Si à tout cela on joint la musique, les décorations, les paroles, autre sorte de tableau qui fait corps avec la danse, est-il de feu criminel qu’elle ne puisse & ne doive allumer ? […] Ce n’étoit pas l’objet des amours du Prince, c’étoit sa niece, & la parenté, sur-tout dans les ascendans, écarte l’idée du crime ; on la fait venir dans la salle du repas, comme tous les jours dans les familles on fait danser un enfant pour s’amuser & le faire briller ; une jeune Princesse, sans doute bien élevée & décente, qui n’étoit point exercée à tendre des pieges à la vertu, & ne prétendoit pas à la conquête de son vieux oncle au préjudice de sa mere, si neuve, si simple, que ne sachant que demander, elle va consulter sa mère, court répéter ses paroles, reçoit la tête de Jean-Baptiste, & la lui donne. […] à combien d’elles adresseroient-ils ces paroles : Vous dansez trop bien pour une honnête femme : Saltas elegantiùs quam necesse est probæ. […] Lascif est en général tout ce qui porte à l’impureté, tableaux lascifs, chansons lascives, paroles lascives, gestes lascifs, indépendamment de l’emportement & de la chaleur, comme un coup d’épée, un poison n’est pas moins meurtrier pour être donné tranquillement. […] Le jeune Poëte croit en faire l’éloge ; la sagesse en conclud sa condamnation ; la parole de Dieu en est le garant : Cum saltatrice ne assiduus sis, ne pereas in efficucia illius, virginem ne conspicias, ne scandaliseris in decore illius, propter speciem mulieris multi pereunt.
j De telles paroles il n’y a personne qui ne conjecturât que c’était quelque farce ridicule, un fescennink ou atellanel, quelque momeriem, et charlaterien, où les Pantalonso s’entrechoquaient aux dépens de la dévotion et révérence des choses saintes. […] Il continue de mentir avec ces paroles : « entre ces personnages était le pape et sa suite » z. […] Mais de la fumée de ce purgatoire tu voulais donner corps à ces furieuses nues que tu vas faire éclater sur la tête du pontife de Rome, t’y disposant avec ces paroles. […] [NDE] Mot de gueule : « parole sale » (dictionnaire de l’Académie Française, 1e éd., 1694). […] [NDE] Je lui fais bon que : je lui donne ma parole que.
Ô Mon Dieu, mon divin Sauveur, viens remplir mon âme de ces douceurs que tu communiques à tes fidèles serviteurs ; donne-moi le pain descendu des cieux, la vraie manne et le pain des Anges qui me fasse goûter des plaisirs lesquels étouffent le sentiment des plaisirs du monde, et le goût de ses divertissements ; que tes sabbats fassent mes délices ; que ta parole me soit plus douce que le miel, et que les rayons de miel ; et que la méditation des joies que tu me prépares dans ton ciel me ravisse de telle manière, que je ne sois plus ni au monde ni à moi, mais que je sois tout entier à toi.
Vous avez donc oublié aussi Nérestan, reprend Fatime ; la gloire qu’il s’acquît dans les combats contre les Sarasins, la liberté qu’il a obtenue sur sa parole, d’aller chercher nos rançons ? […] On apprend à Orosmane, que l’Esclave Chrétien, qu’il avoit laissé partir sur sa parole, est revenu. […] Ce Prince, scrupuleux observateur de la foi qu’il avoit donnée, relève encore ce mérite, par une acction digne du plus généreux Monarque, pour manquer à sa parole par caprice, & sans autre motif que sa volonté !
[Lettre] Puisque vous souhaitez qu’en vous envoyant les Observations sur le Festin de Pierre, je vous écrive ce que j’en pense, je vous dirai mon sentiment en peu de paroles, pour ne pas imiter l’auteur de ces remarques, qui les a remplies de beaucoup de choses dont il aurait pu se dispenser, puisqu’elles ne sont point de son sujet et qu’elles font voir que la passion y a beaucoup de part, bien qu’il s’efforce de persuader le contrairea. […] Ces paroles prouvent-elles quelque chose, et en peut-on rien inférer, sinon que Don Juan est athée ? Il devait du moins attirer le foudre par ce peu de paroles, c’était une nécessité absolue, et la moitié de Paris a douté qu’il le méritât.
C’est là où l’ange vous trouva quand il vous salua par ces paroles : Ave, Maria.
L'on ne commence pas à tomber quand on tombe sensiblement, les chutes de l'âme sont longues, elles ont des progrès et des préparations; et il arrive souvent qu'on ne succombe à des tentations que parce qu'on s'est affaibli en des occasions qui ont paru de nulle importance, étant certain que celui qui méprise les petites choses s'engage peu à peu à tomber. « Qui spernit modica paulatim decidet" C'est un des sens de cette parole de Job: " Qui habitant domos luteas consumentur velut a tinea.
La question ne roule pas sur l’existence des peines ecclésiastiques : Saint Augustin la prouveroit1 par ces paroles de Saint Matthieu : Je vous donnerai les clefs du Royaume des Cieux2, & tout ce que vous lierez ou délierez sur la terre, sera lié ou délié dans le Ciel. Jesus Christ adresse ces paroles à Saint Pierre qui représentoit dans sa personne le corps des Pasteurs. […] Canon ces paroles remarquables1 : le saint Concile défend les Farceurs & leurs Spectacles, les Danses qui se font sur le Théatre : Si quelqu’un enfreint la présente Constitution, nous voulons, s’il est Clerc, qu’il soit déposé, s’il est Laïque, qu’il soit excommunié. […] Le sieur de la M** avoit d’autres principes dans la tête quand il a composé son Mémoire : Au milieu de votre troupe, Mademoiselle (que je crois copiée d’après celle dont Scarron raconte les Aventures dans le Roman Comique) je me représente le vénérable Jurisconsulte que vous introduisez, pour y faire trophée de son sçavoir contre les censures qui vous lient : il triomphe à peu de frais, aucun des Auditeurs n’est en état de le contredire ; il peut sans aucun risque avancer autant de contre-sens, d’Anachronismes1, de citations fausses, qu’il lui plaira : c’est assez qu’il débite force loix pour éblouir, qu’il vomisse du Latin à grands flots, & s’exprime en bons termes de Palais, avec un déluge de paroles : Dans ce cercle de Sénateurs de nouvelle fabrique, feu M. de Noailles, Auteur prétendu de leur Excommunication, est fort maltraité ; le Clergé de France, surtout les Auteurs de la réclamation, n’ont pas eu beau jeu ; enfin on a concédé à l’Apologiste, sans la moindre repugnance, le titre de Docteur de l’Eglise : on l’a proclamé l’Interpréte des Loix, l’appui de l’État, la lumiere du monde entier, tandis qu’il érigeoit la troupe en Académie Royale, la faisant marcher de pair avec les premiers Académiciens de l’europe.
C’est pour vous inspirer une juste horreur du théatre & de ses spectacles, que je me sers des paroles du grand Apôtre : Considerez-vous, M. […] Voici ses paroles : Les jeux du théatre & tous les spectacles de turpitude que l’on y donne aux peuples, sont de nouveaux moyens de damnation que la ruse du démon à fait succédez à l’idolatrie des payent dans le Christianisme ; parceque prévoyant que cette contagion alloit cesser par la prédication de l’Evangile, il en a substitué une autre plus dangereuse, non pas pour faire mourir les corps, mais pour perdre les ames en corrompant les mœurs. […] L’office des baladins (c’est le terme dont il se sert, Officium histrionum) n’est pas en soit illicite & défendu, quand il n’a pour but que de réjouir le monde ; ils ne sont pas en état de péché par le seul endroit de ces sortes de jeux, pourvû qu’ils en usent avec modération, c’est-à-dire, qu’ils ne se servent pas de paroles indécentes, mauvaises & dissolues, ou qu’ils ne fassent point d’actions contraires à l’honnêteté. » Il est donc évident que ce saint Docteur en parlant de la sorte, n’a jamais prétendu justifier la comédie, telle que l’ont condamnée les saints Docteurs. […] Voici ses termes & ce qu’il venoit de dire avant les paroles que j’ai citées. […] Thomas est donc bien éloigné d’être aussi favorable aux comédiens qu’ils le prétendent, & de croire qu’on puisse en conscience rien donner pour le dédommagement ou substance de ces farceurs ; puisqu’il le défend au contraire, au même endroit de sa seconde Seconde qu’ils nous citent, & peu après les paroles qu’ils croient les autoriser.