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79. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE VII. Du Père Porée. » pp. 149-177

fuyez, peste des mœurs, corruption des cœurs, furie des familles, fuyez. […] Mais il faut plaire aux spectateurs, qui la plupart ne cherchent & ne goûtent que le vice : nouvelle source de la corruption des spectacles. […] des gens curieux, légers & frivoles, qui veulent tout voir, excepté eux-mêmes ; des gens oisifs & paresseux, dont l’unique occupation est de ne rien faire, l’unique soin de n’avoir aucun soin, passant du lit à la table, de la table au jeu, du jeu au spectacle, sans discernement & sans goût ; des gens accablés d’affaires, qui comme dans un port après l’orage vont à la comédie se délasser ; des gens fatigués de querelles domestiques, qui vont s’y consoler ; des gens sans caractère, esclaves de la coutume, qui y suivent la mode & la foule ; de vrais libertins, qui veulent satisfaire leur goût pour le vice, & repaître leurs yeux & leur imagination d’objets impurs ; des jeunes gens, qui sous les drapeaux de la galanterie courent apprendre le rôle, le langage & les maximes de l’amour, & s’enfoncer de plus en plus dans le bourbier de la corruption. […] La licence du siecle, la corruption des mœurs, l’indifférence pour la religion, réduite presqu’aux seules bienséances, sont les fruits nécessaires du spectacle. […] Il caractérise l’inhumanité, l’irréligion, la corruption des spectateurs, qui s’embarrassent peu qu’on se damne, pourvu qu’ils se divertissent : sentiment & conduite qui les damne eux-mêmes.

80. (1823) Instruction sur les spectacles « Chapitre XI. Les pères et mères perdent leurs enfants en les conduisant ou en leur permettant d’aller aux spectacles. » pp. 105-107

« Ces principes de corruption reçoivent une nouvelle force des spectacles publics où les pères et mères ont l’imprudence de les conduire.

81. (1590) De l’institution de la république « QUATORZIEME TITRE. Du Théâtre et Scène. » pp. 507-508

Mais de notre temps il n’est point de besoin, de dresser des Théâtres, d’autant que toutes les farceries, Tragédies et Comédies ne sont plus en usage comme du passé, ains ont été rejetées et bannies des villes, tant pour garder les mœurs honnêtes et vertueuses, que pour la sainteté et révérence de la vraie Religion Chrétienne, laquelle ne permet telles corruptions et déguisements.

82. (1743) De la réformation du théâtre « De la réformation du théâtre — PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE III. Réflexions sur le renouvellement du Théâtre. » pp. 36-41

Le Théâtre recommença par les représentations saintes ou morales : Peu de temps après, la corruption y mêla du profane, et le Public les goûta davantage.

83. (1694) Réfutation des Sentiments relâchés d'un nouveau théologien touchant la comédie « Réfutation des sentiments relachés d'un nouveau Théologien touchant la Comédie. » pp. 1-190

Le but de Tertullien dans ce Chapitre 2 est de faire voir que tout ce que Dieu a créé, est bon, et que s’il y a quelque chose sur la terre que l’on trouve mauvais et nuisible, cela ne vient que de la malice des hommes, de leur corruption et du mauvais usage qu’ils font des créatures de Dieu. […] Mais tout ce qui fait l’honnête homme selon le monde, ne suffit pas pour faire le Chrétien : c’est dans ces mêmes honnêtes gens, selon le monde, que la corruption du cœur est quelquefois plus grande ; mais comme j’ai déjà dit, elle ne paraît pas toujours au dehors. […] Dans toutes les autres professions que la cupidité et la corruption de l’homme n’a pas inventées parmi les personnes qui vivent dans le désordre, il y en a toujours quelqu’une qui se distingue des autres par sa vertu et par sa piété ; mais si on a pu dire de quelque Comédien ou de quelque Comédienne, c’est un honnête homme, c’est une honnête femme, a-t-on jamais pu dire, c’est un homme d’une piété exemplaire, c’est une femme d’une vertu austère : d’où vient cela, si ce n’est, de ce que leur profession n’est point un ouvrage de Dieu, mais de la corruption de l’homme, et que la piété et l’innocence ne peuvent pas compatir avec elle. […] Ne confondez pas les infamies, il y en a sans doute de plusieurs sortes, et qui viennent de plusieurs endroits ; mais il n’y en a pas de plus noire ni de plus durable que celle qui vient de la corruption du cœur répandue dans nos actions, que les Canonistes appellent « ex delicto ». […] Comment donc voulez vous que dans une si grande corruption qu’ils portent en eux-mêmes et qu’ils répandent partout, l’harmonie de leur âme ne soit pas entièrement dissipée ?

84. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 1 « CHAPITRE VII. De l’idolâtrie du Théâtre. » pp. 143-158

La corruption des mœurs en était une partie ; présenter le tableau de leurs désordres, c’était chanter leurs louanges ; les imiter, c’était les honorer : « Quod Divos decuit, cur mihi turpe putem ?  […] C’était la théologie du temps : la corruption des mœurs, qui en était, comme aujourd’hui, le fruit nécessaire, n’était pas regardée avec les mêmes yeux que par les Chrétiens ; il s’en fallait bien que chez eux les regards, les désirs, les paroles, les pensées fussent des crimes, comme ils le sont sous l’Evangile. […] Cette coupe, pleine de toute la corruption de la volupté, réveille la concupiscence de la chair.

85. (1823) Instruction sur les spectacles « Préface. » pp. -

» Nous ne nous flattons pas que ce petit écrit fera fermer les spectacles et abolira des plaisirs que la corruption a si bien établis.

86. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « LIVRE QUATRIEME. » pp. 1-3

Je ne parle pas même ici de la galanterie, qui sans doute est une des sources les plus fécondes de la corruption, je ne parle que des autres passions dont il nourrit, dont il allume tous les feux.

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