A ce ridicule près, Moivre avoit de bonnes parties, habile mathématicien, parlant & écrivant bien, & ne pouvant souffrir qu’on doutât de sa religion. […] Cet homme unique dans son genre n’eut pas le courage de tout sacrifier à la vertu & à la religion. […] La Moriniere respecta toujours la religion & les mœurs : mérite rare chez les poëtes dramatiques. […] De quelle autorité un simple ministre de la Religion (par exemple, les SS. Peres, les Papes) défend-il ce que la Religion ne défend pas ?
La première, de demander que par le respect qui était dû à la véritable Religion, qui était aussi dès ce temps-là la religion des Empereurs, les spectacles cessassent absolument lorsque l'Eglise était occupée à honorer Dieu, pendant les grandes solennités. […] Il faut demander aux très-pieux Empereurs Théodose et Valentinien, qu'ils défendent les Spectacles des Théâtres, et des autres Jeux les Dimanches et les autres Fêtes que la Religion Chrétienne solennise; principalement, parce que comme pendant l'Octave de Pâques, le Peuple se trouve au Cirque, au lieu d'aller à l'Eglise, si la représentation des Spectacles qu'on a accoutumé de donner au Peuple, se rencontre en ces saints Jours, on doit remettre ces Jeux à un autre temps. […] Si les filles qui sont de la race infâme des Comédiens refusent de monter sur le Théâtre, qu'on les y contraigne; si toutefois elles n'ont point encore fait profession de la Foi, et de la Loi de la très sainte et vénérable Religion des Chrétiens, pour la garder toujours inviolablement ; Nous ordonnons aussi, que les femmes à qui nous avons accordé par une grâce spéciale, de ne point exercer cet honteux métier, jouissent toute leur vie de cette exemption, sans qu'on les puisse contraindre de rentrer dans la Compagnie de Comédiens. […] Sur quoi Zonare fait cette réflexion, les règles de la discipline Evangélique, bien loin de permettre aux Fidèles de s'abandonner au relâchement et à la dissolution, elles les obligent à se conduire vertueusement, et sans reproche, pour répondre à la sainteté de la Religion dont ils font profession; c'est pourquoi le Décret de ce Canon défend, et interdit tout ce qui relâche l'esprit, et dissipe son attention par un divertissement inutile qui cause le ris dissolu, et des réjouissances immodestes.
Mais devoit-il traiter de cruelle la Religion qui leur en a fait un devoir ? […] Les mœurs & la Religion n’ont pas de plus grands ennemis. […] « La Religion donne tout, & tout manque sans la Religion, est-il dit dans un Mandement d’un de nos respectables Prélats155. […] Une religion dépouillée de tout culte extérieur, ne peut ni l’affecter ni l’instruire. […] Voilà ce qu’on doit attendre de la Religion Chrétienne « qui, comme le dit M.
Vous y faites paraître Jupiter élevé au milieu de l’air, déclarant que pour satisfaire les vœux des peuples, il veut leur donner un Héros, sous l’Empire duquel ils verront refleurir la Religion et la piété. […] » Mais de quoi s’avise votre Jupiter de dire, que « sous l’Empire de votre Héros, les peuples verront refleurir la Religion et la piété » ? […] Je me contenterai d’avertir ici que dans votre Dictionnaire faire refleurir la Religion et la piété dans un Diocèse, c’est y mettre le trouble et la confusion ; c’est en bannir les Ecclésiastiques les plus éclairés et les plus pieux, ou les mettre hors d’état de servir l’Eglise ; en un mot, c’est ruiner en deux ou trois mois, autant que l’on peut, le fruit d’un long et pénible travail de tout Evêque, quelque Saint qu’il eût été, qui n’aurait pas approuvé vos mauvaises maximes et votre conduite relâchée.
Plus on est assuré du pouvoir de cette passion, plus on est obligé de le contredire ou de ne s’y prêter que selon les règles établies par la religion et les lois, en ne se permettant qu’une alliance légitime. Si la raison et la religion n’opposent point de digue à l’impétuosité de ce penchant, il n’est point d’excès où l’on ne puisse être entraîné. […] Les mésalliances indécentes d’où il résulte quelquefois un contraste humiliant de condition et souvent une extrême indigence, et les unions clandestines, qui outragent la religion et les mœurs, ne sont que les suites de l’imprudence avec laquelle on s’est livré aux objets séducteurs.
le croiroit-on bien persuadé de la vérité de la religion ? […] les Anges ne jouent point la comédie : il n’emploie encore que des vûes de religion. […] Tout se rend à la religion, parce qu’on la croit & qu’on l’aime. […] La mère, pour la consoler, n’emploie encore que cette sauvage, cette incommode religion. […] La religion & la vertu n’y entrent pour rien, & jamais ne s’en mêleront.
Effectivement elle le rencontra dans un sentier fort étroit : le Roi la salua, sans lui dire un seul mot, tourna la bride de son cheval, & s’en retourna dans l’instant ; desorte, dit Voltaire, que la Comtesse ne remporta de son voyage que la satisfaction de pouvoir croire que le Roi de Suede ne redoutoit qu’elle : C’est la conduite que la Religion fait tenir à ceux qui veulent conserver la purete, bien differente de celle que fait tenir le Théatre à ses amateurs. […] Il vit alors à Leipsick de fameux Philosophe Leibnitz, homme d’un génie & d’un savoir étonnant, mais malheureusement sans religion, qui pensoit & parloit fort librement, & avoit inspiré ses sentimens à plusieurs Princes d’Allemagne Ce qui n’est que trop vrai pour la Cour & l’Académie de Berlin, dont il fut le Président & le Fondateur, & où ils regnent encore. […] Le Czar, quoique sans Religion, étoit Schismatique Grec, & tout-à-fait intolérant contre les principes de la Philosophie. Leibnitz étoit un homme à systême, qui ne tenoit à rien dans la Religion comme dans tout le reste de ses systêmes inintelligibles, comme ses Monades, ou impies, comme son Optimisme & sa Théodicée, dont les principes conduisent à l’Athéisme. Charles n’avoit ni n’étoit capable d’avoir aucun systême : c’étoit un homme sans piété, comme stupide dans la Religion, qui ne pensoit qu’à la guerre.
veut-il renoncer à hâter les progrès de la Morale, s’il n’est pas sûr de faire aussi bien en faveur de la Religion et de la piété ? […] Je crois que l’on peut s’amuser fort honnêtement et sans pêcher par l’exécution de pièces de Théâtre, pourvu qu’on ait donné la préférence à celles dans lesquelles il n’y a rien contre la pudeur, la vertu, ni la Religion. […] Je puis répondre de la ferveur de ma foi, de mon attachement à la Religion auquel ma profession ne portera jamais d’atteinte. […] Quel sont les Procureurs ou les Avocats qui auraient du pain, s’ils s’assujettissaient aux devoirs que la Religion leur impose ? […] Excepté le mal dont notre propre corruption est la source, je ne reconnaîtrai jamais d’autre principe universel que Dieu ; et je puis, je crois, sans pécher contre la Religion le regarder comme le principe d’un amour pur et délicat.
Sans rechercher curieusement l’origine de cette louange, que l’Église a donnée aux femmes ; l’on peut assurer que leur piété leur a mérité l’avantage d’être si glorieusement distinguées des hommes : Mais l’on peut aussi demander d’où vient que la dévotion, ce sentiment vif et ardent de la Religion, s’est plus établie entre elles que parmi nous ? Je vous en dirai ma pensée tout simplement, Agathon : C’est que jamais aucune autre Religion ne fut si favorable aux femmes que la Chrétienne ; et qu’elle l’est encore beaucoup plus aux femmes, qu’aux hommes. […] Pour moi, je crois, que quelque préjugé favorable que vous ayez pour le Sexe, vous ne pouvez pas vous dispenser de le condamner du moins, à n’être plus appelé que le prétendu Sexe dévot : Et certainement il doit en être aussi satisfait, que le Huguenotisme fut content d’être nommé, la Religion Prétendue Réformée. Mais en cette affaire, il y a un point qui me tient bien au cœur : Et c’est que comme l’on a eu un grand zèle pour convertir ceux qui faisaient profession de la Religion Prétendue Réformée, on en eût autant pour la conversion du Sexe prétendu dévot. […] Il n’est pas le premier qui ait fait cette proposition, sur la pratique de la Religion : Car il y a longtemps que j’ai entendu un Prédicateur, bien faire valoir un excellent endroit de saint Jean Chrysostome, où ce saint Père dit avec beaucoup d’éloquence, que si César avait fait un Édit touchant la réconciliation extérieure des ennemis, la crainte d’une taxe, ferait ce que ne fait pas la crainte de l’Enfer ; et que César serait mieux obéi que Jésus Christ.