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116. (1892) Vie de J.-B. P. Molière : Histoire de son théâtre et de sa troupe pp. 2-405

Chapelain par la main : « Monsieur, lui dis-je, nous approuvions, vous et moi, toutes les sottises qui viennent d’être critiquées si finement et avec tant de bon sens ; mais pour me servir de ce que saint Remi dit à Clovis, il nous faudra brûler ce que nous avons adoré et adorer ce que nous avons brûlé. » Cela arriva comme je l’avais prédit ; et, dès cette première représentation, on revint du galimatias et du style forcé. » Mais le Menagiana, il est bon de le remarquer, ne fut publié qu’en 1693, c’est-à-dire trente-quatre ans plus tard. […] Il réfute moins sommairement les prétendus connaisseurs, défenseurs des règles et invocateurs d’Aristote, gente alors insupportable ; il les fait battre par un homme du monde avec les arguments du bon sens et de la droite raison. […] En un mot, dans les pièces sérieuses, il suffit, pour n’être point blâmé, de dire des choses qui soient de bon sens et bien écrites ; mais ce n’est pas assez dans les autres, il y faut plaisanter ; et c’est une étrange entreprise que celle de taire rire les honnêtes gens. » On s’est depuis lors aperçu, en effet, combien l’entreprise est difficile, et combien il est rare d’y réussir.

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