Si Moliere revenoit à la tête de cette troupe orgueilleuse, il seroit obligé d’ajuster son génie sur la mesure de leur ignorance. […] A ces grands mots ne diroit-on pas qu’il s’agit de quelque affaire d’Etat entre des têtes couronnées ?
Dans les Tragédies où il y a des conjurations, on pourrait, au moyen du vide de l’arrière-scène, opérer des prodiges d’illusion : supposons, comme je viens de le dire, qu’on découvre au-delà du Palais, une place publique ; ne pourrait-on pas y placer un Conjuré, donnant le Spectacle muet d’un homme qui paraît haranguer les troupes qu’il rassemble, qui les excite, les conduit, combat à leur tête, est vainqueur ou vaincu ; les traits grossiers de ce tableau, vu dans l’éloignement, ne parviendraient aux Spectateurs qu’avec leur nuance de douceur & de dégradation : pour que cela ne distrayît pas, ces mouvemens auraient leur effet dans le silence qui précède les grandes agitations, avant le commencement des Actes, ou seulement quand les entre-scènes laissent un repos nécessaire. […] On posera sur leur tête une couronne de fleurs, & ils seront reconduits chez eux au son des instrumens. […] Ajoutez que les Echœa, & leurs Masques formés d’une tête entière & creuse, enflaient la voix ; [c’est de-là que ces Masques se nommèrent en latin Persona, du verbe personare, se faite entendre de loin ; & ce nom, par métonymie, passa même aux Personnages du Drame.]
Et un Chrétien, qui sait que le glaive suspendu sur sa tête ne tient qu’à un fil, un simple fil prêt à se rompre, un Chrétien qui sait que son Juge l’épie comme un voleur pour le surprendre, ce Chrétien s’expose de sang froid sur un endroit où il craint de mourir !
Elle ne tolère point leurs désordres sans doute ; elle les punit, au contraire, avec toute la sévérité de sa discipline ; elle avertit sans cesse les coupables du précipice affreux qu’ils se creusent & des trésors de colère qu’ils amassent sur leur tête : mais elle ne prononce pas toujours contre eux des jugemens publics & solemnels ; elle n’use pas toujours du droit qu’elle a de les retrancher de sa société.
C’étoit sa place, elle fut d’abord comique : ou si l’on veut une scéne d’opéra ; où l’on est enlevé dans les airs par des cordes ; mais elle devint tragique pour la N. lorsque la corde se rompit, & Junon, au lieu de monter au Ciel ; se cassa la tête.
Il n’étoit grand qu’à la tête des armées, par-tout ailleurs il avoit la petitesse des ames vulgaires : ce qui me rappelle ce mot de la Bruyere : il est difficile d’être héros aux yeux de son vâlet-de-chambre .
A la cour, à la ville, on l’a tant blasonné, Hué, sifflé, berné, brocardé, chansonné, Qu’enfin ne pouvant plus tenir tête à l’orage, Avec sa Penelope il a plié bagage.
Le soleil lui sert de coussin pour reposer la tête (il doit avoir grand chaud).
» On peut consulter la vie de Quinault à la tête de ses Œuvres, et l’Histoire du Théâtre sur l’année 1658, d’où nous avons tiré tous ces faits.