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26. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 2 « Livre second. » pp. 2-7

L’ordre et le bonheur de la société humaine roulent sur deux pivots que la bonne politique a toujours cru de son devoir et de son intérêt de maintenir et de protéger : la religion et les lois. […] On ne peut se passer de religion. […] Nous avons vu dans le premier livre combien la religion alarmée lançait d’anathèmes sur le théâtre, jusques dans les pièces où il semble que par respect la scène ait emprunté d’elle la matière. […] Etroitement liées à cette règle primitive, source de toutes les autres lois, qui n’en sont que le développement, elles ont dans tous les temps employé toute leur autorité, qu’elles tiennent de la religion même, pour empêcher toutes les représentations théâtrales, si l’ascendant du vice l’eût permis, ou pour en arrêter les désordres. […] Les Magistrats païens ne seraient pas un exemple bien décisif pour des Chrétiens dont la religion est si sainte.

27. (1715) La critique du théâtre anglais « CHAPITRE II. L’Impiété du Théâtre Anglais. » pp. 93-168

est dans une contrée de la Chrétienté ; sans que la Religion y soit pour cela plus respectée. […] Mais pourquoi le Poète nous y avertit-il de la Religion de Sancho ? […] et Echine est tout à fait dégoûté d’un mariage conforme à la Religion. […] et le Chœur observe que les Dieux ne manquent point de punir l’impiété et le mépris de la Religion. […] La conduite peut-elle être la même de part et d’autre, lorsque la Religion est si différente ?

28. (1838) Principes de l’homme raisonnable sur les spectacles pp. 3-62

Mais hâtons-nous d’écouter la Religion. […] Pour ceux auxquels la Religion se fait encore entendre, voici les principes d’après lesquels ils pourront se juger. […] Ces amusements sont donc inconciliables avec la sainteté de la Religion. […] Car, dans la Religion, il n’est point de milieu. […] L’effet de ces étranges contrastes peut-il jamais tourner au profit de la Religion et des Mœurs ?

29. (1665) Lettre sur les observations d’une comédie du sieur Molière intitulée Le Festin de Pierre « [Lettre] » pp. 4-32

Je ne doute point que vous n’admiriez d’abord son adresse, lorsque vous verrez qu’il couvre du manteau de la religion tout ce qu’il dit à Molière. […] Son jeu ne doit point avoir de démêlé avec la religion, et la charité qui fait parler l’auteur des Observations n’exigeait point de lui cette satire. […] Mais ce qui regarde la religion perçant jusques à l’âme, il n’est pas permis d’en parler, ni d’accuser si publiquement son prochain. […] Elle sait que l’histoire dont le sujet est tiré est arrivée en Espagne et que l’on l’y regarde comme une chose qui peut être utile à la religion et faire convertir les libertins. […] Il faut avoir de grandes lumières pour s’en défendre, il dit beaucoup et prouve encore davantage, et comme cet argument est convaincant, il doit avec justice faire douter de la véritable religion.

30. (1762) Lettres historiques et critiques sur les spectacles, adressées à Mlle Clairon « Lettres sur les Spectacles à Mademoiselle Clairon. — LETTRE IV. » pp. 68-81

Là, Mademoiselle on prend du dégoût pour les mystéres de la Religion, qui mortifient la curiosité, au lieu de la piquer. […] Voilà l’une des sources du Déisme qui fait aujourd’hui des progrès si rapides : on ignoroit ce monstre, tandis que la bonne Comédie étoit ignorée, le rétablissement de cette partie des Lettres, a fait tomber en décadence la simplicité de la foi ; c’est depuis cette époque fatale à la Religion, que les incrédules se sont tellement multipliés, qu’un étranger arrivant en France, sur-tout dans les grandes Villes, & n’étant pas prévenu, auroit bien de la peine à se persuader que nous habitons un Royaume où la Religion Catholique est la seule tolérée. Outre l’impression générale du Spectacle sur la Religion des assistans, les Acteurs ont souvent sur les lévres le langage de l’impiété : il faut des traits hardis pour réveiller l’attention, & pour flatter le goût peu chrétien du siécle ; c’est un moyen sûr d’être applaudi, & d’en imposer aux sifflets du Parterre. […] C’est un Auteur entierement décrié du côté de la Religion. […] J’en conviens, mais ce sont des Chrétiens qui leur mettent ces blasphémes dans la bouche : jugeroit-on, en assistant à la représentation de leurs Tragédies, qu’ils n’ont point pensé comme Sophocle & Euripide en matiere de Religion.

31. (1762) Lettres historiques et critiques sur les spectacles, adressées à Mlle Clairon « Lettres sur les Spectacles à Mademoiselle Clairon. — Extrait des Registres de Parlement, du 22 Avril 1761. » pp. 210-223

Par ce détour artificieux, l’Auteur s’est donné la coupable licence de hazarder les propositions les plus contraires à la Religion & aux bonnes mœurs, & de confondre la nature & les bornes des deux Puissances. […] On ajoute : elle ne trouve de vraie gloire, qu’à répandre dans le Sanctuaire de la Religion qu’elle professe, celle que la France lui défere . Il y a plus : la Nation & la Religion doivent à l’envi former l’éloge de cette femme forte, qui prend en main la défense d’un Citoyen fidéle. […] Ce n’est qu’un tissu de propositions scandaleuses, de principes erronés, de fausses maximes & de propos injurieux à la Religion, contraires aux bonnes mœurs, attentatoires aux deux Puissances. […] Le cri public qui s’est élevé contre ce Livre, à l’instant qu’il a paru, nous a porté à en faire un prompt examen, avec plusieurs de nos Confreres, & à rendre l’avis de l’ordre dans une Assemblée générale, qui, pour manifester la pureté de nos sentimens & la sévérité de notre discipline, a d’une voix unanime retranché du nombre des Avocats, l’Auteur, & m’a chargé de dénoncer son Ouvrage à la Cour, dont le zéle en matiere de Religion, de bonnes mœurs & de Police publique, se manifeste en toute occasion.

32. (1777) Des divertissements du Carnaval « Des divertissements du Carnaval. » pp. 92-109

Est-ce une moquerie que notre Religion ? […] Et pour peu qu’on ait de teinture de religion, on ose même dire, de raison, peut-on donner dans une telle illusion ? […] N’est-ce pas se jouer de notre Religion que de donner au public de pareilles scènes ? N’est-ce pas décrier par une conduite si irrégulière les plus saintes cérémonies de la Religion ? […] La raillerie en matière de Religion n’ébranle jamais un cœur droit et sincère, elle ne fait peur qu’à ceux que la vertu a déjà effrayés.

33. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 1 « CHAPITRE VIII. De la Comédie les jours de fête. » pp. 159-179

Quel contraste dans le sein de la religion ! […] Et chez des Princes Chrétiens l’intérêt de la religion l’emporta toujours sur celui de la politique. […] Attendons tout du zèle des Parlements sur l’objet le plus pernicieux à la religion et aux mœurs. […] Il en est peu que la religion ne condamne, que la vertu ne redoute, que la pénitence n’interdise. […] Non : c’est celui de tous les Pères, de tous les conciles, c’est celui de la religion.

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