D’ailleurs, au point de départ de ces suppositions qui laissaient planer un doute pénible sur la mémoire de Molière, est-il donc si sûr que Molière, à peine majeur, occupât une place dans le cœur de Madeleine Béjart, son aînée de quatre ans par l’âge, mais bien plus encore par sa situation de fortune, par l’éclat de ses aventures et par le rang d’épouse morganatique que semblait lui reconnaître le vaillant et romanesque comte de Modène ? […] « Le sujet — dit La Fontaine dans une lettre à son ami Maucroix, qui vaut, sur cette fête et sur la pièce, dont il fut alors spectateur, tous les feuilletons qu’on a fait ou que l’on pourra faire — le sujet est un homme, arrêté par toutes sortes de gens, sur le point d’aller à une assignation amoureuse. » Or, la situation de Molière, amoureux d’Armande, ne voulant que s’occuper d’elle, mais « arrêté », distrait dans son amour, par les ordres auxquels, comédien et poète, il lui fallait obéir, était à peu de chose près la même.