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57. (1802) Études sur Molière pp. -355

Il passe en Languedoc ; le Prince de Conti l’accueille avec faveur, lui accorde des appointements et lui confie la direction des fêtes qu’il donne à la province, pendant qu’il en tient les États. […] Le Mariage forcé a été ordonné et fait pour un ballet où le roi dansa dans une fête intitulée Les Plaisirs de l’île enchantée, et qui dura sept jours. […] Je regrette la scène dans laquelle la princesse chante pour attendrir le cœur de Carlos ; je regrette la contrainte de l’amant, le plaisir secret qu’il goûte et les combats qu’il éprouve ; je regrette surtout cette fête galante, cette loterie ingénieuse que l’amour lui-même paraît avoir inventé pour faire les beaux jours de son empire. […] Après la représentation des trois premiers actes de cette comédie, qui eut lieu, comme nous l’avons dit, à la sixième journée des fêtes de Versailles, le 12 mai 1664, « le roi la défendit pour le public, jusqu’à ce qu’elle fût achevée et examinée par des gens capables de la juger avec discernement ». […] Molière composa, pour cette fête, La Comtesse d’Escarbagnas, comédie en prose, et une pastorale ; ce divertissement parut à Saint-Germain-en-Laye, au mois de décembre 1671, sous le titre de Ballet des Ballets.

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