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142. (1861) Molière (Corneille, Racine et Molière) pp. 309-514

Dorine, la suivante, est sans doute une création de fantaisie, comme le sont assez fréquemment les valets et les soubrettes de la comédie moderne; elle rappelle les esclaves de Piaule: elle se mêle de tout, son impertinent caquet ne tarit jamais, elle est le génie protecteur des jeunes gens qui s’aiment et que sépare la volonté tyrannique d’un père. […] Il aimait la nature : dans Les Oiseaux il en a dit les beautés avec une grâce inimitable, sans y rien mêler de la sentimentalité moderne, en se bornant à reproduire avec une rare prestesse de talent les merveilles du monde aérien, où son sujet nous transporte. […] La chute de l’école romantique et la maladresse de ses imitations montrent bien plutôt qu’en jetant par-dessus le bord, comme une vieille défroque du passé, cet esprit de régularité et d’harmonie que respectaient les poètes classiques, on sacrifiait l’une des plus précieuses traditions de l’esprit français, on faisait violence à ce sang latin que de longues et fécondes révolutions ont mêlé au vieux sang gaulois dans les veines de tout homme né français.

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