Celles de la Cour, dont votre Altesse est un des principaux ornements seraient opposées, si la sage conduite de notre invincible Monarque n'avait joint l’éclat des vertus à celui de la puissance : Mais quelque ordre qui paraisse dans une Cour plus réformée et plus Chrétienne qu’elle ne fut jamais, votre Altesse jugera sans doute, MADAME, que le grand Archevêque qui a fait le Livre que je vous présente avait à souhaiter une protection sous laquelle il pût apprendre aux hommes avec quelle précaution ils doivent user des plaisirs qui d’eux-mêmes sont légitimes.
En ce cas, quelque confusion qu’on suppose dans une Ville prise d’assaut, le Soudan avoit trop d’intérêt à se rendre maître de Lusignan & de toute sa famille, pour qu’il n’eût pas donné les ordres les plus précis à cet égard. […] 7 Mais cet ordre qu’il donne à l’occasion de Nérestan, il ne l’avoit pas encore donné, comme ce désormais le prouve ; ainsi Nérestan agit sans raison & sans égard pour les mœurs & pour la dignité du Soudan. […] Cela est dans l’ordre ; mais cette jeune beauté lui a-t-elle appris la cause de ce changement, & les espérances qu’elle a conçues ?
L’Avocat des Comédiens en tournant le dos à la morale Evangelique, n’avoit garde, Mademoiselle, de comparoître au Tribunal des saint Peres ; il se contente de les respecter, sans toutefois leur prêter l’oreille ; & sa grande raison : autre chose, l’ordre des vertus chrétiennes, (p. 87) autre chose, l’ordre de la Loi. […] Saint Augustin raconte2 que les Censeurs, Crassius & Valerius Messala, avoient loué aux Histrions un Théâtre que Scipion Nausica fit démolir par ordre du Sénat, qui veilloit à la conservation des bonnes mœurs : ce fut Pompée qui le rétablit.
et de Stolon les Jeux Scéniques, que nous examinerons ailleurs, et qui dans ce temps-là ne comprenaient point les Comédies ni les Tragédies furent établis à Rome par l'ordre de leurs Oracles pour obtenir des Dieux la cessation d'une grande peste qui infectait la Ville. […] Scéniques où les crimes des Dieux sont récités, joués et chantés, sont faits en leur honneur et comptés entre les choses divines ; ils les ont désirés, ils les ont commandés avec violence, ils ont prédit de grandes ruines, s'ils n'étaient faits, ils ont sévèrement puni ceux qui en ont négligé quelque cérémonie et ils ont fait connaître que leur colère en était apaisée, comme il arriva à ce villageois Latinus, ou plutôt Attinius, auquel il fut révélé trois fois en songe de refaire les Jeux Romains. » Il n'était donc pas étrange que leurs Prêtres y fussent toujours présents et qu'ils en donnassent tous les ordres nécessaires ; celui de Cérès Chamynein Æliac. […] Euthymus Locrien presque toujours vainqueur aux Jeux Olympiques, reçut des Sacrifices durant sa vie et après sa mort par l'ordre des Oracles et même de Jupiter.
C’est le sentiment commun des Docteurs, et entre autres de saint Thomas, et saint Antonin, Roselius, Sylvestre et Zabarius, qui ne permettent point les danses, que pour des raisons importantes, et qui sont dans le bon ordre d’une juste police ; comme pour quelque victoire, ou pour des noces.
Il seroit à souhaiter que l’on observast par tout ce qui se prattique dans quelques dioceses, qui est que chacun se confessast au commencement du Caresme, afin que durant la quinzaine de Pasque on n’eust à s’appliquer qu’aux reconciliations, & qu’on renvoyast tous ceux qui se presentent, les remettant aprés la quinzaine : mais dans les lieux où cet ordre ne s’observe pas, il faut que le Confesseur se serve du pouvoir que luy donne le canon du Concile general de Latran, Omnis utriusque sexus, inseré dans le Rituel, lequel obligeant tous les fidelles de communier à Pasque, donne pouvoir au Confesseur de differer la communion jusques au temps qu’il jugera à propos pour le salut du penitent. […] L’Evesque est ministre aussy bien que le Prestre, & ils doivent tous deux exercer leur ministere suivant les ordres du maistre commun qui est Jesus-Christ, & l’Eglise universelle. […] Mais quand cela arriveroit, on auroit toujours sujet, & mesme obligation de bien juger du salut d’une personne, qui estant vivement touché de la douleur de ses pechez, & travaillant de tout son pouvoir à les expier par de dignes fruits de penitence, est surpris d’une mort inopinée, avant que d’avoir receu l’absolution de l’Eglise, aprés laquelle il soupiroit, en s’y disposant selon l’ordre qui luy avoit esté marqué par son Confesseur. […] Si les penitens qui executent fidellement l’ordre de leur penitence, sont surpris de la mort en lieu où l’Eglise ne puisse pas leur donner secours & assistance, on ne laissera pas de faire en leur memoire des prieres & des offrandes pour les recommender à Dieu.