Un jaloux charmé d’un objet Ravissant et de belle taille, Veut l’épouser vaille que vaille ; Ou du moins il promet cela, Aux parents de cet objet-là ; Mais connaissant que sa maîtresse, Est plus coquette que tigresse, Redoutant comme un grand méchef, Le fatal panache du chef, S’étant dégagé vers le père, Il arrive enfin que le frère, Qui paraît doux comme un mouton, Le contraint à coups de bâton, De conclure le mariage : Ce qu’il fait : dont son âme enrage. […] Son affiche, qui promettait un prodige de mécanique et d’obéissance dans une épinette, lui attira du monde les premières fois, suffisamment pour que tout le public fût averti que jamais on n’avait vu une chose aussi étonnante que l’épinette du Troyen. […] Dans le cours de celle de Saint-Germain, il fait afficher et il annonce le même spectacle que l’année précédente ; mais il promet de découvrir son secret et d’accompagner son épinette d’un petit divertissementa. » Loret parle aussi du spectacle que Raisin donna à cette foire, et de plus, il nous apprend que l’épinette et les enfants de Raisin parurent encore devant le roi et toute la Cour ; voici ses termes : Muse historique du 11 mars 1662. […] Le premier jour fut plus heureux qu’elle ne se l’était promis ; mais ceux qui avaient entendu le petit Baron en parlèrent si avantageusement que le second jour qu’il parut sur le théâtre, le lieu était si rempli que la veuve Raisin fit plus de mille écus. » La fin de ce récit de Grimarest est assez conforme à celui de Robinet dans sa lettre en vers ; car voici ce qu’il dit de cette petite troupe : Lettre en vers de Robinet, du 22 février 1666.