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11. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — Seconde partie. Notes. — [G] » pp. 408-415

Les Anciens avaient plusieurs sortes de Machines dans leurs Théâtres : outre celles qui étaient sous les portes des retours pour introduire d’un côté les Dieux des bois & des campagnes, & de l’autre les Divinités de la mer, il y en avait d’autres au-dessus de la Scène pour les Dieux célestes, & de troisièmes sous le Théâtre pour les Ombres, les Furies & les autres Divinités infernales. […] Celles qui étaient sur les portes des retours, étaient des machines tournantes sur elles-mêmes, qui avaient trois différentes faces, & qui se tournaient d’un ou d’autre côté, selon les Dieux à qui elles servaient. De toutes ces machines, il n’y en avait point dont l’usage fût plus ordinaire, que de celles qui descendaient du Ciel dans les dénouemens, & dans lesquelles les Dieux venaient pour ainsi dire au secours du Poète. Ces machines avaient assez de rapport avec celles de nos ceintres ; car aux mouvemens près, les usages en étaient les mêmes, & les Anciens en avaient comme nous de trois sortes en général ; les unes qui ne descendaient point jusqu’en bas, & qui ne faisaient que traverser le Théâtre ; d’autres dans lesquelles les Dieux descendaient jusque sur la Scène, & de troisièmes qui servaient à élever ou à soutenir en l’air les personnes qui semblaient voler. […] Cet accident engagea les Athéniens à élever des Théâtres plus solides ; & comme vers ce temps-là la Tragédie s’accrédita beaucoup à Athènes, & que cette République avait depuis peu extrêmement augmenté sa puissance & ses richesses, les Athéniens firent construire des Théâtres qui ne le cédaient en magnificence à aucun édifice public, pas même aux Temples des Dieux.

12. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE PREMIER. Peinture & Sculpture. » pp. 4-40

Toujours des avantures galantes, les amours des Dieux ; toujours des nudités. […] Si ce n’est, dit-il, les statues des Dieux dont le culte l’exige. […] Mais quel Dieu, ajoutoit-il, le plus grand des Dieux, qui ébranle les cieux avec une parole. […] Il n’est plus de vertueux Asa, qui chasse l’actrice, brise l’autel, & la figure des Dieux des jardins. […] Nos maisons sont ainsi devenues les temples des Dieux, leurs images y sont de toute part exposées.

13. (1603) La première atteinte contre ceux qui accusent les comédies « Stances à Madame Isabelle, sur l’admiration où elle a tiré la France » pp. -

Puis ayant cet esprit agile Recouru le premier mobile, Et vu l’heureux trône des Dieux Il passe les deux Hémisphères, Et revolant sur les neuf Sphères, Apprit le bel ordre des Cieux. […] Alors descendit cet Aurore, Et ce grand Soleil que j’adore Fit combler les Dieux en douleurs : Phœbus se vêtit de ténèbres Et les Astres en chants funèbres S’en allaient distiller en pleurs. […] Ainsi cette fleur sans pareille, Ce Parnasse, et Ciel de merveille, Vint illuminer nos […]l D’une flamme si pure et belle Que les Dieux font par Isabelle, Reluire leurs divinités.

14. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 1 « CHAPITRE VII. De l’idolâtrie du Théâtre. » pp. 143-158

Mais les idées du paganisme étaient bien différentes ; les spectacles représentaient les actions, ou plutôt les vices de ses Dieux infâmes. […] Cyprien, etc., outre le culte des Dieux qu’ils y réprouvent, y trouvent mille autres raisons de proscription qui n’ont jamais cessé. […] Ils sont Prêtres des mêmes Dieux ; même culte, mêmes objets, mêmes fêtes, mêmes crimes ; Vénus, Adonis, Jupiter, Endymion, etc., ne règnent pas moins sur le théâtre. […] S’il subsiste quelque statue des Dieux, on n’en trouve que dans les cabinets des curieux, comme un antique monument des folies humaines. […] « Muses, grâces, amours, dont elle fut l’image, O mes Dieux et les siens !

15. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE IX. Sentiments de Tertullien. » pp. 180-200

Vous ne vous réjouissez sur vos théâtres qu'aux dépens de vos Dieux et des bonnes mœurs. […] « 6.° Plusieurs portent les noms des Dieux Neptunaux, Floriveaux, Apollinaires, etc. […] De là l'ancienne division de jeux sacrés et funèbres pour les Dieux ou les mânes. […] Jupiter, Neptune, Cérès, Castor et Pollux, et quantité d'autres Dieux, y ont aussi des autels, des colonnes, des pyramides. […] Il n'est pas plus permis d'adorer les éléments et les saisons que les autres Dieux.

16. (1855) Discours sur le théatre, prononcé dans l’assemblée publique de l’Académie de Pau, où se trouvoient les Députés des Etats du Béarn et les Dames de la ville pp. 1532-1553

A la bonne heure, que ces dieux de nouvelle création figurent sur l’Olympe. […] Si on adore ces dieux, c’est un blasphème ; si on les méprise, c’est une puérilité. […] S’il les croit des dieux, c’est un Mézence que la foudre doit écraser. […] Quoi, dira-t-on, ne pas respecter les dieux du théâtre ! […] Corneille s’offensera-t-il d’être traité comme il traite les dieux ?

17. (1715) La critique du théâtre anglais « CHAPITRE II. L’Impiété du Théâtre Anglais. » pp. 93-168

Les Dieux que tous les mortels ont plus raison de respecter, sont précisément ceux que Ballion méprise davantage. […] Le même Chœur exhorte à la piété et à la confiance aux Dieux ; et assure un sort funeste aux superbes et aux impies. […] Philoctète nomme les Dieux des méchants,Philoct. […] et le Chœur observe que les Dieux ne manquent point de punir l’impiété et le mépris de la Religion. […] Le Chœur dit dans un autre Poème de ce Tragique qu’il faut être dépourvu de raison pour ne pas révérer les Dieux.

18. (1715) La critique du théâtre anglais « CHAPITRE III. L’insolence du Théâtre Anglais à l’égard du Clergé. » pp. 169-239

 » Elle continue dans son emportement et accuse les Dieux et leurs Ministres de cabale et d’imposture. […] Bien plus, que cela passe au-delà même de la voûte azurée, et du Palais des Dieux ; et que le fracas de ma bruyante joie les rende sourds. […] Mais, ces fonctions ne consacraient-elles pas leurs personnes en leur donnant un rapport particulier avec les Dieux ? […] Il dit peu de choses sur la matière présente, et dans le peu qu’il en dit, les Prêtres ne sont pas plus ménagés que les Dieux. […] Ils sont estimés les favoris des Dieux, et les seuls instruits des choses de l’autre vie.

19. (1761) Epître sur les spectacles « Epître sur les spectacles » pp. 3-14

C’est dans ce monument que les Dieux de la Terre Viennent en pâlissant déposer leur tonnerre ; Fastueux Mausolée où le superbe orgueil, Du plus sain des Bourbons a creusé le cercueil : Plus loin de ces vallons pour arroser la Plaine, Je vois en serpentant disparaître la Seine ; Mais quels nouveaux objets s’offrent de toutes parts ? […] Grands Dieux ! […] de ces Remparts poudreux Me voici transporté dans le Palais des Dieux ; De peur de m’égarer, regagnons notre Sphère ; D’Icare redoutons le projet téméraire. […] déjà tout finit, et la vive Camilleh Pour le séjour des Dieux abandonnant la Ville, Des trois Grâces suivie, et son fils dans les bras, Va priver les Mortels de ses riants appâts : Vénus toutefois prête à quitter sa toilette, Adressa ce discours à plus d’une Coquette : "Il n’est qu’un seul moyen de parer la Beauté, C’est l’Amour : ce miroir sans cesse consulté, Ne vous y trompez pas, apprend mal l’art de plaire, Le cœur conseille mieux dans l’amoureux mystère ; Belles qui m’écoutez, quand vous saurez aimer, Mon fils vous montrera comme on peut enflammer." […] Oui, dans ces temps féconds que tout Paris nous vante, Camargoz fut moins vive, et Salé moins brillante ; Ne pense pas, Lany, que dans les plus beaux jours, Ton air trop sérieux éloigne les amours ; Vénus ne voulant point rester seule à Cythère, En te cédant les sœurs, s’est réservé le frère ; Je connais la coquette ; elle aura craint tes jeux ; Mais, crois moi, cet enfant le plus malin des Dieux, Avec certain fripon, qu’on nomme le mystère, Pour t’aller retrouver, saura tromper sa mère.

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