/ 219
19. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE VII. De l’Amour. » pp. 121-144

Si Racine apprit à déclamer à la Champmeslé, elle lui apprit sans doute à faire parler Bérénice, et c’est l’année qui suivit un mariage plein d’amour, que Corneille peignit l’amour conjugal de Pauline. […] Ce qui le lui fit connaître et peindre ainsi, c’est son universel génie, à qui rien d’humain n’était étranger ; et ce qui donne à ses peintures d’amour un caractère moral. c’est son bon sens, qui resta toujours debout malgré les assauts de la passion. […] À travers les intrigues de ses comédies., Molière a peint l’amour naturel 432, instinct des cœurs honnêtes : c’est un service qu’il a rendu à ses semblables. […] C’est l’Eternel amour qu’il sait peindre et varier à l’infini, toujours le même et toujours nouveau comme la parure des champs441, un et divers comme les visages des mille nymphes toutes sœurs qui peuplaient l’océan d’Ovide442. […] Les amours de la femme incomprise, de la femme de quarante ans n’ont été peints par Molière que pour exciter le rire fou, comme Bélise des Femmes savantes ou la Comtesse d’Escarbagnas.

/ 219