Molière ne s’est senti tout entier lui-même, il ne s’est senti bien à l’aise, bien au large, que dans les farces poussées aux dernières limites de l’extravagance et de la grossièreté sans loi. […] Quand notre poésie, à la fin du moyen âge, en était encore à des tâtonnements, quand la scène tragique était livrée à ces profanations des choses sacrées qui blessent également la délicatesse de notre piété et celle de notre goût, la comédie, perçant sous la farce, créait dans Maître Pathelin des types auxquels l’âge n’a rien enlevé de leur popularité, et où il n’a fallu que rajeunir les traits du visage, sans altérer la physionomie, pour les accommoder au goût d’une société plus polie, tant ils ont de saveur et de vivacité plaisante, tant ils sont ce qu’une langue à l’état d’ébauche et un degré de culture inférieur pouvaient produire de plus achevé.