On voit un nombre d’Acteurs choisis, parés avec tout l’artifice que l’esprit du monde peut imaginer, & que la passion qu’ils expriment peut inspirer ; de jeunes personnes qui se font un point d’honneur de plaire, gagés pour peindre la passion de la maniere la plus vive, qui se font une gloire de l’inspirer ; des voix douces & insinuantes, des manieres engageantes, des paroles tendres, des vers composés avec art pour inspirer l’amour ; cet assemblage prodigieux de choses, dont une seule seroit une tentation, n’est-il qu’un amusement indifférent ? […] Voici les paroles qui caractérisent si bien cette auguste Princesse.
D’ailleurs Aristote qui vivait après cette révolution du Théâtre ne dit pas un mot de la suppression du Chœur : il en suppose au contraire la continuation dans ces paroles : Lib. de Poët. c. 5. […] Nos Poètes n’ont rien ici à repartir pour se disculper, car ce ne sont le plus souvent ni de petites gens ni des misanthropes qui disent des brutalités au sexe, mais des hommes de rang et d’un caractère à ne point haïr celles qu’ils maltraitent de paroles.
On ne peut donc passer aucun contrat, donner sa parole à personne ; un témoin ne peut promettre de dire la vérité : Ce seroit enchaîner l’avenir. […] Mais ce pauvre amant n’a que des paroles ou des insultes à dire à son beaupère. […] Elle n’attendoit que lui, elle s’en applaudit, lui seul l’occupe & remplit ses momens, elle rappelle ses paroles, ses gestes, ses soupirs, & recueille en lui tous ses plaisirs, &c.
La constance à tenir sa parole ? […] ignoriez-vous que le glaive de vos paroles & de vos sentimens faisoit dans les esprits des blessures profondes & mortelles ? […] A ces rivaux subalternes, qui n’en pouvant atteindre les sublimes qualités, s’attacherent à copier ses vices, & réüssirent à le surpasser par l’obscenité des paroles, sans songer qu’ils cherchoient à se faire un nom par un genre de Bas-Comique, dont la gloire est une ignominie. Prenons-nous en même à ceux qui épargnant aux oreilles la grossiereté des paroles, s’étudierent à envelopper l’obscénité du voile transparent de l’équivoque ; sans faire réflexion que la plaisanterie, qui se cachant pour paroître, semble dire & ne dire pas, est plus dangereuse que la grossiereté exposée sans ombre de déguisement.
On peut encore regarder les Drames du nouveau Spectacle comme des plans ou des canevas de Comédies, dans lesquels on ne jette quelques paroles qu’afin d’exquisser le caractère des Personnages.
Les ministres des autels qui affichent l’indépendance, qui s’opposent aux volontés du prince, qui cherchent continuellement à empiéter sur les droits des souverains et qui font tous leurs efforts pour usurper sur terre une puissance temporelle et soumettre les gouvernements à l’autorité sacerdotale, non seulement sont rebelles à la parole de Dieu, transmise par le saint apôtre que nous venons de citer ; mais encore ils sont criminels aux yeux du christianisme, en foulant à leurs pieds, avec autant d’audace que d’impiété, les divins préceptes de Jésus-Christ, qui a dit, et j’aime à le répéter : « Mon royaume n’est pas de ce monde….