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122. (1800) De la comédie dans le siècle de Louis XIV (Lycée, t. II, chap. VI) pp. 204-293

Quand Scapin démontre au seigneur Argante qu’il vaut encore mieux donner deux cents pistoles que d’avoir le meilleur procès, et qu’il lui détaille tout ce qu’on peut avoir à souffrir et à payer dès que l’on est entre les griffes de la chicane, cette leçon si vivement tracée qu’elle frappe même un vieil avare, et le détermine à un sacrifice d’argent, cette leçon n’est-elle pas d’un bon comique? […] On lui emprunte son argent pour parler de lui dans la chambre du roi y on prend sa maison pour régaler à ses dépens la maîtresse d’un autre, et tout le monde, femme, servante, valets, étrangers, se moquent de lui. […] La scène où maître Jacques le cuisinier donne Je menu d’un repas à son maître, qui veut l’étrangler dès qu’il en est au rôti, et où maître Jacques le cocher s’attendrit sur les jeûnes de ses chevaux; celle où Valère et Harpagon se parlent sans jamais s’entendre, l’un ne songeant qu’aux beaux yeux de son Elise, et l’autre ne concevant rien aux beaux jeux de sa cassette; celle qui contient l’inventaire des effets vraiment curieux qu’Harpagon veut faire prendre pour de l’argent comptant, et bien d’autres encore, sont d’un comique divertissant, dont il faut assaisonner le comique moral.

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