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126. (1919) Molière (Histoire de la littérature française classique (1515-1830), t. II, chap. IV) pp. 382-454

Au moins couvre-t-on ici l’indiscrétion d’un semblant de prétexte : Molière, nous dit-on, s’est mis lui-même en scène, avec ses acteurs : « Dans ses pièces il a joué tout le monde, — écrit Lagrange dans sa Notice, — puisqu’il s’y est joué le premier en plusieurs endroits sur les affaires de sa famille et qui regardaient ce qui se passait dans son domestique. » Pourtant, en dépit de Lagrange, il ne faut pas aller trop loin. […] Et rien, c’est rien, à moins que ce ne soit le lieu commun le plus trivial et le plus usé, l’idée que tout le monde s’étonnera de ne pas avoir eue avant eux et comme eux, le fait divers le plus banal et quotidien. […] Considérons encore ces quelques lignes de l’Avare  : Je n’aurais rien à craindre, dit Élise à Valère, si tout le monde vous voyait des yeux dont je vous vois, et je trouve en votre personne de quoi avoir raison aux choses que je fais pour vous. […] Si, dans ce vers de l’École des Femmes  : Vos chemises de nuit et vos coiffes sont faites, ou dans ces deux vers de Tartufe  : Et fort dévotement il mangea deux perdrix Avec une moitié de gigot en hachis, l’intention comique n’était pas marquée fortement, et le trait de caractère accusé, tout le monde sait bien que ce seraient à peine des vers.

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