Un jour qu’ils se promenoient ensemble hors de la ville, Anselme, prenant Lothaire par la main, lui parla de cette sorte : Croirois-tu bien, mon cher Lothaire, qu’après les graces que le Ciel m’a faites en me donnant de grands biens & de la naissance, &, ce que j’estime incomparablement plus, Camille & ton amitié, je ne suis pourtant pas content, & que je n’ai guere moins d’inquiétude que si j’étois privé de tous les biens que je possede. . . . […] Tu ne me connois plus, Anselme, & tu ne te connois pas toi-même ; si tu avois fait un peu plus de réflexion, je ne crois pas que tu m’eusses voulu charger d’un emploi de cette sorte. […] Après le repas le bal commence : Timon adresse toutes ses galanteries à Mélisse : Evandra, masquée, en est témoin ; elle attend que tout le monde sorte pour reprocher encore à Timon son infidélité ; elle souhaite qu’il soit heureux avec Mélisse & veut se poignarder.