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202. (1761) Les spectacles [Querelles littéraires, II, 4] « Les spectacles. » pp. 394-420

L’Oratorien traita le Théatin de faux frère, de prévaricateur, de ministre traître à son dieu & aux hommes, auxquels il applanissoit le chemin de perdition.

203. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE IX. Spectacles de la Religion. » pp. 180-195

Tous vos Dieux & vos Déesses sont des débauchés & des corrupteurs.

204. (1694) Sentiments de l’Eglise et des Pères « CHAPITRE II. Excellentes raisons qui ont porté les Pères de l’Eglise à condamner les Comédies, et à les défendre aux Chrétiens. » pp. 12-28

Une horrible peste ravageant toute la Ville, dit-il, les habitants après avoir inutilement employé toutes sortes de remèdes, et s’avisèrent enfin d’instituer les Jeux Scéniques, croyant apaiser par là leurs Dieux, c’est-à-dire, les démons, « omnes Dit gentium dæmonia ».

205. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE VIII. De la Folie. » pp. 163-179

De là des danses de toute espèce, légères, graves, majestueuses, badines, bouffonnes, etc. qui peignent les mouvements de l'âme, des danses de Guerriers, de Bergers, de Paysans, de Furies, de Dieux, de Démons, de Cyclopes, d'Indiens, de Sauvages, de Mores, de Turcs, qui caractérisent les professions et les peuples ; de là ces mouvements compassés de la tête, des pieds, des bras, des mains, etc. qui tous doivent se réunir de concert pour former les traits du tableau ; de là tous les divers habits et parures analogues à ce qu'on veut représenter, mais qui tous élégants, dégagés, propres, conservent et rendent saillante la taille et la forme du corps, qu'ils laissent admirer ; de là cette souplesse moelleuse, cette mobilité coulante, cette marche gracieuse, cette symmétrie des pas, ces figures entrelaçées, cette espèce de labyrinthe où à tout moment on se perd et on se retrouve ; de là ces innombrables combinaisons de plusieurs danseurs qui se cherchent, se fuient, s'embarrassent, se dégagent, se parlent par gestes, varient à tous les moments la scène, mais qui dans tous leurs mouvements les plus compliqués, toujours soumis au coup d'archet, semblent n'agir que par la même impulsion.

206. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre premier.  » pp. 4-42

Les suppots de Thalie sont Politheistes, leur Réligion admet la pluralité des Dieux ; ils adorent bien les actrices, ces divinités si bienfaisantes ; on veut adorer plusieurs Génies aussi : chacun le sien, l’Infant Duc ne prétend point de privilege exclusif, cette déification est singuliere ; on n’avoit point fait encore de pareilles apothéoses ; être divinisé pour avoir donné des prix à quelques Drames, & formé une école de comédiens ; c’est acquerir la Divinité à peu de frais : mais je crois que sans prendre un si grand essor, ni vers les Grecs ni vers l’Olimpe ; on peut faire honneur à la France, de ses divers établissements. […] Pour l’opera venu d’Italie en France avec la bénédiction du dévot Cardinal Mazarin, qui ne sçait que le spectacle des Dieux, & des démons, des magiciens & des prodiges, est une affaire de la derniere importance, chez les deux Nations ?

207. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre treizieme « Réflexions morales, politiques, historiques,et littéraires, sur le théatre. — Chapitre [V].  » pp. 156-192

S. ce prétexte faisoit agir, on devroit bien plus bannir les images des Dieux de la fable. […] Les Dieux, dit le Poëte, se servent de cet instrument pour venger l’univers.

208. (1694) Réfutation des Sentiments relâchés d'un nouveau théologien touchant la comédie « Réfutation des sentiments relachés d'un nouveau Théologien touchant la Comédie. » pp. 1-190

Je ne prétends pas faire une grande dissertation sur la diversité de ces Spectacles, assez d’Auteurs en ont parlé ; mais par la distinction que chacun peut en faire, pour peu que l’on connaisse l’antiquité, on mettra une grande différence entre les Spectacles des anciens qui faisaient une partie de leur culte et de leur idolâtrie, les Fêtes dédiées et consacrées à leurs Dieux, leurs Bacchanales, Lupercales, Courses, Luttes, etc. et leurs Pièces de Théâtre Tragiques, Tragicomiques et Comiques. […] Je remarque que les plus sages et les plus réglés d’entre les Païens étant persuadés que le Peuple faisait consister presque tout son culte et son idolâtrie dans les Fêtes dédiées à leurs Dieux, dans certains Spectacles et dans les infamies qui s’y passaient ; ils n’avaient garde de s’opposer à ce torrent, et se dispensaient de déclamer contre des choses qu’ils détestaient dans le fond du cœur, et pour lesquelles ils avaient beaucoup d’horreur ; ils se taisaient, dis-je, de peur de passer parmi le peuple pour impies et pour libertins. […] L’on sait assez quel était le dessein de Cicéron dans son Livre De la Nature des Dieux ; cependant voyez les tours qu’il a pris pour combattre la pluralité des Dieux, et ses ménagements pour ne pas passer pour un impie. […] 9 » Que dirai-je de ces inutiles et vaines occupations de la Comédie, de ces folles clameurs de la Tragédie, je dis que quand même ces Spectacles ne seraient pas consacrés aux Dieux, les Chrétiens n’y doivent point assister, parce que quand ils ne renfermeraient rien de criminel, on y trouve toujours une très grande vanité, ou un vain amusement très dangereux et peu convenable à des fidèles.

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