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133. (1819) La Criticomanie, (scénique), dernière cause de la décadence de la religion et des mœurs. Tome II « Résumé et moyens de réformation. » pp. 105-200

Ces devoirs seraient imposés aux maîtres de la scène, et aux auteurs des poèmes, sous des peines inévitables. […] Les premières attaques publiques, en réparation de la sorte de calomniés que les auteurs commettraient parfois ainsi, loin d’alarmer, devront faire présager une heureuse révolution. […] J’engage les lecteurs qui ne sentiraient pas assez la faiblesse des raisons par lesquelles on veut prouver que les auteurs ne font pas cause commune ici avec les acteurs, à se rappeler les discussions et les dernières lois sur la liberté de la presse. Ils verront que les auteurs de tout genre, lorsqu’ils sont connus, sont seuls responsables, coupables, punissables, et au moins aussi infâmes que leurs agents, quand infàmie il y a. On sait que les savants solitaires, ou Misantropes, de Port-Royal, et notamment le fameux Nicole, traitent les auteurs de comédies, comme les comédiens, d’empoisonneurs publics.

134. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre VI. Dorat. » pp. 141-175

Nous avons parlé ailleurs de ces deux sujets, ajoutons quelques coups de pinceau au portrait de l’Auteur. […] L’Auteur n’entend pas le grec ; Madame Dacier l’entendoit, & des chansons de crapule ne sont pas difficiles à traduire ; Mais on ne trouve rien de fort agréable dans sa traduction. […] L’auteur peut-il traiter le conte de l’âne d’or si grossiérement obscene, si généralement méprisé, de chef-d’œuvre de gaieté, de finesse, de narration ? […] Le Philosophe Platonicien a bien des choses estimables qui sont oublier cette honteuse tache ; cette tache revient souvent & trop vivement dans l’Auteur moderne pour être oubliée. […] Elle peint encore d’autres Auteurs qu’on voudroit faire estimer, & que l’on décrie.

135. (1769) Réflexions sur le théâtre, vol 8 « Réflexions sur le théâtre, vol 8 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE HUITIEME. — CHAPITRE VII. Du Père Porée. » pp. 149-177

Comme il n’avoit plus d’intérêt de Corps ni d’Auteur à ménager, il suit toute la vivacité de son zèle & toute l’impression de la vérité. […] Si les Auteurs & les Acteurs s’abandonnent à la licence par goût, les spectateurs n’en sont pas moins coupables ; il ne tient qu’à eux de les corriger. […] Ces leçons seroient efficaces : on n’auroit plus à se plaindre des Auteurs ni des Acteurs. […] Plusieurs Auteurs ne condamnent que la comédie licencieuse, &c. […] Est-il permis, continue cet Auteur, de donner aux Comédiens ?

136. (1731) Discours sur la comédie « Lettre à Monsieur *** » pp. -

Je ne puis vous exprimer le plaisir que cette Lettre m’a donné : car outre que tout le monde doit être édifié des sentiments humbles et chrétiens dont elle est pleine, je vois avec joie que quelques mots un peu trop forts qui m’avaient échappé dans les Discours ne tombent que sur un Fantôme, et sur un Auteur inconnu, qui pour défendre la Comédie, s’est servi mal à propos du nom ou du moins des qualités d’un Prêtre et d’un Religieux tel que le R. […] IL paraît par la Lettre précédente, que l’Auteur des deux Discours qui suivent ne les estime pas assez pour les faire imprimer. […] Ainsi l’on n’a pas cru que la modestie de l’Auteur dût en empêcher l’impression.

137. (1666) Dissertation sur la condemnation des théâtres « Disseration sur la Condemnation, des Théâtres. — Chapitre II. Que la représentation des Comédies et Tragédies était un acte de Religion parmi les Grecs et Romains. » pp. 36-56

Sophocles introduisit trois Acteurs parlant ensemble dans la Tragédie, avec d'autres embellissements qui lui donnèrent sa dernière perfection ; et nous voyons clairement cette première vérité dans les écrits de Donat, et de plusieurs célèbres Auteurs, qui nous apprennent que ces deux Poèmes ne furent au commencement qu'un Hymne Sacré en l'honneur de Bacchus, chantée et dansée par de grands Chœurs de Musique dans les Temples. […] Et ces représentations qui se faisaient sur le Théâtre, étant consacrées à ces Dieux imaginaires qu'ils en faisaient les auteurs, ils étaient ordinairement donnés aussi bien que les autres Jeux, pour les remercier « Excogitata cultus Deorum et hominum delectationis causa. » l. 2. c. 4. […] , et de tous les Auteurs des Mythologies. […] « Sors que vous êtes, je représente un furieux. » Mais sans rechercher d'autres preuves de l'usage religieux des Tragédies et des Comédies, il leur faut attribuer toute la superstition des autres Spectacles ; Car quand les Auteurs écrivent que les Jeux de Théâtre étaient donnés au peuple par les Magistrats, et qu'ils n'en désignent point quelque espèce particulière, il y faut presque toujours comprendre les représentations des Poèmes Dramatiques, qui n'en furent guère séparées dans les derniers temps, et les témoignages des bons Auteurs que nous rapporterons dans la suite de cette Dissertation, autoriseront encore ces vérités.

138. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre I. Diversités curieuses. » pp. 5-37

L’Auteur s’est proposé d’imiter M. de Fenelon, & de faire de son Néoptoleme une suite de Telemaque. […] Voudroit-il en conclure que ces auteurs ont puisé dans l’écriture ? […] L’Auteur est assez peu Poëte pour se croire inspiré d’Apollon, & se donner pour tel. […] Je ne sais pourquoi l’Auteur de cette rapsodie est un protestant. […] Que penseroient-ils des Auteurs, des Acteurs, des spectateurs d’un siecle qui l’enfante & y applaudit ?

139. (1744) Dissertation épistolaire sur la Comedie « Dissertation Epistolaire sur la Comedie. — Reponse à la Lettre précedente. » pp. 16-18

L’Auteur de la lettre nous auroit obligées, s’il eut pris la peine de nous dire, si les personnes, tels qu’ils soient, qui ont cet heureux charactére, pecheroient, quand ils useroient moderément ce divertissement. […] Après qu’elle en avoit fait la lecture ; hé mon Dieu, s’écria-t-elle, en soûriant d’un ris malin & dedaigneux, cet Auteur nous veut faire peur d’une ombre ! […] En tout cas les Souverains la permettent : & ici, mon Pere m’y amene, ou ma Parente Madame de *** que l’Auteur lui-même, s’il la connoissoit, n’oseroit condamner d’une vie peu Chrêtienne : aussi n’y peut-il pas être grand mal ; car je ne vois nulle part dans la lettre, que la Comedie soit qualifiée de pêché mortel.

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