/ 209
17. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE PREMIER. Part de la Morale dans la Comédie de Molière. » pp. 1-20

Enfin, il est impossible qu’un homme d’un grand esprit, un profond observateur de l’humanité, n’ait point des principes qui percent dans ses œuvres, et ne tire point continuellement une espèce de morale de l’observation pénétrante qui est la source vive où puise son génie. […] Pouvait-il, sans être ému en quelque façon, étudier autour de lui la foule vivante du flot de laquelle il savait tirer ses types ? Pouvait-il se livrer à l’étude approfondie du cœur humain sans être guidé par des principes et sans tirer des conclusions ? […] Il voulait simplement plaire par son tableau de mœurs, et laisser ensuite chacun libre d’en tirer la conclusion qu’il pouvait. […] « Il ne dit point ma haire et ma discipline, au contraire : il passeroit pour ce qu’il est, pour un hypocrite, et il veut passer pour ce qu’il n’est pas, pour un homme dévot ; il est vrai qu’il fait en sorte que l’on croie, sans qu’il le dise, qu’il porte une haire et qu’il se donne la discipline… S’il se trouve bien d’un homme opulent à qui il a su s’imposer, dont il est le parasite, et dont il peut tirer de grands secours, il ne cajole point sa femme, il ne lui fait du moins ni avance ni déclaration : il s’enfuira, il lui laissera son manteau, s’il n’est aussi sûr d’elle que de lui-même.

/ 209