Incommodés ou non, il faut être prêts à marcher au premier ordre, et à donner du plaisir quand nous sommes bien souvent accablés de chagrins; à souffrir la rusticité de la plupart des gens avec qui nous avons à vivre, et à captiver les bonnes grâces d’un public qui est en droit de nous gourmander pour l’argent qu’il nous donne. […] Si on le retranchait, si on supposait Patelin rentrant chez lui pour y compter l’argent d’Agnelet, tout en contemplant le beau drap volé à maître Guillaume, cette comédie ressemblerait fort à un outrage à la morale : elle révolterait à la fois la conscience et le bon sens, et ne perdrait pas moins en intérêt moral qu’en intérêt littéraire. […] Au XVIIe siècle, siècle où trop souvent l’aumône obligea, et où une bonne somme d’argent servit mille fois de pièce de conviction à des huguenots pauvres ou faibles, voici sur la scène un impie qui tente un pauvre diable, et qui, surpris de rencontrer pour la première fois un honnête homme, moitié sérieusement, moitié dérisoirement, fait l’aumône pour l’amour de l’humanité.