Saint Charles qui ne pouvant détruire les Théâtres, obtint qu’on les rendit moins dangereux, ne voulut jamais souffrir qu’on représentât des Histoires saintes et le savant et pieux Mariana Jésuite écrivit pour l’Espagne, qu’il valait encore mieux permettre aux Comédiens des sujets profanes, que de souffrir qu’ils en représentassent de saints. […] La cause la plus générale de cette altération, c’est que l’esprit de l’Ecriture est entièrement opposé à ce qu’on cherche à la Comédie, c’est à-dire, que ceux qui fréquentent le Théâtre, ne sauraient souffrir qu’on y exposât la fin pour laquelle tout est écrit, et qu’on y développât les maximes qui sont comme la clef de l’Ecriture, le point fixe auquel tout se réduit, et sans lequel on n’y entend plus rien, on la corrompt et on l’altère. […] appelle chaque partie de l’Ecriture ou prêchée, ou écrite, des perles saintes, nom que les Grecs ont toujours donné aux petites parcelles de la Sainte Eucharistie Lib.
« On prend une Histoire qui plaît, dit l’Abbé d’Aubignac, & sans savoir ce qu’elle a de convenable, ou de mal-propre à la scène, sans regarder quels ornemens, ou quels inconviens il faut éviter. » On se met au travail : tout ce qu’on écrit est délicieux.
Visa, et scellé en lacs de soie de cire verte ; au dos desquelles Lettres était écrit : Le Lundi douzième jour de Mars, l’an quatre cent deux ; Jean Aubery, Jean Dupin, et ...
Outre ces deux endroits il y a nombre d’autres expressions dans le cours de la Pièce qui sont choquantes, et qu’on n’oserait pas écrire de notre temps, même sur notre Théâtre tel qu’il est.
Je ne me serais d’ailleurs jamais avisé d’écrire contre la Comédie, si on l’eût laissée telle qu’elle est, et que l’on n’eût pas troublé le silence où l’on était à son égard. […] De sorte que n’ayant eu pour but que de justifier la Comédie moderne, et étant le premier à condamner l’ancienne, on ne peut s’empêcher de lui demander en passant pourquoi il a cherché à affaiblir les condamnations prononcées contre cette ancienne Comédie, à critiquer ceux qui ont écrit contre elle, et à détourner le vrai sens des Conciles et des Rituels qui la proscrivent. […] « Qu’il faut qu’un galant homme ait toujours grand empire Sur les démangeaisons qui nous prennent d’écrire ; Qu’il doit tenir la bride aux grands empressements Qu’on a de faire éclat de tels amusements ; Et que par la chaleur de montrer ses ouvrages, On s’expose à jouer de mauvais personnages ; … … … … … … … … qu’un froid écrit assomme ; Qu’il ne faut que ce faible à décrier un homme ; Et qu’eût-on d’autre part cent belles qualités, On regarde les gens par leurs méchants côtés. […] Il veut voir des défauts à tout ce qu’on écrit, Et pense que louer n’est pas d’un bel esprit, Que c’est être savant que trouver à redire ; Qu’il n’appartient qu’aux sots d’admirer et de rire, Et qu’en n’approuvant rien des ouvrage du temps, Il se met au-dessus de tous les autres gens. […] S’il eût écrit contre la Comédie, aurait-il pu employer une autorité plus convaincante que ce Discours ?
2 mais l’auteur est si méprisable, tant par la façon de penser, que par les mœurs qu’il affecte, que je n’en ai fait que rire : en effet, peut-on s’offenser d’un écrit rempli de fiel & de passion ? […] Plus je cherche à pénétrer les raisons qui l’ont fait écrire, moins je puis les trouver. […] Le motif qui me fait écrire, doit, je crois, m’attirer les suffrages de ceux qui ne me connaissent pas. […] Voici ce qu’écrit M. de Voltaire au sujet des Acteurs & Actrices Anglaises à Mr Fakéner, vol. 3, p. 14. « Le Chevalier Stécle & Chevalier Vanbrouk étaient en même tems Auteurs Comiques & Membres du Parlement. […] Siécle, l’un des plus laborieux écrivains ; ce fut lui qu’Henri IV. consulta pour savoir si l’on pouvait se sauver dans l’Eglise Romaine : il repondit qu’on le pouvait ; mais cela ne l’empêcha pas d’écrire ensuite avec emportement contre les Catholiques.
Monsieur, Vous m’avez prié de vous mander qui était l’Auteur d’une Lettre écrite en faveur de la Comédie, qui court depuis peu dans le monde ; si le Théologien illustre à qui on l’attribue, est un Docteur de notre Faculté, et ce que je pense enfin du mérite de cette Lettre. […] Et on ne saurait trop louer la manière honnête et chrétienne avec laquelle il a exprimé ses sentiments sur le sujet de la Comédie, dans une Lettre qu’il a écrite à cette occasion à Monseigneur l’Archevêque de Paris, à qui il rend compte de sa doctrine comme à son véritable Juge en cette matière, et à qui il déclare qu’il est prêt « de souscrire sans réserve, à tout ce qui est dit, soit directement, soit indirectement, contre les Comédiens, dans le Rituel de Paris ». Depuis cette déclaration du Révérend Père Caffaro, bien des gens se mettent en peine de deviner et de rechercher qui peut être l’Auteur de la Lettre en question : Mais comme il y a bien de l’apparence que celui qui l’a écrite ne s’en vantera pas, on devinera peut-être assez longtemps, sans pour cela rencontrer : mais aussi importe-t-il peu de connaître l’Auteur d’un Ouvrage si pitoyable. […] Et en effet, Monsieur, elles sont toutes si frivoles, qu’après avoir lu cette Lettre avec beaucoup d’attention, j’ai douté d’abord si elle avait été écrite comme un Ouvrage sérieux, ou plutôt comme une Pièce Comique et faite à plaisir. […] Je ne conseillerais pas même cet Ami à qui il écrit, de trop déférer à ses maximes ; mais s’il désire sérieusement de savoir ce que l’on doit penser de ceux qui travaillent pour le Théâtre, il pourra l’apprendre de saint Cyprien, qui écrit à ce sujet une belle Lettre, et que l’on ne doute point être de lui, à l’Evêque Euchratius, qui l’avait consulté touchant la conduite qu’il devait tenir à l’égard d’un Comédien qui avait quitté le métier, mais qui ne laissait pas de dresser et de former des Acteurs pour le Théâtre.