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111. (1919) Molière (Histoire de la littérature française classique (1515-1830), t. II, chap. IV) pp. 382-454

On en peut d’ailleurs juger par un seul détail de l’inventaire qui fut dressé lors du décès de la mère de Molière  : la seule prisée des « bagues, joyaux et vaisselle d’argent » n’y monte pas à moins de deux mille et quelque trois cents livres, qui feraient environ 12 000 ou 15 000 francs d’aujourd’hui. […] Et quant à cette scène que Grimarest essaye de décrire: — le populaire attroupé devant la maison de Molière, la femme de Molière épouvantée du murmure menaçant de cette « foule incroyable » et jetant par la fenêtre l’argent à pleines poignées, — certainement il ne nous déplairait pas qu’une fois de plus le peuple eût prouvé ce merveilleux instinct qu’il a pour méconnaître les siens, ceux qui l’ont aimé le plus sincèrement, et qu’il eût outragé le cercueil de Molière comme dix ans plus tard, par exemple, il outragera le convoi de Colbert ; mais il existe un texte précis. […] Chez Molière au contraire, les chevilles abondent, le remplissage, et ce que Malherbe appelait familièrement la « bourre » dans les vers de Ronsard  : Vous savez mieux que moi quels que soient vos efforts, Que l’argent est la clef de tous les grands ressorts.

112. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVI. M. DE BEAUMARCHAIS. » pp. 442-462

Léonore croit son intrigue découverte : mais son pere ne se plaint que des prodigalités de Don Pedre son fils qui a joué à Cascaye l’argent de sa pension.

113. (1847) Le Don Juan de Molière au Théâtre-Français (Revue des deux mondes) pp. 557-567

Au premier plan, un riche et insolent libertin qui veut se donner, pour son argent, le passe-temps d’entendre un pauvre homme blasphémer ; d’une autre part, un valet intéressé qui engage l’homme en guenilles à gagner, à si bon marché, un beau louis d’or : « Va, va, jure un peu ; » puis un honnête mendiant qui, ayant au cœur la crainte de Dieu et le sentiment de sa dignité qu’on insulte, répond, sans déclamation, sans hésitation, simplement, fermement : « Non, monsieur, j’aime mieux mourir de faim. » Que fait alors le libertin ?

114. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XIV. La commedia dell’arte au temps de Molière (à partir de 1662) » pp. 265-292

Si, pendant la nuit, nous rencontrons un pauvre homme qui n’ait point d’argent, laissez-le passer.

115. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VI. Des Prologues. » pp. 118-138

Lionetto devint amoureux de Claudia, fille d’un certain Albert, qui dans ce temps-là étoit dans sa ville ; mais l’ayant vu partir peu de jours après, avec la belle Claudia, pour Genes, il brise la cassette de son pere, emporte l’argent, les bijoux, & s’embarque pour suivre ce qu’il aime.

116. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VI. » pp. 106-124

Il a des maîtresses ; je lui donnerai de l’argent pendant que je le pourrai. . . . .

117. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIX & dernier. Des causes de la décadence du Théâtre, & des moyens de le faire refleurir. » pp. 480-499

Secondement, une piece une fois doublée, quelque bonne qu’elle soit d’ailleurs, n’est plus courue, n’apporte plus d’argent. — « Que faire à cela, me dira-t-on ?

118. (1882) Molière (Études littéraires, extrait) pp. 384-490

Enfin, c’est Thrasyclès qui entame un long discours où il lui conseille, dans son intérêt, de jeter tout son argent à la mer, devant lui, à peu de distance du rivage. […] Il entra plus d’orgueil que de sincérité dans l’attendrissement de son égoïsme épanoui qui ne visait qu’à la popularité ; il n’a donc pas le droit de se plaindre d’avoir été dupe : car sa sottise a ménagé des excuses à l’ingratitude, et la question d’argent est seule en cause dans les malheurs mérités qu’il devrait se reprocher, au lieu de les imputer au genre humain. […] Lui qui dut jadis faire un mariage d’argent, et ne vit dans la perte de sa femme qu’une bouche de moins à nourrir, voici que, sur le tard, il se laisse prendre par un caprice auquel il s’obstine avec l’entêtement d’un vieillard égoïste. […] Qui donc pourrait y trouver à redire, en face de tant de scènes si amusantes où le rire éclate à toute volée, par exemple, quand le front d’Harpagon se rembrunit ou s’éclaircit, selon que Frosine lui demande de l’argent, ou lui prodigue des louanges auxquelles il ouvre des oreilles ravies ? […] Mais il faut bien reconnaître que le poète usa du droit de représailles ; car, dans sa Satire des Satires, l’abbé Cotin avait eu l’insolence de diffamer tout ensemble Boileau et Molière par les outrages que voici : Despréaux, sans argent, crotté jusqu’à l’échine, S’en va chercher son pain de cuisine en cuisine.

119. (1885) Revue dramatique. Le répertoire à la Comédie-Française et à l’Odéon (Revue des deux mondes) pp. 933-944

On est heureux, en mettant une pincée de sel dans son œuf à la coque, de penser qu’on subvient, pour sa petite part, aux frais du culte de Corneille, de Racine et de Molière : si tout l’argent public était assuré d’un aussi bon emploi, on ne réclamerait aucun dégrèvement.

120. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE II. La Débauche, l’Avarice et l’Imposture ; le Suicide et le Duel. » pp. 21-41

Car la passion qui a conduit Tartuffe à jouer son rôle scélérat, est autant cupidité que luxure : chez Harpagon, l’amour de l’argent n’aboutit qu’à la honte ; chez Tartuffe, il atteint au crime ; et la pente est facile, de l’usurier qui prête au denier trois 109, à l’imposteur qui capte le bien des familles110 ; aussi facile que celle qui entraîne don Juan de la débauche à la mort.

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