Dans sa vie de comédien et de valet de chambre du Roi, le poète avait souffert bien des mépris; obligé de sacrifier son indépendance à sa gloire, de se créer de puissans protecteurs pour qu’il lui fût donné de lire des marquis et de stygmatiser les tartufes, il avait eu à subir le contact impur de la cour. […] Mais j’eus le chagrin de voir qu’une personne sans grande beauté, qui doit le peu d’esprit qu’on lui trouve à l’éducation que je lui ai donnée, détruisit en un instant toute ma philosophie. […] Alceste est maniaque, emporté ; la vertu même que Molière lui donne exige cet emportement. […] Au siècle de Louis XIV, le chef-d’œuvre de Molière était considéré comme une leçon donnée à la vertu. […] On ne s’expose pas impunément au contact des courtisans, il n’est pas donné à un homme de se soustraire à l’influence de son entourage ; l’air que nous respirons agit nécessairement sur nos organes.