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113. (1848) De l’influence des mœurs sur la comédie pp. 1-221

La cause principale en est peut-être dans la fausse idée que les auteurs se sont faite de leur art, et par suite de laquelle ils ont quitté la bonne route pour s’engager dans des voies funestes. […] La sévérité de Voltaire, si l’on n’en connaissait pas la cause, paraîtrait d’autant plus étrange que, s’étant essayé lui-même dans la comédie, il n’y réussit point. […] Que le comte Bertrand de Rantzau, à l’aide d’un nouveau soulèvement populaire, voie la possibilité d’assurer le triomphe de la cause qu’il sert en secret, et que la disparition subite de Raton Burkenstaff, riche fabricant de soieries, disposant de plus de huit cents ouvriers, lui semble un bon moyen de le provoquer, surtout en insinuant aux ouvriers que l’enlèvement de leur maître est un acte de vengeance du pouvoir, cela se conçoit à merveille. […] En prouvant que le romanesque doit l’emporter sur la vérité il plaidait, pour ainsi dire, sa propre cause, et devait naturellement chercher à la gagner. […] Si donc la peinture des mœurs est abandonnée ou négligée, ce n’est pas dans l’amour du public pour l’extraordinaire et la fiction qu’il faut en chercher la cause.

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