D’abord il en est, qui sont tout à fait illégitimes par eux-mêmes, auxquels il faut absolument renoncer.
Ce petit dérangement est à ses yeux une impolitesse énorme dont il craint d’avoir son Cadet même pour témoin : sa folie, c’est la vanité, la pompe, la magnificence ; comment renoncerait-il donc à tout cela sans aucune nécessité ? […] Il prétend qu’Amanda renonce à la vertu, et soit infidèle à son époux par des principes d’honneur. […] » Ces peines sont infamantes au souverain degré, et sont même capitales ; à moins que ces sortes de gens ne renoncent à leur métier. […] Qu’ils lisent leurs Philosophes, ils y verront la condamnation des mêmes choses auxquelles ils ont aujourd’hui tant de peine à renoncer. […] En vérité, il faudrait pour cela que nous eussions bien envie de renoncer au privilège de la nature de l’homme, aux espérances qui nous sont données touchant une autre vie, au droit incontestable que nous avons à l’heureuse immortalité.
Ne puis-je pas leur dire avec Salvien qu’ils ne profitent pas des exemples de Jésus-Christ, ni des leçons de Saint Paul, qu’ils ne bannissent pas de leur cœur les désirs déréglés, qu’ils renoncent aux vœux du baptême, et qu’ils pratiquent tout le contraire de ce qu’ils y ont promis ? […] Or le Rituel de Paris condamne la Comédie et défend d’administrer les Sacrements aux Comédiens, s’ils ne renoncent à leur profession. […] Cette défense est toujours en vigueur, puisque MM. les Curés de Paris l’exécutent autant de fois que l’occasion s en présente, et ne reçoivent point les Comédiens à la participation des Sacrements, qu’ils ne renoncent au Théâtre. […] Comme la mort de ces deux Comédiens avait été semblable presque dans toutes les circonstances, leur enterrement ne fut pas beaucoup différent ; et quelques instances que pût faire toute la Troupe Comique, quelques mouvements qu’elle se donnât, elle ne put jamais engager Monseigneur de Paris à faire enterrer les Comédiens, que d’une manière qui répondît à l’indignité de leur profession, quoique l’on dît que Molière avait demandé un Confesseur avant de mourir, ce qui était un signe qu’il voulait renoncer à sa profession : tous ceux qui meurent encore sans avoir renoncé, doivent s’attendre à pareil traitement. […] Mais faites réflexion que ce sont des personnes baptisées et Chrétiennes, des âmes chères à Dieu, rachetées par le Sang précieux de son Fils unique, et qui cependant par leur profession renoncent entièrement aux vœux de leur baptême, par lesquels ils avaient renoncé aux pompes de Satan. « Omnes qui in Christo baptisati estis, Christum induistis.
Persuadé que, la sainteté de la vie des Prêtres et la ferveur de leurs prières fait la prospérité de l’Empire et en assure les victoires, par les grâces qu’ils nous obtiennent du ciel, que leurs exemples sanctifient les âmes et nous attirent la miséricorde de Dieu, nous avons appris avec douleur, et ce qui paraît incroyable, que des Diacres et des Prêtres, et ce que nous rougissons bien plus de dire, même des Evêques, jouent à des jeux de hasard, et s’oublient jusqu’à se trouver à la comédie, « scenicorum vel thimelicorum fiunt spectatores ludorum « ; eux qui obligent tous ceux qu’ils baptisent de renoncer aux pompes du démon, dont les spectacles sont une grande partie, « ut abrenuntient pompis Diaboli, quorum non minima pars sunt spectacula ». […] Bernard mit son talent à profit dans sa jeunesse, en jouant des comédies chez lui, et chez le Duc de Bellegarde son protecteur, qui s’en amusait beaucoup ; mais dès qu’il fut converti, son premier soin fut de renoncer au théâtre et au malheureux talent de contrefaire les gens, aussi opposé à la charité chrétienne qu’à la politesse et à la décence, d’où il ne peut revenir que du mal, et il exhortait tous ceux qui s’adressaient à lui de fuir ces dangereux spectacles.
Ainsi donc, riches, renoncez à vos festins sensuels, à vos réunions corruptrices… Princes : pourquoi ces fêtes brillantes dans lesquelles les femmes disputent entre elles de grâce, d’élégance, de toilettes et peut-être de coquetterie, fêtes qui ne sont autre chose que les pompes du démon auxquelles les chrétiens ont renoncé à leur baptême… C’est en vain que vous allégueriez la raison politique, la raison d’Etat qui vous force à protéger, autant qu’il peut dépendre de vous, tous les arts et toutes les industries qui font fleurir une nation ; c’est en vain que vous prouveriez que ces fêtes ont pour résultat de faire circuler dans toutes les veines du corps social l’argent qui en est le sang, pour le faire parvenir de mains en mains jusqu’à celles du pauvre. […] Et vous, manufacturiers industrieux, qui variez chaque jour vos tissus et donnez la vie et l’existence à tant de familles qui vous consacrent leur intelligence et leurs bras : vous tous qui disposez et tressez ces tissus légers, dont les grâces et la beauté se couvrent et se voilent, gazes transparentes sous lesquelles se cache le tentateur, brisez vos métiers, fermez vos magasins, renoncez à ces occupations profanes, dangereuses pour vous et pour votre prochain ; cessez enfin de vous rendre des instruments de mort spirituelle et de damnation éternelle… Que deviendront nos femmes, nos enfants, nos familles, direz-vous ?
Si des Comédiens veulent embrasser la Foi Chrétienne, Nous ordonnons qu'ils renoncent auparavant à leur exercice; et qu'ensuite ils y soient admis, de sorte qu'ils n'exercent plus leur premier métier.
Elise en paraissant sur le Théâtre devrait commencer par reprocher à son Amant l’indigne stratagême qu’il avait executé en se déguisant et entrant comme Domestique chez son père, non seulement sans avoir obtenu auparavant le consentement de sa Maîtresse, mais même malgré elle, puisqu’elle lui avait ordonné expressément de renoncer pour jamais à ce projet, lorsqu’il lui en avait fait confidence.
Quant aux Chrétiens dont la Foi n’était pas encore bien affermie, et qui avaient peine à renoncer tout-à fait au plaisir des Spectacles, ils se flattaient dans leur illusion sur ce qu’on ne leur montrait pas dans l’Ecriture que les Spectacles fussent interdits aux Serviteurs de Dieu. […] Les Comédies, dit Tertullien, ne plaisent point à Dieu, et ne conviennent point à des Serviteurs de Dieu, parce que la pompe qui les accompagne est l’ouvrage du Démon, et que nous y renonçons au Baptême : « Adversus quam in signaculo fidei ejeramus ». […] Je puis donc conclure hardiment avec saint Cyprien et contre notre Docteur, qu’un Chrétien qui a renoncé dans le Baptême aux pompes du Démon et du monde, doit aussi renoncer aux Spectacles d’aujourd’hui ; et que d’y assister après avoir été baptisé, c’est renoncer à Jésus-Christ, comme il avait renoncé au Démon dans son Baptême : « Qui post Christum ad diaboli spectaculum vadit, Christo ut diabolo renuntiat. » Je marquerais ici à notre Docteur les Spectacles que saint Cyprien conseille aux Chrétiens, si je le croyais d’humeur à s’en vouloir contenter ; mais comme il n’y trouverait ni l’Opéra ni la Comédie d’aujourd’hui, non plus que dans ceux de Tertullien, et que l’Opéra et la Comédie d’aujourd’hui font ses délices, il ne faut pas le chagriner une seconde fois ; il vaut mieux le laisser respirer pour un peu de temps, et lui donner lieu de se consoler avec ses bons Amis les modernes, qu’il croit plus humains et moins farouches que les anciens Pères. […] En vérité, pour raisonner ainsi, il faudrait non seulement avoir fermé les yeux à toutes les règles de l’Eglise, mais avoir même renoncé à la raison et au bon sens : c’est de quoi néanmoins personne n’accusera saint Thomas ; et ainsi ce ne peut être qu’un effet de l’entêtement de notre Docteur, à qui la Comédie plaît beaucoup plus que le Carême.
Croient-ils que dans la colere, Hermione marche à pas comptés, A dieu, tu peux partir † je demeure en Epire † Je renonce à la Grece † à Sparte, à ton Empire † A toute ta famille, † & c’est assez pour moi † Traître, qu’elle ait produit † un monstre tel que toi. Voici comme la Passion peinte dans ces Vers conduit la voix, Adieu † tu peux partir † je demeure en Epire † Je renonce † à la Grece † à Sparte † à ton Empire † A toute ta famille † & c’est assez pour moi Traître † qu’elle ait produit un monstre † tel que toi.
Mais on veut des passions, on veut des femmes, on veut de l’amour, on veut plaire au monde, et malgré la gravité et la sainteté de l’état, c’est toujours un coup d’œil sur les plaisirs auxquels on a renoncé : l’humanité perce. […] On a beau parer la morale du théâtre, et le théâtre lui-même, d’un air de piété ; on a beau l’étayer des décisions des plus graves Casuistes, il sera toujours vrai que l’Evangile et le monde sont deux ennemis irréconciliables : « Qui veut venir après moi, doit renoncer à soi-même, porter la croix, et me suivre. » g.
… C’est un époux, c’est un amant qui renonce à une épouse adorée : sacrifice plus grand que celui de la vie…. […] La bassesse du sang ne va point jusqu’à l’âme : Et je renonce aux noms de Comte et de Marquis Avec bien plus d’honneur qu’aux sentiments de fils. » Qu’on lise enfin ceux-ci tirés de la dernière scène du cinquième acte : Carlos à D.
Pour moi, si je n’étois déja d’une profession, qui par elle même m’interdit de pareils amusemens, & que j’eusse comme vous à prendre parti la-dessus, & à me résoudre, il me semble d’abord que pour m’y faire renoncer, il ne faudroit rien davantage que cette diversité de sentimens.
Car quoique les assemblées des Chrétiens dans les Eglises soient des moyens qui servent excellemment à cette sanctification ; s’il arrive toutefois qu’elles aient cessé en partie en quelques lieux par le relâchement de la piété ; les fidèles ne laissent pas d’être tenus de renoncer à ces vaines et profanes récréations en ces saints jours, afin de les passer saintement.
D’abord après la mort de son mari, quoique jeune encore, d’une beauté rare, jouissant d’une grande fortune, & ayant tout ce qu’il faut pour plaire au monde, elle renonce à tous les plaisirs, se sépare de toutes les compagnies, s’ensevelit dans la retraite, se couvre de la cendre & du cilice, passe ses jours dans la priere & le jeûne. […] Non, elle renonce encore à tout, s’ensevelit de nouveau dans la retraite, d’où elle n’étoit sortie que par l’ordre de Dieu ; le cilice & la cendre redeviennent sa parure, le jeûne & la priere ses délices. […] Du moins le jour de la vêture faut-il se revêtir de luxe pour y renoncer, & se couvrir des ornemens les plus riches pour faire vœu de pauvreté.
Je vais à mon amour, Constance, renoncer, oui te quitter, & fuir tout ce que j’adore, finir loin de toi un destin que j’abhorre. […] Il renonce à son état, il apostasie.
Ce sont les fêtes et les pompes du Démon, auxquelles on a renoncé par le baptême. […] Aucun qui n’en soit persuadé, qui ne s’en confesse, qui n’y renonce, quand il rentre en lui-même, surtout à l’heure de la mort, où tout se montre dans son vrai jour.
s’il veut prendre part à nos plaisirs & à nos débauches, qu’il renonce à ses vœux, & à sa profession ?
Ce n’est tout au plus qu’au dénouement qu’il est permis de les faire renoncer à leurs faiblesses, à leur erreur.
Parce que c’est se donner aux attraits du démon, auquel nous avons renoncé dans le baptême.
Cette doctrine, puisée dans le sein de l’Eternel, nous ordonne de renoncer en face de l’Eglise, et par les promesses les plus solennelles, à tout ce qui peut nous être un obstacle pour arriver à la félicité la plus sublime.
On obligeait les Comédiens qui voulaient embrasser la Foi chrétienne, de renoncer à leur métier ; et si après avoir reçu le Baptême, ils reprenaient l’exercice de la Comédie, on les excommuniait, et on les retranchait du nombre et de la société des Fidèles. […] Le Concile d’Elvire déclare formellement, que si les Comédiens veulent embrasser la Foi chrétienne, il faut qu’ils renoncent auparavant à leur métier ; et s’ils le reprennent après leur Baptême, qu’ils soient chassés et retranchés de l’Eglise. […] Il serait inutile de vous dire plus nettement ce que je pense sur cette matière ; mon suffrage n’est pas d’un grand poids, et je n’aime pas à décider : Mais si vous vouliez absolument, Madame, que je vous en parle selon mon cœur, je crois que les Chrétiens sont obligés de s’abstenir du Théâtre, comme de bien d’autres plaisirs : Il faut apporter tant de précautions pour conserver son innocence, que le plus sûr est d’y renoncer entièrement.
Quand à son retour d’Espagne, il reprit son procès pour la cassation de son mariahe, que toutes ses avantures avoient suspendu, & renonça à son intrigue avec Mademoiselle de Pons. […] Il raconte qu’une de ses maîtresses, qui étoit très-vertueuse, & menoit loin du monde une vie édifiante, & qu’il eut la bassesse de séduire par ses assiduités & ses caresses, eut à peine perdu le goût de la piété, qu’elle courut au théatre où elle n’alloit jamais, & où la premiere fois elle s’augmenta & se fortifia si bien, qu’elle devint scandaleuse, & assure que c’est au théatre que beaucoup de femmes tendent les pieges les plus dangereux, & font les plus honteuses conquêtes ; qu’il y fut pris par une femme très belle & très parée qu’il vit dans les loges, & dont il devint éperdument amoureux, malgré la résolution qu’il avoit prise de renoncer à l’amour, à toute sa vie licencieuse, qui n’a été que l’imitation du théatre, n’a été que le fuit de ce qu’il avoit entendu.
Tout ce que l’on voit dans les spectacles profanes, n’est autre chose que les pompes de Satan, auxquelles le Chrétien a renoncé dans son Baptême.
Gresset alors sortant des Jesuites étoit livré au théatre ; mais depuis sa conversion il y a renoncé, il l’a combattu dans ses écrits. […] Mais nous qui renonçons à toute recompense, Nous qui ne croyons point vos éternels tourmens, L’intérêt n’a jamais souillé nos sentimens, Nous finissons sans trouble & sans regret.
A son retour en France, il renonce à sa vocation, & prend le parti des armes. Il renonça encore au service, & se livra au théatre lyrique.
Vous renoncez à la Communion des Saints, et vous n’aspirez qu’au partage des Sophocle, et des Virgile. […] « Saint Grégoire de Nazianze, dites-vous, n’a pas fait de difficulté de mettre la Passion de Notre-Seigneur en Tragédie r », mais quoiqu’il en soit, si vous prétendez vous servir de cet exemple, il faut vous résoudre à passer pour un Poète de la Passion, et à renoncer à toute l’Antiquité Païenne.
Il est surprenant que ces Religieux aient souffert dans leur Eglise ni le corps, ni le buste, ni le mausolée ; ils l’ont fait sans doute parce que Lully ayant été reçu Secrétaire du Roi, il était censé avoir renoncé à l’Opéra, et l’avait en effet promis lors de l’enregistrement de ses provisions. […] « Les Curés doivent refuser la bénédiction nuptiale aux Comédiens, comme à des pécheurs publics, à moins qu’ils ne renoncent publiquement à leur profession criminelle.
Si les Comédiens veulent embrasser la foi, qu’ils renoncent à leur art, et promettent de ne plus l’exercer ; et « s’ils violent cette promesse, qu’ils soient retranchés de l’Eglise » : « Quod si facere contra interdictum tentaverint, ab Ecclesia projiciantur. » Le même concile (C. […] Il ne doit donc y avoir de censures épiscopales contre eux que dans les grands diocèses ; mais ils trouvent partout la condamnation générale des conciles, des Papes, des saints Pères, et la défense de leur administrer les sacrements, s’ils ne renoncent à leur métier ; ce qui a toujours été observé dans l’Eglise, toujours cru par tous les fidèles, et par eux-mêmes, et par tous leurs défenseurs, qui en se récriant contre la rigueur de cette peine, ou tâchant de l’éluder, de la faire lever, en ont toujours reconnu la vérité.
Les États à qui elle le fit dire, & le Roi son successeur la prièrent de renoncer à ce projet, le Roi n’étoit pas d’humeur de descendre du trône comme elle, ni personne de l’y faire remonter ; elle vint pourtant en Suede après ce refus, pour se faire payer de ses pensions qui étoient fort mal payées, & qu’on avoit grande envie de supprimer, ce qui selon le détail qu’en donne Me. de Motteville, lui faisoit mener une vie très-pauvre & très-mesquine ; elle fut reçue comme un particulier qui vient demander des graces. […] Cazimire, Roi de Pologne, Pierre Czar de Moscovie, le Roi de Dannemarck, le Roi de Suède actuellement régnans, ont gardé l’incognito ; Christine étoit trop Comédienne pour se passer de décoration après avoir abdiqué une couronne, elle devoit avoir renoncé à ce vain éclat, c’est la dernière chose que sacrifie une femme. […] Quel que fut le crime de Monal Deschi, Christine ayant depuis long-temps renoncé à la royauté n’avoit aucune juridiction.
Qu’on ne craigne pas l’injustice ou la diminution de ces impôts : c’est bien mal connoître les hommes que de croire qu’après s’être laissés une fois séduire par le luxe, ils y puissent jamais renoncer : ils renonceroient cent fois plutôt au nécessaire, & aimeroient mieux mourir de faim que de honte. Les riches voudront toujours se distinguer des pauvres, & l’état ne sauroit se former un revenu moins onéreux & plus assuré Si le riches renoncent à leurs dépenses superflues, pour n’en faire que d’utiles, alors l’assiette des impôts aura produit l’effet des meilleures loix somptuaires Croiroit-on que cette même Encyclopédie qui met les spectacles au nombre des objets de luxe & d’oisiveté, sur lesquels il faut asseoir les impôts, qui traite les baladins, chanteurs (l’opéra), histrions, de professions oiseuses dont le seul usage est de se montrer ; croiroit-on, dis-je, que cette même Encyclopédie fasse l’apologie & le plus grand éloge du théatre, conseille à la ville de Geneve, qui n’en a jamais eu, d’en bâtir un, de soudoyer une troupe de comédiens, comme la chose la plus nécessaire à l’état, une école de vertu & de politesse, ce qui a occasionné une dispute très-vive entre d’Alembert & J. […] Heureusement il y renonça, & plût-à-dieu que tous ceux qui lui ressemblent eussent la sagesse de ne pas monter sur le tribunal que leur goût pour la comédie déshonore, & de ne pas se déshonorer eux-mêmes en passant des coulisses aux fleurs-de-lys, au grand préjudice du public, qui ne voit qu’en gémissant ses biens, son honneur, sa vie dans les mains d’un comédien.
Madame de Maintenon s’ennuyoit beaucoup avec le Roi, qui la tenoit dans une espece d’esclavage, comme elle s’en plaint dans vingt endroits de ses lettres, sur-tout depuis que devenu dévot, ce Prince avoit renoncé aux plaisirs, aux fêtes, aux théatre, dont Madame de Montespan, pendant son regne l’avoit rendu amateur.
Car si la loi subsistait encore, n’y en aurait-il point aujourd’hui plusieurs que la crainte de ce châtiment obligerait de renoncer au mariage ?
Ils croient par un erreur étrange, et digne de larmes, qu’ils ne célèbreraient pas dignement ces Fêtes, s’ils ne les passaient dans les festins et dans la débauche, et s’ils renonçaient à ces divertissements si contraires à l’honneur de Dieu, et à la piété de son Eglise ; comme si la solennité des Fêtes que l’Eglise n’a instituées que pour honorer les Saints, suivant la doctrine du Concile de Trente, ne consistait que dans le luxe et dans les plaisirs sensuels.
qui assurent que l’ancienne croyance de l’Eglise, est qu’aux renonciations du Baptême contre le Démon, ses pompes, et ses œuvres, les Spectacles et les Comédies y sont comprises, et ajoutent, qu’on manquerait beaucoup de conduite d’exorciser d’une part le Démon, si d’ailleurs on laissait aux Chrétiens pleine liberté d’assister à telles occupations, et de renoncer par là à Jésus-Christ, ainsi qu’ils auraient avant fait au Diable.
Tout change en un instant ; la nuit fait place au jour ; Mortels, reconnaissez le pouvoir de l’Amour : Le Palais s’envolant disparaît dans la nue, Un Parterre aussitôt le remplace à ma vue ; Du grand Servandoniab magique illusion, Effet de sa brillante imagination : Tout n’est qu’enchantement ; sous l’habit de Colette Arnoud subjugue Mars : le son de la trompette Rappelle en vain ce Dieu dans les champs de l’honneur ; Plus content, plus heureux de posséder son cœur, Qu’il n’était autrefois jaloux de la victoire, Pour la suivre il renonce aux hasards, à la gloire ; Et livrant sans danger, de plus tendres combats, Il met tout son bonheur à mourir dans ses bras.
Quoique jusques ici l’Eglise ait vainement exhorté un grand nombre de ses enfants, à renoncer aux Jeux de Théâtre, les Prédicateurs et les Théologiens, ne doivent pas cesser de prêcher et d’écrire contre ce désordre.
Accoutumé à avoir la fibre ébranlée par l’impression de tableaux épouvantables, le peuple renonce à la jouissance des impressions douces ; il ne veut plus que Clytemnestre meure derrière la toile.
Mais ne leur enviez point de misérables honneurs auxquels vous avez renoncé.
Comme l’Auteur, non plus que ses adversaires, n’a pu se décider sur sa propre expérience, il leur offre de s’en rapporter à des témoins, qui ne peuvent leur être suspects, à ces ames timorées & désabusées qui ont renoncé aux vanités & aux pompes mondaines.
Comme l’Auteur, non plus que ses adversaires, n’a pu se décider sur sa propre expérience, il leur offre de s’en rapporter à des témoins, qui ne peuvent leur être suspects, à ces ames timorées & désabusées qui ont renoncé aux vanités & aux pompes mondaines.
L’accueil que lui fit le Public, lorsqu’il se fut paré de ces nouveaux ornemens, l’engagea de renoncer tout-à-fait aux airs communs ; & de ne plus se montrer sans être accompagné d’une foule d’Ariettes.
Peu s’en faut qu’il n’abandonne son projet, & ne renonce à une gloire aussi singulière.
porte : « Si les Comédiens veulent embrasser la Foi Chrétienne, nous ordonnons qu’ils renoncent auparavant à cet exercice, et qu’ensuite ils y soient admis, de sorte qu’ils n’exercent plus leur premier métier : que s’ils contreviennent à ce Décret, qu’ils soient chassés et retranchés de l’Eglise.
Sa belle ame qui étoit faite pour la pratiquer, fut si frappée de ces discours, qu’il retira ses pieces, & renonça au théatre, que l’étourderie & les passions de la jeunesse lui avoient fait d’abord trop goûter, pour s’adonner à l’étude de la sagesse ; il ne permit, non plus qu’Aristote dans sa République, aucune représentation théatrale, parce qu’il n’en est aucune qui n’excite quelque passion, colere, vengeance, ambition, amour ; l’action suit de près les discours & la représentation, on se laisse aisément gagner lorsqu’on aime de voir & d’entendre. […] Le premier sur le Publicisme des femmes, le second, sur la réforme du théatre, a sa maniere ; il ne parle pas de supprimer le théatre, seul moyen de les réformer ; mais seulement de suprimer la profession des comédiens, & de leur substituer des jeunes gens de l’un & de l’autre sexe, pour lesquels la déclamation seroit un exercice libre & honorable, qu’ils pourroient cultiver sans renoncer à leurs emplois, Magistrat, Avocat, Officier, Marchand, &c.
En faut-il davantage pour m’y faire renoncer ? […] Dans le baptême vous avez renoncé à la chair, au démon, au monde & à ses pompes, Vous ne fûtes admis dans l’Église chrétienne qu’à ces conditions.
Une jeune fille se renferme pour toute sa vie dans un couvent, elle élève entr’elle & le monde une barriere impénétrable, elle renonce à toute sorte de parure, de luxe, de magnificence, ensevelit tous ses charmes sous des habits simples, grossiers & embarrassans, elle cache la moitié de son visage, qu’elle couvre encore d’un voile quand elle parle à des étrangers, & toujours à travers des grilles hérissées. […] Si jamais le démon a étalé ces pompes auxquelles l’Eglise nous fait renoncer par les vœux du baptême, n’est-ce pas à l’opéra & à la comédie ?
Il y ajoute qu’on doit refuser la communion, même publiquement, même à Pâques, aux Comédiens, néanmoins après leur avoir demandé publiquement s’ils se sont confessés & ont renoncé à leur profession (on n’est point dans cette peine, ils ne se présentent jamais), même au lit de la mort, s’ils refusent d’y renoncer, même la sépulture ecclésiéstique, comme infames, excommuniés, pécheurs publics : Veritati nemo præscribere potest, non spatium temporum, non patrocini à personarum, non privilegia regionum, Christus veritas non consuetudo nominatur.
Mais pense-t-on que l’Evangile est la vérité, & non la coutume ; que pour damner, Dieu consulte la loi, & non la coutume ; & qu’un Chrétien, qui a renoncé aux pompes du monde, n’est pas justifié par la coutume ? […] C’est introduire la licence dans l’asyle de la pureté, & devenir tentatrices de celles qui quittèrent le siecle pour n’être point tentées, enlever à Dieu des cœurs qui lui furent consacrés, & rappeler au monde des vierges qui y ont renoncé, ébranler leur vocation, inspirer des regrets, affoiblir la pudeur, faire gémir sous le joug de la clôture & de la règle.
La laissant dans la nécessité de pécher, il renonce à ses droits, se rend complice, et ne peut se plaindre : « Mimæ a maritis adulterii accusari non possunt, quia cum theatro conceduntur, venalis formæ censentur, et socius turpitudinis accusare non potest. » (L. […] ) Il est vrai que pour faciliter la conversion d’un sexe fragile, souvent entraîné par faiblesse, Justinien permet aux Comédiennes et à leurs filles de purger leur infamie par des lettres de réhabilitation, comme il le permet aux bâtards et aux affranchis, « sicut servos libertate donatas », pourvu qu’elles renoncent sans retour à l’infâme habitude du théâtre.
Et Salvien Evêque de Marseille les blâme, avec un cœur plein de zèle, et avec une éloquence très mâle et très forte, disant, que c’est une imitation du dérèglement des Païens ; et traitant les Chrétiens qui aiment et qui recherchent ces divertissements, comme des apostats, qui après avoir renoncé à Satan et à ses œuvres, se joignent à lui de nouveau, et suivent derechef son esprit.
Un Chrétien qui a renoncé au monde, & à ses plaisirs, ne doit point rechercher le divertissement pour le divertissement, & ne peut en prendre que par nécessité ; c’est à dire, qu’il ne peut en prendre que pour délasser son esprit, & reprendre ses forces.
Au contraire Corneille dans Rodogune a placé cette même grandeur d’âme dans le sentiment opposé, et l’on voit Antiochus et Séleucus renoncer également à l’Empire, pour conserver leur Maîtresse.
Les Curés de Saint-Sulpice ont toujours refusé les derniers Sacremens & la Sépulture ecclésiastique aux comédiens, à moins qu’ils ne renoncent authentiquement à la Comédie : Témoin la fameuse Lecouvreur qui fut enterrée dans un fossé. […] Une jeune actrice d’une vertu point farouche , comme il dit, donna dans sa derniere maladie des marques de conversion, & renonça au théatre.
Chrysostome, de donner pour pénitence aux danseurs de faire chaque semaine à certains jours demi-heure de méditation sur les vœux du baptême, d’en renouveler l’engagement, & de renoncer aux pompes du démon, aux mouvemens de la chair & du démon qui se trouvent dans la danse. […] Ils ont dans leur baptême renoncé au démon, à la chair & au monde : peut-on s’y rengager plus authentiquement, en arboter plus hautement les pompes, en suivre plus aveuglément les suggestions ?
Racine converti, après avoir solennellement renoncé au théâtre, a cru ne pas manquer à ses engagements en les composant, et, ce qui est bien plus étonnant, en formant les Actrices. […] La vertu ne souffre ni fard ni nudité ; quelle Actrice y renoncerait ?
L’Eglise n’exige pas des Comédiens qu’ils fréquentent les saints Sacrements : au contraire elle leur en interdit l’usage : elle exige qu’ils renoncent à leur infâme profession. […] Mais ils ont renoncé, dans le Baptême au monde, à la chair, et au Démon; et par ce divin Sacrement, chacun d’eux et de leurs spectateurs est devenu et sacrificateur, et l’Autel même où se doit égorger la victime que Dieu demande de chacun de nous.
Les theatres se sont relevez de leurs ruines, ils renaissent, ils subsistent, ils triomphent aprés les coups & malgré les coups de foudre, & sur tout depuis que nous ne pouvons plus reprocher aux Fideles, qu’ils trahissent leur foy, & qu’ils renoncent à leur religion, en allant avec les Payens ; & en demeurant avec eux, afin de prendre des divertissemens établis aussi bien pour honorer leurs Dieux, que pour recréer les hommes. […] Deux Conciles d’Arles défendent de recevoir les Acteurs à la penitence, s’ils ne renoncent à une profession qui ne s’applique qu’à inspirer des crimes, & qui est coupable de tous ceux qu’elle fait, & qu’elle peut faire commettre. […] Ces habiles hommes sçavent bien que les crimes sont odieux d’eux-mesmes, & que les personnes les plus corrompuës ne peuvent pas s’empescher d’en témoigner de l’horreur, à moins que de renoncer à l’honneur, & à la bien-séance, & de ne se mettre plus en peine d’estre en execration à tout ce qu’il y a de raisonnable dans le monde.
Si la vraisemblance morale la moins rigoureuse n’est plus d’usage au Théatre ; si le public, content d’être frappé un moment par des circonstances approchées, & les incidens les plus disparates, ne veut plus voir la convenance de la nature & de l’art ; si l’on a renoncé au plaisir de l’illusion, on peut tout mettre sur la Scène. […] Henri, après le sermon de Saint Louis, est aussi libertin & aussi cruel : il va continuer à massacrer ses sujets ; &, quoique marié, comme lui-méme le dit à Elisabeth, il court oublier la vision de Saint Louis, les prophéties de l’Hermite, les instructions du ciel, dans les bras de sa maîtresse, & vient cruellement tourmenter le peuple à Paris, par les horreurs de la guerre & la famine ; tandis qu’il ne tient qu’à lui de tout finir, par l’abjuration d’une Religion à laquelle il ne tient pas, à laquelle il a déjà renoncé une fois, à laquelle il renoncera encore, quand il verra l’inutilité de ses efforts.
Je cours m’y renfermer, & je renonce au nôtre. […] Elle est entrée dans le sacerdoce avec répugnance, ayant du goût pour le monde, & de l’inclination pour un jeune homme ; mais volontairement, sans être forcée, elle a pris généreusement son parti, renoncé sincérement à tout, combattu de bonne foi son penchant, par esprit de religion. […] On eût mieux fait de faire paroître ce frère, de lui donner des sentimens généreux, & faire renoncer à ses avantages, parler en faveur de sa sœur ; on eût amené de belles scenes.
Il faut donc m’en accorder les conséquences, ou renoncer à toute justesse de raisonnement. […] Vous avez démontré la fausseté de cette tradition par rapport à sa femme, en apprenant au Public qu’il ne se maria qu’après avoir renoncé au Théatre ; & j’ajoute moi, que cette fausseté s’étend pareillement à la maîtresse. […] Et bien, Madame, il faut renoncer à ce titre Qui de toute la terre en vain me fit l’arbitre.
Ellee devrait bien suffire aux enfants de lumière, pour y renoncer, et laisser aux enfants des ténèbres et de rébellion, les immondices, et excréments, qui découlent de cette cloaquef infernale« Quale habendum est apud homines Veri Dei, quod à candidatis Diaboli introductum et ipsis a primordio dicatum est », Tertul. […] am ; ajoutant cette horrible menace, que celui qui fait cela, est en abomination devant Dieu : certes tout cœur, fût-il de pierre, ou d’acier, devrait ployer, se devrait briser, par l’éclat d’un tel tonnerre, par la violence d’un tel foudrean : Mais puisqu’il s’en trouve, qui aiment mieux combattre la vérité par quelque froide glose, que de renoncer à cette vanité ; voyons, et pesons leurs raisons. […] ee ; « Si, dit-il, après l’Eglise, nous retournons à voir les courses des chevaux, et autres assemblées des Païens ; qu’est-ce autre chose, sinon que le Diable nous surmonte, et possède. » TertullienApolog. cap. 38 ef . « Nous renonçons aussi bien à vos spectacles, qu’à leurs origines, que nous savons être nés de la superstition, nous n’avons rien de commun avec la folie des lices, avec l’impudicité du Théâtre, avec la cruauté du sable, avec la vanité du portique des gladiateurs ; En quoi vous faisons-nous tort, si aimons mieux d’autres voluptés, nous réprouvons les choses qui vous plaisent.
Ceux qui ont mieux rempli l’objet de la leçon ont encore fait plus de mal ; ils se sont mariés, par les raisons de convenance recommandées, avec des femmes plus vieilles qu’ils n’aimaient pas ; mais comme, en général, ils appartenaient à la seconde et à la troisième écoles, et qu’ils n’étaient pas en état de renoncer aussitôt à leur goût pour les jeunes ils en ont pris pour maîtresses, et ont vécu avec elles dans un commerce doublement illégitime, d’où il est résulté des enfants adultérins, des bâtards, qui n’avaient pas d’état, que la société ne savait à quel rang placer ; qui déshonoraient ou troublaient les familles. […] Et après cette clémence, plus que divine, comme l’auteur, par une autre contradiction, le montre lui-même dans son Festin de Pierre, où Dieu engloutit un méchant, recommandée dans le Misantrope envers les agents de tous les désordres de la société, des plus grands maux qui accablent les hommes ; si vous vous rappelez les coups sensibles et redoublés qui ont été portés aux femmes les plus innocentes des malheurs du monde ; si vous réfléchissez à l’extrême rigueur avec laquelle ont été punies par le même auteur dans deux autres pièces fameuses des fautes de grammaire, ou des ridicules, quelques travers à l’égard desquels ses préceptes d’indulgence étaient excellents et obligés ; si vous remarquez encore qu’après avoir ridiculisé les délassements et les plaisirs honnêtes des sociétés les plus décentes de son temps, et avoir renvoyé durement à leurs aiguilles et à leur pot au feu des femmes plus opulentes et plus distinguées que la Dlle de Sotenville, personnage de l’Ecole des Femmes, il donne pour exemple cette dernière qui a des goûts et tient une conduite tout-à-fait opposés à celle qu’il prescrit aux autres ; car c’est bien la proposer de fait pour exemple contraire que de la rendre le personnage aimable de la pièce, et de lui donner raison, la faire applaudir en public lorsqu’elle rejète les remontrances de son époux, qui lui rappelle des préceptes appropriés à celui des aiguilles et du pot au feu, et refuse de se consacrer à son ménage et à sa famille, en déclarant qu’elle ne veut pas s’enterrer, qu’elle n’entend pas renoncer aux plaisirs du monde, qu’elle se moque de ce que disent les maris, qu’elle veut jouir indépendamment d’eux des beaux jours de sa jeunesse, s’entendre dire des douceurs, en un mot voir le monde ; tel est le langage de la maîtresse de cette école (Ariste que Molière rend exemplaire aussi dans l’École des maris est parfaitement de l’avis de donner toutes ces libertés aux femmes ; elles en ont bien joui depuis ces inspirations ; quand on les leur a refusées, elles les ont prises) ; si on fait ces rapprochements ou remarques, dis-je, sans prévention, il est impossible, à la vue de tant de contradictions incontestables et de cette variation de principes et de conduite de ce fameux poète comique, de ne pas soupçonner au moins que son désir d’améliorer les mœurs était aveuglé et dirigé par une verve impérieuse et désordonnée qui le portait à appréhender et fronder à tort et à travers telles classes, telles professions et réunions, ou telles personnes, et de faire rire le public à leurs dépens, et au profit de sa manie et de sa renommée.
L’Abbé de Monville, qui sentoit l’indécence de ses tableaux profânes, & le danger du salut qu’ils sont couvrir, tâche de se rassurer sur le salut de Mignard, en disant que plusieurs années avant sa mort il y avoit absolument renoncé, & ne s’occupoit plus que des sujets sacrés, & qu’enfin il reçut les derniers Sacremens dans des grands sentimens de piété. […] Je ne considere point ici les Spectacles d’un œil de religion, mais d’un œil philosophique ; car autrement je dirois qu’il n’y a que l’ignorance ou la folie qui puisse s’autoriser de la Religion pour les soutenir ou même pour les excuser ; je dirois que s’il y un livre qui les proscrive, c’est l’Evangile qui nous recommande de prier sans cesse, de porter notre croix ; que s’il y a un lieu où soient étalées les maximes, les pompes du monde, auxquelles nous avons solemnellement renoncé, c’est sur le Théatre ; je dirois que la vie des comédiens, leurs danses lascives, leurs passions embellies, leurs paroles tendres, équivoques, licencieuses, ne peuvent qu’embraser les jeunes cœurs, déjà trop prompts à s’enflammer ; je dirois enfin que la correction des théatres les rend encore plus dangereux ; car plus les passions sont finement voilées, & les sentimens délicats, plus l’amour profane nous pénetre & nous enchante, cet amour dont on a bien de la peine à se défendre, dans les lieux même consacrés à la vertu.
L’Eglise refuse encore aujourd’hui la sépulture aux Comédiens, qui meurent, sans avoir renoncé à leur profession, elle les tient encore dans les liens de l’excommunication, elle n’a jamais varié sur cet objet. […] Bossuet, lu dans les séances publiques de l’Académie Françoise, imprimé chez Moutard en 1779, il dit, que ce Prélat avoit été lui-même au Théatre dans sa jeunesse, uniquement pour se former à la déclamation ; mais qu’il n’avoit usé, que très rarement, de ce dangéreux moyen de s’instruire, & que depuis qu’il fut dans les Ordres, il y renonça pour toujours ; qu’il refusa même d’aller voir à la Cour, la Tragédie d’Esther. […] Et les libertins ne peuvent-ils pas renoncer à leurs désordres ? […] 2 Et les pompes du Démon, auquel nous avons renoncé par le Baptême.
Les amateurs du théâtre sont la plupart dans le même goût : d’un million de gens qui le fréquentent, la moitié renonce au lien conjugal ; le plaisir, l’amusement les absorbe ; la frivolité, la dissipation le leur fait oublier ; les railleries sur le mariage les dégoûtent ; le luxe, la dépense les ruinent ; les sentiments qu’on inspire aux femmes, les alarment : les Actrices fournissent un supplément si facile et si doux, sans être chargé des soins embarrassants d’une famille !