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154. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Quatrième Lettre. De madame Des Tianges. » pp. 28-32

C’est avec cette créature qu’ils goûtent tous leurs plaisirs : ceux d’une union légitime sont devenus sans piquant & sans saveur ; ils ne sont plus connus que d’un petit nombre d’honnêtes gens, assez heureux pour avoir rencontré de ces femmes rares tendres sans fadeur, plus propres que magnifiques, belles sans hauteur, caressantes sans importunité ; qui, faites pour le plaisir, sont aussi réservées & plus vertueuses que les froides. C’est une belle, une sage loi, sans doute, que celle qui défend le divorce ; mais qu’elle cause d’abus !

155. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre XIV. De l’usage de composer des Pièces, ou des Rôles pour un ou plusieurs Acteurs. » pp. 219-233

Dans l’un & l’autre cas, on à beau s’échauffer, donner l’essor à son esprit, appeller à son secours son propre génie ; il semble que ce génie jaloux de l’invention de ses sujets & de la liberté de les traiter, se refuse à la moindre contrainte, & prend en aversion tout ce qui a l’air du commandement. […] Qu’on joindra aux difficultés, déjà si grandes dans la composition d’un beau Poëme, les difficultés plus grandes encore d’y encadrer le jeu des Comediens, de faire une si juste combinaison de leurs qualités, qu’elles ne nuisent point aux caractères ni aux mœurs des personnages. […] C’est un ressort étranger qui met en mouvement une belle machine qui sembloit en repos, mais qui n’ajoute rien à sa perfection ; puisque le mouvement n’est qu’un accident, une modification qui n’est ni bonne ni mauvaise par elle-même.

156. (1667) Lettre sur la Comédie de l'Imposteur « Lettre sur la Comédie de l’Imposteur » pp. 1-124

Enfin, comme elle est en beau chemin, Monsieur arrive. […] Panulphe, qui le voit en beau chemin, l’anime encore davantage, en s’allant mettre à genoux devant Damis et lui demandant pardon, sans dire de quoi. […] Après avoir exposé ce beau projet, il vient au Bigot de plus près, et avec la plus grande humilité du monde, et tremblant d’être refusé, il lui demande fort respectueusement, « s’il n’acceptera pas l’offre qu’il lui propose ». […] Après cette belle résolution, il fait lever sa fille et lui dit que, « si elle cherche à s’humilier et à se mortifier dans un Couvent, d’autant plus elle a d’aversion pour Panulphe, d’autant plus méritera-t-elle avec lui ». […] Ce caractère est si beau, que je ne saurais en sortir ; aussi le Poète, pour le faire jouer plus longtemps, a employé toutes les adresses de son art.

157. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « V. Si la comédie d’aujourd’hui purifie l’amour sensuel, en le faisant aboutir au mariage.  » pp. 19-24

Ceux qui ont laissé sur la terre de plus riches monuments n’en sont pas plus à couvert de la justice de Dieu : ni les beaux vers, ni les beaux chants ne servent de rien devant lui, et il n’épargnera pas ceux qui en quelque manière que ce soit, auront entretenu la convoitise.

158. (1689) Le Missionnaire de l’Oratoire « [FRONTISPICE] — Chapitre » pp. 7-8

Chrysostome faisant un beau commentaire sur ces paroles de S. […] On les dit d’ordinaire par esprit de vanité, pour être estimé gentil, de belle humeur et habile homme, qui sait bien entretenir et réjouir une compagnie.

159. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE V. Du Mensonge. » pp. 100-113

Aussi toutes occupées à cultiver, à embellir, à étaler leur prétendu mérite, elles ne sont plus ni épouses, ni mères, ni filles, encore moins Chrétiennes, elles ne se piquent que d’être belles. […] Il a les plus belles qualités, bienfaisant, libéral, courageux, généreux (ce qui est dans la réalité absolument faux ; un menteur n’a ni probité, ni honneur, ni magnanimité : Est-il vice plus bas, est-il tache plus noire ? […] Ce menteur, que tout devroit chasser, par-tout fêté, loué, aimé, obtient enfin, des deux maîtresses qu’il a trompées, la plus belle & la plus aimée. […] Que de graves apologistes, Marmontel, Boursault, Fagan, Laval, &c. ces vénérables Pères de l’Église, viennent nous dire d’après Arlequin, la comédie corrige les mœurs, castigat ridendo mores, le vice y est toûjours puni, c’est une école excellente de vertu, &c. nous les prierons d’enchasser ces belles tirades dans la comédie du Menteur, dont elles pourront alonger les scènes, & de compter pour quelque chose Aristote, Horace, Plaute, Térence, dont le grand Corneille emploie l’autorité, & ce père du théatre lui-même, qui les valent bien, ne fût-ce que pour la droiture & la sincérité. […] Non, j’ose le dire, un amateur du théatre ne sauroit être droit & sincère ; tout lui dit : Par un si bel exemple apprenez à mentir.

160. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre IV. Suite d’Anecdotes Ecclésiastiques. » pp. 106-132

Vous avez beau vous couvrir de diamans & de perles, vous n’êtes jamais que vous-même : cet éclat étranger n’est pas vous. […] Sa sœur aussi parée paroît souvent habillée en homme, ses beaux & longs cheveux frisés, poudrés, flottant sur ses épaules : ce qu’on appelle ici, queue de renard : Le clergé, qui lui fait assiduement sa cour, l’accompagne par-tout. […] Voici un usage de ce diocèse qui tient du comique : dans certaines cérémonies on met un beau fauteuil dans la chaire de la cathédrale, l’évêque s’y place pour prêcher le peuple & montrer des reliques. […] Le peuple qui entend de loin une belle voix, ne peut pas distinguer de quel gosier elle part, l’attribue à son pasteur, & admire la beauté de son organe, sa science musicale, & la finesse de ses inflexions : le clergé qui l’environne en rit. […] Ces deux talens ne sont pas toujours unis dans la même personne : tel a une belle voix qui n’a point de gestes, tel est pantomime & n’a pas de voix : en joignant les deux acteurs on peut en faire un rôle parfait.

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