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81. (1759) L.-H. Dancourt, arlequin de Berlin, à M. J.-J. Rousseau, citoyen de Genève « CHAPITRE IV. Apologie des Dames. » pp. 119-155

On en tire tous les jours du Couvent ; il en sort tous les jours des mains de leurs parents, pour entrer dans le Monde. […] Parce que les Perses indolents et voluptueux leur avaient appris à rougir du travail ; Alexandre s’honorait au contraire de porter une tunique tissée de la main de sa mère et de ses sœurs : ces femmes-ci tiraient donc vanité de leur adresse et de leur travail. […] Suivant l’usage de l’Arcadie, Mme de Tagliazucchi est métamorphosée dans ce recueil en Bergère sous le nom d’Oriana Ecalidea, la différence de genre et de style que vous trouverez dans la Poésie de son mari sous le nom d’Alidauro Pentalide ne vous laissera pas soupçonner qu’il ait mis la main aux ouvrages de son épouse, qui d’ailleurs s’était déjà fait connaître avant que M.  […] Il n’est donc pas si déplacé que vous feignez de le croire de mettre la raison dans la bouche des Dames, et le petit Jean de Saintréef a raison d’ajouter à son repas l’agrément de le voir préparé par une belle main. […] Détrompez-vous par l’expérience ; vous entendrez toutes les mères non seulement vertueuses, mais tant soit peu sensées, prêcher toujours la raison et la pudeur à leurs filles ; tant qu’elles sont dans leurs mains, ces jeunes personnes sont des Agnès dont la simplicité, la candeur et la modestie annoncent la sagesse.

82. (1733) Theatrum sit ne, vel esse possit schola informandis moribus idonea « Theatrum sit ne, vel esse possit schola, informandis moribus idonea. Oratio,  » pp. -211

Ces traits sacrés étoient lancés avec force par d’habiles mains. […] D’accompagner de leurs ris, ou de leurs larmes ceux qui battent des mains ou qui pleurent ? […] C’est qu’entre vos mains toute la Poësie Dramatique s’éloigne de son objet. […] Que deviendroit les bonnes mœurs entre ses mains ? […] Les Poëmes ne sont-ils pas entre leurs mains ce que l’arc & les fléches sont dans une main adroite ?

83. (1664) Traité contre les danses et les comédies « LE LIBRAIRE AU LECTEUR. » p. 

Charles, des mains de Monseigneur l’Illustrissime Evêque de Montpellier, lequel durant son séjour à Rome l’avait fidèlement fait transcrire d’un cahier manuscrit gardé soigneusement dans la Bibliothèque du Cardinal François Barberin, avec la permission de sa grâce de l’imprimer en ta faveur : c’est l’avis que je t’ai voulu donner, ami Lecteur, afin que tu n’ignores pas à qui tu en es redevable.

84. (1722) Chocquet, Louis [article du Supplément au Dictionnaire Historique et Critique] « article » pp. 42-44

Le second de signe na point, Dont pour acheuer nostre poinct Pierre, tenez les en uos mains, Et eulx deux, qui sont incertains Ou le signe est, n’en quelle espece, Viendront tirer chascun sa piece, Et celluy auquel escherra Le signe, subrogue sera Au lieu qui est ja devise. […] N’étoit-ce pas donner dans le ridicule, & y tourner indirectement la Sainte & Apostolique cérémonie de l’imposition des mains ? […] Ces Pelerins qui alloient par troupes, & qui s’arrêtoient dans les ruës & dans les places publiques où ils chantoient le Bourdon à la main, le Chapeau & le Mantelet chargez de Coquilles & d’Images peintes de diverses couleurs, faisoient une espece de spectacle qui plut, & qui excita la pieté de quelques Bourgeois de Paris à faire un fond pour acheter un lieu propre à élever un Theatre, où l’on representeroit ces Mysteres les jours de Fête, autant pour l’instruction du peuple, que pour son divertissement.

85. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre IV. Fêtes de Théatre. » pp. 95-114

On en vient aux mains ; à entendre le bruit des armes, & les cris des vainqueurs & des vaincus, on diroit que c’est un véritable combat. […] A celui de la Justice on voyoit Themis avec son bandeau, sur des nuages, qui réposoit sur les trois marches de l’amortissement de la voute ; de la main droite elle soutenoit l’écusson de la France, avec une balance, & de la gauche celui de M. le Comte d’Eu, Gouverneur de la Province, avec une épée nue, cet attirail est embarrassant : une main chargée d’un écusson ne peut guere ni manier l’épée, ni suspendre la balance. […] Deux génies sur des nuages soutiennent l’écusson de M. le Chancelier ; il eût été mieux placé à la main de la justice, dont il est le chef. […] Sur la droite de Temple de l’Amour, à la gauche le Temple des Graces : le premier couronné par un groupe représentant Vénus, nonchalament couchée sur des nuages, tenant d’une main un carquois, & de l’autre une fléche dont un petit amour éguisoit la pointe avec le bout du doigt.

86. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE IV. De la Médisance. » pp. 80-99

Le théatre veut si bien qu’on connoisse ses mœurs & sa malignité, qu’il a peint son génie & ses talens sous l’emblême de Satyres avec des pieds de chèvre, des cornes, des oreilles pointues, un masque à la main, un ris caustique, des attitudes indécentes. […] Il est formé de main de maître sur les débris de la charité, dont on lui a fait perdre jusqu’à l’idée à l’école de la plaisanterie. […] Les mains de Midas changeoient tout en or, les mains des François transforment tout en raillerie. […] Tout est pantomime, les yeux, les mains, la tête, la posture, le ton de la voix, le tour de la phrase, le souris, la démarche, tout peint, tout est imité ; maîtres, amis, parens, gens graves, stupides, savans, &c. rien n’épargne, rien n’est épargné.

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