/ 436
286. (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE V. Eloge de Moliere. » pp. 154-202

La postérité saura peut-être la fin du Comédien, (& chef de la Troupe) qui en jouant le rôle du Malade Imaginaire, reçut la derniere atteinte de la maladie, dont il mourut trois heures après, & passa des plaisanteries de la scène, parmi lesquelles il rendoit les derniers soupirs, au Tribunal de celui qui a dit, Malheur à vous qui riez, car vous pleurerez. […] Moliere n’est jamais fin ; cette idée est fausse, Moliere a des traits de plaisanterie remplis de finesse, si on prend finesse pour astuce, adresse à tromper. […] Moliere fut un débauché depuis sa premiere jeunesse, où révolté contre son pere, qui vouloit le corriger, il quitta la maison paternelle, & se donna à une Troupe de Comédiens pour suivre une Actrice, & jusqu’à la fin de ses jours, qu’il termina sans donner aucun signe de religion. […] On ne veut pas même que ses scenes bouffones soient appelées des farces : comme si Porceaugnac, le Medecin malgré lui, les Fourberies de Scapin, &c. méritoient d’autres noms : farces, ou comme dit Boileau : Il fait grimacer les figures, Quitte pour le bouffon l’agréable & le fin, Et sans honte à Terence allie Tabarin.

287. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE V. Suite du Théatre de S. Foix. » pp. 105-139

Deux Comédiennes, Marote Beaupré & Catherine les Ursis, se donnèrent rendez-vous sur le théatre du Marais, pour se battre l’épée à la main, & se battirent en effet à la fin de la piece (c’étoit deux rivales qui se disputoient un amant, comme les Chevaliers se disputoient leurs Dames). […] Il doit y avoir dans ce ricochet quelque chose de fin que tout le monde n’entend pas. […] Il y a pourtant deux choses vraies dans dans cette lettre apologétique, la fin & le commencement.

288. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Sixième Lettre. De madame Des Tianges. » pp. 40-72

(Car ceux dont il sera question à la fin des Notes de cet Ouvrage [R], ne sont que des amusemens passagers, ou des Farces indignes du nom de Spectacle). […] Il y a bien de la différence entre peindre aux yeux, comme on le fait dans nos plus mauvaises Comédies, un jeune fou, qu’une jeune folle aime en dépit d’un père ou d’un tuteur ; entre, les voir tout employer pour parvenir à leurs fins par des tromperies ; & aller soi-même s’occuper à leurrer une fille, fourber d’honnêtes parens, pour les forcer à légitimer par leur consentement une union tout-à-fait opposée à leurs vues.

289. (1694) Lettre d’un Docteur de Sorbonne à une personne de Qualité, sur le sujet de la Comédie « letter » pp. 3-127

Car saint Thomas explique saint Chrysostome, « des personnes qui usent des jeux avec excès, et qui ne se proposent point d’autre fin que le plaisir du jeu » : et lui veut qu’on l’entende de l’excès des jeux mêmes, et de l’horreur qui accompagnait autrefois les Spectacles ; ce qui n’est pas tout à fait la même chose. […] « Si les jeux et les courses du Cirque vous plaisent, dit-il aux Chrétiens, voyez courir les siècles, et comptez les années à mesure qu’elles passent ; et pour but de la course, regardez la fin de toutes choses ; défendez fortement les sociétés de l’Eglise, éveillez-vous au signal du Seigneur, animez-vous au son de la trompette de l’Ange, et mettez votre gloire à remporter la palme du Martyr. […] Mais on lui a fait assez voir la faiblesse de ses preuves ; et on lui soutient encore avec les plus habiles gens et les meilleurs connaisseurs, que dans les Comédies mêmes que l’on joue aujourd’hui, il reste toujours quelque chose de la première corruption des Spectacles ; qu’on y étale encore tout ce que le monde a de plus vain et de plus pompeux, qu’on y fait toute sorte d’efforts pour enchanter les yeux et les oreilles ; et qu’on n’y épargne rien de tout ce qui peut séduire le cœur par le remuement des passions, dont on fait jouer souvent les ressorts les plus fins sous de belles apparences de vertus : en sorte qu’un Comédien croirait avoir perdu son temps s’il n’avait causé quelque émotion et fait quelque brèche au cœur de ses Spectateurs ; et que les Spectateurs de même croiraient avoir perdu leur argent s’ils sortaient de la Comédie aussi froids qu’ils y sont entrés. […] Que notre Docteur apprenne donc mieux son Un seul Dieu, qu’il s’en fasse expliquer le troisième Précepte, qui ordonne la sanctification du Dimanche : mais surtout, qu’il se garde bien de plus s’imaginer qu’en allant à la Comédie le Dimanche, on imite Dieu dans son repos ; c’est une proposition qui n’est point éloignée du blasphème, et qui marque une ignorance très crasse du sens des paroles de la Genèse, qui ne veulent dire autre chose sinon que le septième jour Dieu acheva et mit fin à l’ouvrage de la Création. […] Mais le véritable repos de Dieu consiste dans des actions qui n’ont point de fin, c’est-à-dire, dans la contemplation et dans l’amour éternel de ses perfections infinies : et c’est ce repos que nous devons tâcher d’imiter les Fêtes et les Dimanches, en ne cessant point durant tout le jour de contempler les merveilles de Dieu, de lui donner des marques de notre amour, et de célébrer ses louanges, et non pas en allant à la Comédie.

290. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre prémier. — Chapitre II. Utilité des Spectacles. » pp. 8-21

Il sortit avant la fin de la Piéce, en s’écriant, qu’il serait honteux qu’on le vît répandre des larmes, lui qui se baignait chaque jour dans le sang.

291. (1752) Traité sur la poésie dramatique « Traité sur la poésie dramatique — CHAPITRE III. En quoi consiste le Plaisir de la Tragédie, & de la grande émotion que causoient les Tragédies Grecques. » pp. 49-62

Ces Poëtes Tragiques alloient donc directement à la fin de leur Art, ne songeant qu’à exciter une grande émotion, le véritable plaisir de la Tragédie ; parce que notre Ame, comme je l’ai dit, n’est jamais si contente, que quand elle est dans l’émotion.

/ 436