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44. (1819) Notices des œuvres de Molière (III) : L’École des femmes ; La Critique de l’École des femmes ; L’Impromptu de Versailles ; Le Mariage forcé pp. 164-421

Faudrait-il croire, sur la foi de l’abbé d’Aubignac, que Corneille, accoutumé depuis nombre d’années à occuper uniquement le public de ses ouvrages, et importuné d’un succès qui venait, pour ainsi dire, le troubler dans cette longue possession, se fût uni à la cabale qui décriait L’École des femmes ? […] L’auteur de Zénobie, calomniateur de l’auteur de Cinna, ou Corneille bassement envieux de Molière, c’est entre ces deux faits qu’il faut choisir. […] C’est que L’École des femmes fit époque comme Le Cid ; c’est que chacun de ces deux ouvrages était en France le premier chef-d’œuvre du genre et de l’auteur ; c’est que tous deux ils eurent un égal succès, comme ils se voient avoir une égale influence, et que par là ils excitèrent également la haine jalouse des beaux esprits qui osaient se croire, ceux-ci les rivaux de Corneille, ceux-là les émules de Molière. […] Mademoiselle Beauchâteau joua d’original dans les pièces de Corneille. […] Une comédie dans une comédie est, pour le dire en passant, une idée originale et ingénieuse que Molière n’a point créée, puisque L’Illusion comique, de Corneille, existait, mais qu’il a exécutée plus heureusement que l’inventeur, et que, depuis L’Impromptu, l’on a souvent mise en œuvre.

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