Il fait le possédé, & tout le monde prend la fuite.
Le faux pas qui sert de principe à l’intrigue du Menteur, n’a certainement pas coûté beaucoup à l’Auteur, & tout le monde convient que si la piece n’avoit pas d’autres beautés, elle ne seroit pas à beaucoup près aussi estimée.
Enfin, pour ébaucher en deux mots sa peinture, C’est l’homme le plus vain qu’ait produit la nature : Pour ses inférieurs plein d’un mépris choquant : Avec ses égaux même il prend l’air important : Si fier de ses aïeux, si fier de sa noblesse, Qu’il croit être ici-bas le seul de son espece : Persuadé d’ailleurs de son habileté, Et décidant sur tout avec autorité ; Se croyant en tout genre un mérite suprême ; Dédaignant tout le monde, & s’admirant lui-même : En un mot, des mortels le plus impérieux, Et le plus suffisant, & le plus glorieux.
Tout le monde connoît la piece, & peut voir qu’elle est exactement bâtie sur ce fonds.
Sa morale, parce qu’elle est celle de la droite raison et du bon sens, est celle qui convient à tout le monde.
La conversation française, commune aux deux moitiés de la société, excitée, modérée, mesurée par les femmes, est seule une conversation nationale, sociale ; c’est, si on peut le dire, la conversation humaine, puisque tout y entre et que tout le monde y prend part.
Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l’hypocrisie est un vice privilégié qui de sa main ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine. […] Je m’érigerai en censeur des actions d’autrui, jugerai mal de tout le monde, et n’aurai bonne opinion que de moi. […] La débauche de ses filles, la persécution de ses gendres, ne le touchent plus ; toutes les intrigues se débrouillent, les ennemis se réconcilient, les deux jumeaux se reconnaissent, la paix et la joie rentrent dans le sein de la famille, le tout par les soins de l’hypocrite, qui emploie toujours un langage mystique, et quelquefois des moyens peu délicats, mais qui au fond rend service à tout le monde, et ne travaille que secondairement pour lui-même.
Soit ; mais lors même que c’est l’Église qui parle, elle est, aussi bien que la comédie, en face du même problème : c’est que, les apparences étant semblables, on jettera toujours une sorte de soupçon sur tout le monde en démasquant quelques-uns. […] Ainsi il n’y a pas de temps perdu pour la comédie ; tout est employé, tout le monde a sa part. […] Philinte, c’est l’homme du monde enjoué, aimable, complaisant, cherchant à faire plaisir à tout le monde, non point égoïste, comme on l’a dit, car il a pour Alceste une vraie amitié et ne manque même pas de générosité, puisqu’il est tout prêt à lui sacrifier l’amour d’Éliante, mais n’aimant pas le bruit et les affaires, et passant par-dessus la sincérité pour sauver sa bonne humeur et son repos.
Nous avions, elle et moi, l’habitude de nous moquer de tout le monde, quoiqu’il eût été fort aisé de nous le rendre : nous étions habillées aussi ridiculement qu’on le pouvait être, et il n’y a grimace au monde que nous ne fissions. » Je le crois bien, quand on est jeune, qu’on veut être reine de France et qu’on danse pour son plaisir. […] Si le ballet n’était que joli et amusant, si les danses n’étaient que plaisantes, si le dialogue, improvisé sur un banc de gazon, n’était que suffisant à l’heureuse disposition du moment, la chose restait enfouie au milieu des ballets dansés par le Roy, et tout le monde était content. […] La jeune fille part demain pour la cour et elle fait ses adieux à sa mère, aux vignes, aux bois, aux cloches lointaines, aux oiseaux, à tout le monde, excepté au pauvre Bragelone. […] Aujourd’hui tout le monde, quelle que soit sa position, court après ce qu’on nomme spéculations tentantes ! […] Enveloppez-vous dans ce voile ; vivez cachée à vous-mêmes aussi bien qu’à tout le monde ; et connue de Dieu, échappez-vous à vous-même, sortez de vous-même, et prenez un si noble essor, que vous ne trouviez de repos que dans l’essence du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » 25.
Alceste a un procès ; cela arrive à tout le monde ; mais il l’aurait eu plus tard, et avec moins de chances de le perdre, s’il ne s’était pas entêté à vouloir que la justice soit l’équité. […] Elle ne sait point se fixer : n’est-il pas naturel que tout le monde la quitte ? […] Bien qu’il ne soit pas toujours divertissant, avec ses gronderies, ses gourmades et ses tirades, elle est pourtant plus sensible qu’elle ne se l’avoue à des mérites supérieurs que tout le monde vante, et qu’elle ne voudrait pas voir déserter son escorte. […] Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure…, mais l’hypocrisie est un vice privilégié qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde et jouit en repos d’une impunité souveraine. […] Épicurien aimable qui mourut en 1686, et dont Molière disait : « Vous prodiguez vos agréments à tout le monde ; vos amis ne vous ont plus d’obligation lorsque vous leur donnez ce que vous livrez au premier venu. » 36.