Le prologue de Lysiscas endormi, que l’on réveille, et qui se rendort toujours en parlant, me paraît la scène la plus plaisante de là pièce ; la première scène du quatrième acte, dans laquelle Euriale et la princesse se trompent tous les deux par amour, et veulent se persuader qu’ils sont insensibles, est la seule jolie de la pièce. […] Le premier monologue de Sosie, quoique très long ; la scène avec Mercure qui lui persuade qu’il est Sosie ; la scène première du deuxième acte entre Amphitryon et Sosie ; la deuxième entre Alcmène et Amphitryon ; la troisième entre Cléanthis et Sosie, où il s’informe à son tour de ce qui s’est passé ; la deuxième du troisième acte, où Mercure se moque d’Amphitryon : voilà les scènes à étudier dans ce chef-d’œuvre de comique. […] La cinquième du premier acte, où Sbrigani prend le parti de Pourceaugnac ; la suivante, ou Éraste lui persuade qu’il connaît Limoges et toute sa famille ; la onzième, où Pourceaugnac est entre les deux médecins et ne sait ce qu’ils lui veulent : voilà, ce me semble, les seules beautés de cette pièce. […] Il y a de l’ambiguïté dans cette phrase, ou plutôt on pourrait croire que c’est la pièce de Dufresny que Florian préfère à celle de Regnard, si l’on n’avait vu à l’article de cette dernière qu’il la regarde comme la meilleure de son auteur ; il faut donc pardonner cette négligence de style à un écrivain qui était assez modeste pour être persuadé que ses notes ne seraient jamais imprimées, et lire la dernière phrase comme s’il y avait : Excepté que je trouve celle de Regnard meilleure.