C'est une véritable peinture, les paroles y peignent les pensées ; et l'action, les actions et les choses; et si cette définition peut convenir en quelque sorte à l'Histoire et à la fable, le Poème Dramatique a cela de différent d'elles, qu'outre qu'elles ne lui servent que de matière; il nous fait voir les choses comme présentes, que l'Histoire et la fable nous racontent comme passées, et qu'il les représente d'une manière vive, animée, et pour ainsi dire, personnelle; au lieu que l'histoire et la fable ne nous les font voir que d'une manière morte et sans action.
Page 149 Les ministres des autels, qui affichent l’indépendance envers les souverains, sont rebelles à la parole de Dieu.
Un sourire moqueur, une parole vaine, Remplissoit leur esprit de fureur & de haine : Et, sans considérer que leur sang est aux Rois, Ils mettoient leur honneur à mépriser les Loix. […] En voici les paroles : « Ces maximes & réflexions pleines de principes de religion, découvrent avec une entiere évidence le mal que font ceux qui assistent à la Comédie, & le scandale qu’ils y donnent. […] Ces paroles sont tirées d’une Lettre que ce respectable Pontife m’a fait l’honneur de m’écrire le 25 Janvier 1775. […] Ce qui a d’autant plus d’efficace & de puissance, que les paroles, les accens, les gestes, les mouvemens & actions conduites avec tous les artifices qu’on puisse imaginer, laissent une impression vive en l’ame de ceux qui tendent là tous leurs sens. […] Et cependant parmi nos Prédicateurs, combien n’en voit-on pas qui le couvrent de fleurs ; en croyant l’accabler de foudres, lui ôtent sa difformité, l’embellissent presque, & par des portraits passionnés & par des descriptions fleuries, ils le font rentrer dans des cœurs d’où la parole Evangélique devroit l’arracher !
Il faut le croire sur sa parole.
Le Romain dans ses paroles comme dans ses actions, avoit toujours un air de grandeur : mais cette antique fierté qu’il conserva, fut cause qu’il conserva aussi un secret mépris pour tout ce qui n’étoit pas gloire militaire.
Que s’il y a quelque gloire à bien faire des Comédies et des Romans, comme il y en peut avoir en mettant le christianisme à part, et à ne considérer que cette malheureuse gloire que les hommes reçoivent les uns des autres, et qui est si contraire à l’esprit de la foi, selon les paroles de Jésus-Christ, l’auteur des Hérésies imaginaires ne veut point la ravir à ceux à qui elle est due, quoiqu’à dire vrai, cette gloire consiste plutôt à se connaître à ces choses, et à être capable de les faire, qu’à les faire effectivement : elle ne mérite pas qu’on y emploie son temps et son travail ; et s’il était permis d’agir pour la gloire, ce n’est pas celle-là qu’il faudrait se proposer.
la rebuter par des paroles dures, l’affliger encore d’avantage par des expressions farouches, ce procédé n’aurait-il pas tenu de la férocité et de la barbarie ?
Ils tinrent parole. […] Vis-à-vis du Roi est une femme avec une tête d’Anubis, Divinité des Egiptiens, & des pieds d’une oie, à laquelle ce Roi semble adresser la parole, & montrer quelque chose.
Avant que de chercher le sens qu’on peut donner à ces paroles, tâchons de développer tout le systême d’Aristote sur la Tragédie. […] Les mœurs [ou autrement le caractere] c’est ce qui rend un homme tel ou tel [bon ou méchant] & le sentiment marque la disposition de l’esprit, lorsqu’il se déclare par les paroles qui font connoître dans quel sentiment nous sommes.