La manière dont Anselme rattrape son argent n’est certainement pas d’une bête. […] Il est certain que Molière a puisé dans le conte de Boccace l’humeur goguenarde d’Arnolphe, mais celui-ci prête à son rival l’argent qui doit lui servir à séduire les gardiens d’Agnès ; et ce trait, Molière ne le doit qu’à son génie. […] Par exemple, Euclion ne redoute pas, comme Harpagon, d’être volé par ses enfants ; il ne force pas son fils à puiser dans la bourse des usuriers ; il ne l’exhorte pas à placer, au denier douze, l’argent qu’il gagne au jeu ; il n’est pas lui-même un usurier. […] Molière instruit de cet aveu, lui écrit : « je vous envoie un ordre du roi, de l’argent, prenez la poste, venez me joindre ». […] Je n’ai pu me procurer la pièce, parce que, m’a-t-on dit, les Juifs en achetèrent l’édition entière, et obtinrent du pape, à force d’argent, un ordre qui en défendait la représentation.