Il était tour à tour Mahomet, Orosmane, Tancrède, Gengis-Kan, Vendôme, Zamore, Arsace ; il était, par excellence et par grand privilège, le héros des tragédies de Voltaire, j’aurais mieux aimé pour ma part qu’il eût été l’homme des tragédies de Corneille. — Aujourd’hui, maître Lekain, que dirait-il s’il pouvait savoir où en est la tragédie de son poète bien-aimé. — Pour jamais ils se sont évanouis, ses héros fameux, Tancrède, Gengis-Kan, Zamore, Vendôme ; que dirait Lekain, s’il venait à apprendre qu’Orosmane aujourd’hui s’appelle Othello, et qu’il a repris son nom primitif ? […] La caisse d’épargne doit être expressément défendue à ces enfants perdus de Corneille et de Molière. […] J’allais, en hiver, par la saison la plus vigoureuse, réciter à haute voix des vers de Molière et de Corneille dans les allées solitaires du Luxembourg. […] Et celui-là aussi, il peut dire ce que disait, si justement de lui-même, le grand Corneille : Je ne dois, qu’à moi seul, toute ma renommée ! […] Sans le savoir, il frayait à la littérature de ce pays, un sentier que ni Boileau, ni Corneille et ni Racine, ni Molière, et La Fontaine lui-même n’auraient osé tracer à leurs survivants… le sentier de la licence poétique, de la vie facile, des amours vulgaires, des joies de la taverne et des amours débraillés.