à placer Lulli au rang des amis de Molière, Lulli, dont le caractère vil et les mœurs infâmes étaient l’objet du mépris universel83. […] L’orgueil britannique, se condamnant à l’absurde plutôt que d’avouer notre avantage, et ne le niant que pour le mieux reconnaître, venait de rendre au génie de Molière et à la gloire de la France l’hommage le plus flatteur qu’ils pussent recevoir.

171. (1765) Molière dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (compilation) pp. 2668-16723

Le Bourgeois gentilhomme paye les titres que lui donne un complaisant mercenaire, c’est ce qu’on voit tous les jours ; mais il avoue qu’il les paye, voilà pour le Monseigneur ; c’est en quoi il renchérit sur ses modeles. […] On vit, par le public un poëte avoué, S’enrichir aux dépens du mérite joué ; Et Socrate par lui dans un choeur de nuées, D’un vil amas de peuple attirer les huées.

172. (1892) Vie de J.-B. P. Molière : Histoire de son théâtre et de sa troupe pp. 2-405

Eudore Soulié avoue n’avoir rien trouvé, dans les documents, de relatif à ce troisième séjour. […] Peu de jours après, ils représentèrent encore, et Sarrasin, à force de prôner leurs louanges, fit avouer à M. le prince de Conti qu’il fallait retenir la troupe de Molière à l’exclusion de celle de Cormier. […] Il faut avouer que c’est un galant homme, et qu’il est louable de savoir si bien se servir de tout ce qu’il lit de bon. » On voit si, pendant ses pérégrinations provinciales, il emploie bien son temps, et s’il perd de vue le soin de sa future destinée. […] Il pouvait seulement, comme nous avons dit, s’avouer et prévoir qu’il ne parviendrait pas à s’attacher le cœur de la jeune femme, et, avec son expérience de la nature humaine, plaindre dès lors l’impuissance et le malheur de son amour. […] Je suis toutefois obligé d’avouer, pour rendre justice à ce que son auteur a de mérite, que cette pièce est un monstre qui a de belles parties, et que jamais l’on ne vit tant de si bonnes et de si méchantes choses ensemble. » En revanche, Molière vit se déclarer pour lui, outre le public, Boileau-Despréaux et Louis XIV.

173. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXIII. Examen de quelques Caracteres. » pp. 350-377

On croit que cette piece est de Palaprat ; mais c’est à tort : l’Auteur l’avoue lui-même dans un Discours qu’il a placé à la tête de la piece.

174. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXVII et dernier » pp. 442-475

Le roi avoue qu’il l’aime encore, et plus qu’il ne voudrait.

175. (1914) En lisant Molière : l’homme et son temps, l’écrivain et son œuvre pp. 1-315

Mais pour moi, je vous avoue que mon esprit grossier a quelque peine à le comprendre et à le croire, et j’ai trouvé cela trop beau pour être véritable. […] En effet ce sont des vices qui opèrent dans le sens de l’instinct, conformément à la nature ; ce sont vices qui s’avouent et au besoin dont on se pare. […] Je ne vois pas que personne de son temps ait été offensé par les dénouements de Molière, et, sans avoir, je l’avoue, le moindre document là-dessus, j’ai beaucoup d’inclination à croire qu’ils les ont plutôt trouvés assez agréables. […] L’auteur ne peut pas s’avouer qu’il joue à la carte forcée et que cette admiration ne compte pas puisqu’on ne peut pas la refuser. […] […] Un père, je l’avoue, a sur nous tant d’empire, Que je n’ai jamais eu la force de rien dire.

176. (1881) La philosophie de Molière (Revue des deux mondes) pp. 323-362

Malgré tout cela, il faut bien reconnaître le succès, et le critique avoue que Molière a eu du bonheur « de débiter avec tant de succès sa fausse monnaie et de duper tout Paris avec de mauvaises pièces ». […] Le libertin n’est pas avare ; il est indifférent à l’argent ; il donne facilement, et sa bonté indifférente n’a rien qui puisse racheter le bas plaisir qu’il se promettait en forçant un misérable à violer sa conscience et à avouer son hypocrisie.

177. (1819) Notices des œuvres de Molière (II) : Les Précieuses ridicules ; Sganarelle ; Dom Garcie de Navarre ; L’École des maris ; Les Fâcheux pp. 72-464

L’insouciance de Molière à cet égard n’a peut-être pas été sans inconvénient ; car Neufvillenaine lui-même avoue qu’ il peut s’être glissé dans sa copie quantité de mots les uns pour les autres .

178. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXV. » pp. 500-533

Veut-on une preuve plus claire de cette espece d’aveuglement qu’ont pour les choses théâtrales les personnes qui ne sont pas réellement avouées par la Muse comique ?

179. (1853) Des influences royales en littérature (Revue des deux mondes) pp. 1229-1246

Je demande pardon de ces détails, car j’avoue ne pas trop comprendre quelle relation mystérieuse existe entre un sac d’écus et l’inspiration qui fait les Misanthrope et les Athalie ; mais peut-être ces chiffres ne sont-ils pas inutiles.

180. (1919) Molière (Histoire de la littérature française classique (1515-1830), t. II, chap. IV) pp. 382-454

En effet, ce sont vices qui opèrent dans le sens de l’instinct, conformément à la nature ; ce sont vices qui s’avouent et au besoin dont on se pare. […] Sous le nom d’hypocrisie, n’avouera-t-on pas bien que c’est à cette contrainte morale qui fait le fonds de la religion, — qui le faisait uniquement depuis l’apparition du calvinisme et du jansénisme, — que Molière s’en est pris avec son Tartufe ?

181. (1871) Molière

Ainsi, cette fois Molière eut un collaborateur, le roi lui-même, et Molière eut l’honneur de s’en vanter dans cette ingénieuse dédicace : « Il faut avouer, Sire, que je n’ai jamais rien fait avec tant de facilité, ni si promptement, que cet endroit où Votre Majesté me commanda de travailler. » Jusqu’à présent, si complète avait été son indifférence pour les œuvres de son esprit, qu’il les abandonnait à qui les voulait prendre, et le premier venu s’arrogeait ce droit-là.

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