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3. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE XII. Réflexions Générales. » pp. 241-265

L’autre est Louis XIV, qui a donné preuve d’un grand et ferme bon sens, en même temps que d’une mesure et d’une convenance extraordinaires, dans les circonstances délicates où il a dû s’occuper de Molière. […] Ses études ont été si profondes, que nous sommes souvent étonnés de lui voir découvrir en nous ce que nous ignorions nous-mêmes ; ses jugements sont si justes qu’ils nous confondent, par l’autorité du bon sens. […] Parler à une nation le langage du bon sens, c’est, fortifier son esprit ; le parler jusque dans la plaisanterie la plus risible, c’est habituer les hommes à n’oublier jamais qu’il faut être raisonnables là même où il semble qu’on puisse se passer de la raison. […] Oui, la France doit à Molière quelque chose du bon sens qui fait sa force, et de l’esprit français qui fait sa gloire. […] La part de l’honnête est certainement la plus grande : il est incontestable que Molière fortifie le bon sens et qu’il élève les âmes, qu’il les habitue, tout en riant, à se tenir dans une région de saine raison ; la morale de Molière est bonne et belle.

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