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138. (1885) Études sur la vie et les œuvres de Molière pp. -461

Sa passion avait tant de violence et le rendait si faible, qu’il avait été heureux que les nécessités de leur métier apportassent ces obstacles à leur séparation. […] « Je suis né, dit-il à son ami, avec la dernière disposition à la tendresse, et, comme tous mes efforts n’ont pu vaincre le penchant que j’avais à l’amour, j’ai cherché à me rendre heureux, c’est-à-dire autant qu’on peut l’être avec un cœur sensible. […] La troupe alors n’était pas heureuse, et je jurerais que, si le talent de Molière était nécessaire dans les représentations, son petit avoir ne l’était pas moins, pour suppléer, dans les mauvais jours, aux défaillances de la recette. […] Faisons-en plutôt une tout entière. » Molière rit tout bas de l’anecdote32, et tandis que les autres en riaient bien fort, pour l’oublier bien vite, il se promit bien de se ressouvenir, à heure dite, de l’heureuse naïveté. […] Ce qui s’était passé, le soir de la sixième journée, avait transpiré, grâce aux confidences de quelque spectateur à double conscience, heureux de faire proscrire à la ville ce qu’il avait approuvé à la cour.

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