mais à l’élevation, à la pénétration, au génie de Moliere, porte à faux.
Comme il n’y a rien qui excite si puissamment au bien que les exemples et les histoires des Saints ; aussi n’y a-t-il rien qui porte davantage aux vices que les aventures des personnes mondaines, et la représentation de leurs passions ; surtout quand elles sont exprimées agréablement et d’une manière qui touche les sens.
: « […] convenons que, l’intention de l’Auteur étant de plaire à des esprits corrompus, ou sa morale porte au mal, ou le faux bien qu’elle prêche est plus dangereux que le mal même […] » dr.
« Jetez-vous sur les injures, lui dites-vous,aj vous êtes appelé à ce style, et il faut que chacun suive sa vocation. » Vous pensez donc que la vocation porte au mal et aux injures.
Il porte pour devise, Nul ne s’y frotte. […] Le principal personnage dont cette Piece porte le nom, étoit un nommé Patelin.
Mais ne nous arrestons point en si beau chemin, ne dissimulons point les desordres de la comedie, & ne l’épargnons point, puis qu’elle n’épargne rien, & qu’elle porte la corruption dans les puissances de l’ame, aussi bien que dans les sens du corps ; n’est-t-il pas veritable que l’esprit s’y remplit des foles & dangereuses idées de tout ce que l’on a vû & oüy, & que ces idées que S. […] Hæ voluptates, hæc spectacula Christianorum sancta, perpetua, gratuita , voilà les innocentes voluptez & les agreables spectacles des Chrétiens, mais spectacles saints, perpetuels, & libres ; Saints, puisque la sainteté s’y perfectionne, & que la vertu s’y purifie ; perpetuels, puis que la scene est par tout, & que par tout on y voit de rares exemples de piété & de religion ; libres, puisque les portes des Eglises sont toûjours ouvertes, que l’entrée n’est point venale, & qu’il est permis à tout le monde d’assister à la celebration de ses mysteres, sans donner ny or ny argent.
Tout ce qui se fait dans les représentations malheureuses, ne porte qu’au mal, dit saint Chrysostôme : les paroles, les habits, le marcher, la voix, les chants, les regards des yeux, les mouvemens du corps, le son des instrumens, les sujets mêmes, les intrigues des comédies ; tout y est plein de poison, tout y respire l’impureté. […] On est assez persuadé que la représentation des passions agréables porte naturellement au péché, quand ce ne seroit qu’en flattant & en nourrissant, de dessein prémédité, la convoitise qui en est le principe. […] La mortification, la priere, les bonnes lectures, la fréquentation des Sacremens, voilà ce qui faisoit vos délices en nourrissant votre piété : mais depuis que votre cœur s’est livré à ces divertissemens contagieux où vous porte votre penchant, vos sens amollis insensiblement vous ont fait donner dans les plus grands excès, & vous vous êtes si familiarisés avec le crime, qu’étonnés de votre corruption, vous désespérez presque de sortir de votre misere : voilà la plaie sanglante que tant de fidéles reçoivent à cette école, le poison des mœurs innocentes.
Quelle porte ouverte aux enfans pauvres, paresseux, libertins, que celle des théâtres !