/ 147
74. (1848) De l’influence des mœurs sur la comédie pp. 1-221

Un avare, en effet, peut-il parler ainsi : Plus on aime l’argent et moins on a de vices; Le plaisir d’entasser vaut seul tous les plaisirs. […] Outre cet argent-là, mes meubles et mes nippes, J’ai de revenu clair trois cents bons mille francs, Et n’en dépense pas trois mille tous les ans : Aussi, mon tas s’accroît, il se renfle... […] C’est que je joue, lui répond son fils, et que je mets sur moi tout l’argent que je gagne. » Vous croyez qu’Harpagon indigné va remplir ici son devoir de père, chapitrer vertement son fils sur le goût déshonnête auquel il se livre, et lui montrer enfin tous les dangers de la passion du jeu. […] Non, dit-il, Ce mélange de gloire et d’argent m’importune ; On doit tout à l’honneur et rien à la fortune. […] Frosine n’en demande qu’une preuve : « Pour assurer le gain d’un procès, dont la perte causerait ma ruine, dit-elle, il me faudrait un peu d’argent... »À ce seul mot d’argent, le vieillard pâlit et frémit.

/ 147