Les portraits en prose tirent moins à conséquence. […] La nature d’elle-même, quand nous la laissons faire, se tire doucement du désordre où elle est tombée. […] Ses démarches, qui ne peuvent être entiérement innocentes, quand on ne les accuseroit que de légéreté & d’imprudence, tournent toujours à son avantage, par les expédients qu’elle trouve pour se tirer d’embarras ; de sorte que l’on est peut-être plus tenté d’imiter la conduite de la femme, toujours heureuse quoique toujours coupable, que désabusé des mariages peu sortables, par l’exemple de l’infortuné mari ». […] Le peu de soin d’Angélique pour combattre son penchant amoureux, l’aversion qu’elle montre pour son mari, tout ce qu’elle fait pour le tromper & l’inquiéter, ses démarches rien moins qu’innocentes, les expédients qu’elle trouve pour se tirer d’embarras & pour paroître innocente aux yeux de tous ses parents, excepté à ceux de son mari, sont autant de traits de génie nécessaires pour remplir l’objet de l’Auteur.