L’humanité, la grandeur d’âme, l’amour de la patrie, l’enthousiasme même de la religion n’y sont-ils pas aussi éclairés, aussi raisonnés qu’ils peuvent l’être sans froideur ? […] Le crime a trois sortes de freins : les lois, l’honneur, la religion. Le vice n’a que la religion et l’honneur ; d’un côté l’on excommunie les Comédiens, de l’autre on veut les rendre infâmes, je demande par quel effort généreux ils se priveraient des plaisirs tolérés par les lois et permis par la nature ? […] commencez par lui rendre les deux plus grands freins du vice, les deux plus fermes appuis de la faiblesse et de l’innocence : la religion et l’honneur. […] Je le répète, l’honneur et la religion sont les appuis de l’innocence, les freins du vice, les mobiles de la vertu, et le contrepoids des passions humaines : priver l’homme de ces secours, c’est l’abandonner à lui-même.
C’est le fils aîné de l’église qui a rendu cette ordonnance et elle est contresignée par Mgr. le comte de Corbière, un des ministres qui protègent le plus notre sainte religion.
& peuvent-ils accorder ces impressions avec la sainteté de notre Religion ?
Il ordonna aux Evêques de le publier dans les Eglises, & aux Juges d’y tenir la main, comme d’une grande conséquence pour le bonheur du peuple & le maintien de la Religion Anglicane ; deux fins justes & salutaires qu’il se propose. […] Tant ces deux Princes avoient peur qu’on ne devint bête, faute de danse, tant ils avoient envie de rendre agréable aux Catholiques une Eglise qui danse par principe de Religion & de soumission aux Loix.
« Dans une grande ville pleine de gens intrigants, désœuvrés, sans religion, sans principes, dont l’imagination dépravée par l’oisiveté, la fainéantise, par l’amour du plaisir, et par de grands besoins, n’engendre que des monstres, et n’inspire que des forfaits ; dans les grandes villes où les mœurs et l’honneur ne sont rien, parce que chacun dérobant aisément sa conduite aux yeux du public, ne se montre que par son crédit, et n’est estimé que par ses richesses ; la Police ne saurait trop multiplier les plaisirs permis, ni trop s’appliquer à les rendre agréables, pour ôter aux particuliers la tentation d’en chercher de plus dangereux.
Il blâme aussi les femmes qui ne nourrissent pas leurs enfans ; mais c’est la loi de la nature qu’on viole : la religion n’en dit pas davantage. […] Concluons qu’on doit dire de la Dévotion des Femmes, comme de la Religion Protestante, le prétendu Sexe devot, comme les prétendus Réformés, mais comment espérer sa conversion, tandis qu’il fréquentera le théatre bien loin d’y devenir sincerement dévot, il cesseroit bientôt de l’être.
Ses rêveries sur la religion et sur les bonnes mœurs vont-elles de pair avec ses rêveries sur les légions et les colonnes ?
[NDA] Je ne prétends pas attaquer ici la religion à laquelle je suis attachée de conviction et de cœur.
Tertullien, dans le livre qu’il a fait des spectacles, entreprend de montrer que ces divertissements ne peuvent s’accommoder à l’esprit de la religion que nous professons, et aux devoirs d’un Chrétien : Que ce qui fait qu’ils ont tant de défenseurs, est la crainte que l’homme a qu’on ne diminue le nombre de ses plaisirs : Que c’est en vain qu’on se figure que les Chrétiens ne s’en abstiennent, que parce qu’étant résolus de souffrir la mort pour la foi, ils renoncent à toutes les voluptés de la vie, afin de l’aimer moins, et de n'être point retenus par les plaisirs, qui sont comme les liens qui nous y attachent ; mais qu’ils s’en abstiennent, parce qu’encore que ces divertissements ne soient pas défendus en termes exprès dans l’Ecriture sainte, néanmoins ils ne laissent pas d’y être suffisamment condamnés.