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144. (1919) Molière (Histoire de la littérature française classique (1515-1830), t. II, chap. IV) pp. 382-454

Croit-on qu’il soit bien utile encore de forcer le secret du ménage de Molière, et de relever le nom des amants d’Armande Béjart ? […] Et, en effet, autant que sur Tartufe, c’est sur Orgon que roule toute la pièce ; c’est lui qui tient la scène depuis le premier jusqu’au dernier acte, tandis que Tartufe ne paraît qu’au troisième ; et c’est à lui, par conséquent, si l’on y veut voir clair, qu’il faut demander, autant qu’à Tartufe, le secret de Molière. […] Il suffit qu’il ait annoncé, ou même préparé l’esprit du XVIIIe siècle, en interrompant en quelque sorte la prescription de la libre-pensée ; en disant publiquement, à portes ouvertes, ce que l’on ne murmurait pour ainsi dire qu’à portes closes ; en enseignant sur la scène, en inoculant en quelque sorte aux clercs de procureurs, aux mousquetaires, à la valetaille qui remplissaient le parterre, ce qui n’était qu’une doctrine secrète et réservée, dont on ne croyait pas que le vulgaire fût encore capable.

145. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XIV. La commedia dell’arte au temps de Molière (à partir de 1662) » pp. 265-292

Allez vous promener. » Dans Le Médecin volant, le capitan vient consulter Arlequin qui fait le médecin, et lui demande un remède pour le mal de dents : « Prenez une pomme, répond Arlequin, coupez-la en quatre parties égales : mettez un des quartiers dans votre bouche, et ensuite tenez-vous ainsi la tête dans un four, jusqu’à ce que la pomme soit cuite, et je réponds que votre mal de dents se trouvera guéri. » Voilà qui prouve bien ce que dit un de ses panégyristes : « qu’il avait plusieurs connaissances particulières des secrets de la nature 52  ».

146. (1865) Les femmes dans la comédie de Molière : deux conférences pp. 5-58

Avec quel sang-froid et quel art du monde Célimène improvise une histoire pareille où, sans paraître y toucher, elle met à jour les secrètes passions et l’envie de la prude ! […] Tous deux lui ont confié le secret de leur amour pour Valère et pour la sœur de Valère, et elle travaille à satisfaire leurs vœux par un double mariage.

147. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE V. D’Ancourt imitateur, comparé à Moliere, la Fontaine, Saint-Yon, le Sage, Montfleury, &c. » pp. 133-184

Quoi qu’il en soit, la Léonor de d’Ancourt n’est pas fille à passer aussi mal son temps que l’autre Léonor : elle consent que sa confidente introduise la nuit son amant dans sa chambre pour l’épouser en secret : la cérémonie va se faire quand Don André, Don Garcie & Don Juan, conduits par le même dessein, se rencontrent. […] Don Juan, plus certain de la scélératesse de son indigne ami, va fondre sur lui ; mais le traître trouve le secret de lui persuader tout le contraire de ce qu’a dit son valet, & de noircir si bien Don Garcie, que Don Juan veut aller le défier.

148. (1775) Anecdotes dramatiques [extraits sur Molière]

Il disait que la Nature semblait lui avoir révélé tous ses secrets, du moins pour ce qui regarde les mœurs, et les caractères des hommes. […] Ce secret de faire passer sur le Théâtre des traits un peu hardis a été trouvé si bon, que plusieurs Auteurs l’ont mis en usage depuis avec succès. […] La Demoiselle Béjart sa mère, qui avait épousé en secret le sieur de Modène146, était aussi Comédienne, jouait les Soubrettes et les rôles ridicules, et mourut en 1672. […] À la mort de Louis XIII, elle devint régente (1643-1661) et gouverna avec Mazarin avec qui elle contracta peut-être un mariage secret.

149. (1863) Histoire de la vie et des ouvrages de Molière pp. -252

Le secret était en effet une des conditions essentielles d’une réussite, qui autrement aurait été combattue et rendue impossible par des rivaux puissants et nombreux. […] Peut-être nous eût-il révélé le secret de son art, cet immortel génie qui depuis deux siècles est resté sans rival, comme il avait été sans modèle. […] Mais Montfleury ne manqua pas d’affirmer que cette enfant, dont le comte de Modène avait bien voulu se reconnaître le père, n’était qu’un fruit secret des liaisons de Molière avec Madeleine Béjart. […] Il eut alors recours aux bontés de Louis XIV, auquel il exposa tout le tort que lui causait la divulgation de son secret. […] Quelques-uns disent qu’il y a quelques amourettes cachées et quelque intelligence secrète entre le médecin et la femme du barbier qui en est jaloux… Charron en sa Sagesse (ô le beau livre !

150. (1865) Les femmes dans Molière pp. 3-20

Comme il prend plaisir à pénétrer et à révéler les doux secrets de ces jeunes cœurs s’entrouvrant aux plus tendres sentiments !

151. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VI. Des Prologues. » pp. 118-138

Arrivé à Genes, & ne pouvant voir Claudia, qui, croyant avoir perdu son amant, ne sortoit plus, il trouve le secret de s’introduire auprès d’elle sous le nom & l’habit d’une servante.

152. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. Des Comédies Héroïques. » pp. 9-29

Le héros ne peut rassurer son amante qu’en lui confiant le secret de sa force : elle consiste dans ses cheveux.

153. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IX. Du Genre larmoyant. » pp. 103-122

C’est un dépôt qu’Argas, cet ami que je plains, Lui-même, en grand secret, m’a mis entre les mains.

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