/ 145
115. (1802) Études sur Molière pp. -355

La princesse, piquée, donnerait sa couronne pour voir Carlos mourir d’amour ; elle espère le toucher par la douceur enchanteresse de sa voix ; son cœur, le dépit et l’espoir lui dictent les chansons les plus tendres ; pas un son, pas un mot dont la mélodie, dont la délicatesse ne portent le trouble dans l’âme du prince ; il est prêt à convenir de sa défaite, mais il est retenu par son valet et la crainte de perdre le fruit de la plus cruelle des contraintes, et va se mêler à des musiciens qui affectent de chanter toutes les belles de la cour, sans prononcer le nom de Diane. […] Le père de dom Juan se trouve en Castille, je ne sais comment ; il fait des réprimandes à son fils, qui les reçoit très mal, et se mêle à une noce champêtre pour séduire la mariée. […] Il s’était chargé du rôle de dom Pèdre, et sa poitrine, déjà très affaiblie, le contraignit non seulement à mettre cet intervalle entre la représentation de la cour et celle de la ville, mais encore à se condamner au lait, pour toute nourriture : ce régime avait, disait-il, son agrément ; il le dispensait de se mêler dans les disputes littéraires que Despréaux, Chapelle, et le célèbre avocat Forcroy, ne cessaient d’avoir durant tous leurs soupers. […] ou quelques cagots italiens lui en ont-ils fait naître l’idée, « en voyant des truffes chez le nonce, et en s’écriant, d’un ton mêlé de gourmandise et de béatitude, Tartufoli, signor noncio, Tartufoli !  […] Pourquoi, dans ses disputes avec Boileau, osa-t-il mêler un homme qui l’avait toujours assez dédaigné pour ne pas s’occuper de lui ?

/ 145