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101. (1747) Notices des pièces de Molière (1666-1669) [Histoire du théâtre français, tome X] pp. -419

Molière laissa dissiper ce faux préjugé, et redonna ensuite son ouvrage, qui eut tout le succès qu’il s’en était promis. […] Ils sont interrompus par la prude, et par les marquis qui apportent chacun une lettre qu’elle a écrite contre eux : ce que l’auteur a préparé dès le troisième acte, en leur faisant promettre qu’ils se montreraient ce qu’ils recevraient de leurs maîtresses. […] Mais vraiment des comédiens, Tant les français qu’italiens, Ont depuis témoigné leur zèle, D’une façon si noble et belle, Et sans aucun égard aux frais, Car on en fait, je vous promets, Dedans une rencontre telle, Tant en violons qu’en chandelle : Ils ont dis-je d’un si bel air, Leur affection fait briller, Donnant gratis la comédie, À quiconque en avait envie, Et c’est-à-dire à tout Paris, Qui la voulut voir à ce prix, Qu’ils méritent bien que l’histoire, En conserve aussi la mémoire. […] Le Docteur dévot et grand usurier a pour ami Pantalon, qui, se trouvant obligé de faire un paiement, et n’ayant point d’argent, prie son ami de lui prêter la somme dont il a besoin ; le Docteur la lui refuse, en lui disant qu’il ne l’a pas, mais promet de la chercher, s’il veut lui laisser en gage sa vaisselle d’argent. […] Ce discours fit tout l’effet que Molière s’était promis : et depuis ce temps-là, la maison du roi n’est point entrée à la comédie sans payer. » a.

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