« Dans toutes les autres pièces de Molière, le personnage ridicule est toujours haïssable ou méprisable ; dans celle-ci, quoique Alceste ait des défauts réels, dont on n’a pas tort de rire, on sent pourtant au fond du cœur un respect pour lui, dont on ne peut se défendre… Molière était personnellement honnête homme ; et jamais le pinceau d’un honnête homme ne sut couvrir de couleurs odieuses les traits de la droiture et de la probité. […] Rousseau sait bien que le mensonge n’est pas dans les mots ; et il me serait aisé de lui prouver, par son propre exemple, que, sans déguiser la vérité, on peut la couvrir d’un voile modeste. […] Les spectacles y sont utiles, non pour perfectionner le goût, quand l’honnêteté est perdue, mais pour encourager l’honnêteté même par des exemples vertueux et publiquement applaudis ; non pour couvrir d’un vernis de procédés la laideur du vice, mais pour faire sentir la honte et la bassesse du vice, et développer dans les âmes le germe naturel des vertus ; non pour empêcher que les mauvaises mœurs ne dégénèrent en brigandage, mais pour y répandre et perpétuer les bonnes, par la communication progressive des saines idées, et l’impression habituelle des sentiments vertueux ; en un mot, pour cultiver et nourrir le goût du vrai, de l’honnête et du beau, qui, quoi qu’on en dise, est encore en vénération parmi nous.
Quand les Danois assemblés par Représentans en 1660 déférèrent à leur Roi l’autorité la plus illimitée, certainement ils se couvrirent d’opprobre aux yeux de tous les Peuples qui avoient alors quelque idée du droit politique ; mais si les Danois aujourd’hui se rappelloient qu’ils sont des hommes, & qu’il ne convient pas à des hommes d’obéir au caprice d’un seul, vous ne pensez pas que l’ignominie de leurs ancêtres peseroit encore sur eux.
Tous ces défauts un peu couverts par la parure, & réparés par le fard, étoient alors à nud sur une tête dans le plus grand désordre.
Le geai ne se voit pas sans peine dépouillé des plumes du paon : il en est pourtant qui ne sont couvert que de haillons par l’imitation maussade qu’on en a faite, & la licence dont on les a chargées, que l’original ne se permet pas, & qui en donne des idées défavorable très-injustement.
On sort tout armé du sein de la mere, comme Pallas du cerveau de Jupiter ; en ouvrant les yeux, on est couvert des drapeaux comme des langes.
Il montre que c’est un exercice indigne d’un homme sage, qui ne peut que le couvrir de honte ; que ces agitations, ces gestes, ces dissolutions, cette évagation, sont aussi ridicules qu’infames & scandaleuses, & dangereuses pour les mœurs ; que ce n’est pas même un vrai plaisir, mais une ivresse & un délire ; & que si la folie n’étoit comme naturalisée dans la plupart des hommes, on auroit horreur de la danse, on ne verroit les danseurs qu’en pitié, comme des forcénés, &c.
comme les neiges couvrent les volcans sans se fondre.