Molière joua le rôle d’Éraste, amoureux d’Orphise, et le rôle d’Orphise fut rempli par Armande : J’ai de l’amour encor pour la belle inhumaine, Et ma raison voudrait que j’eusse de la haine, disait Éraste, et puis il ajoutait : Trompez, si vous voulez, un malheureux amant, Maltraitez mon amour, refusez moi le vôtre ; Exposez à mes yeux le triomphe d’un autre; Oui, je souffrirai tout. […] Il leur donna à entendre, avec beaucoup d’adresse, que tous les jours nombre de malheureux abusant du nom et de la bandoulière de Messieurs les gardes du corps, venaient emplir le parterre... ; qu’ils ne croyait pas que des gentilshommes qui avaient l’honneur de servir le roi, dussent favoriser ces misérables contre les comédiens de Sa Majesté; que d’entrer à la comédie sans payer, et pour ainsi dire par charité, était une faveur qui pouvait plaire, sans doute, à des indigents; mais que ce n’était point assurément une prérogative que des personnes de leur caractère dussent ambitionner jusqu’à répandre du sang pour se la conserver, etc. […] « Je suis le plus malheureux des hommes, et je n’ai que ce que je mérite, disait-il un jour à M. […] Mais ce qu’il n’avait pris qu’en lui-même, c’était cet amour malheureux d’Alceste pour Célimène : ici rien d’emprunté ; tout est bien de Molière, c’est bien lui avec sa passion qu’il observe, dont il rougit et qu’il ne peut vaincre. […] On ne sait plus maintenant où dorment ses malheureux restes : ils ont été perdus, dispersés, avec les cendres de La Fontaine; et ce ne sont point leurs os que renferment les deux tombeaux du Père-Lachaise, sur lesquels on ne lit point pourtant sans quelque émotion, dans un tel lieu, les noms réunis de ces deux hommes qui, de leur vivant, se sont aimés, appréciés et encouragés l’un l’autre.